Pour notre premier voyage à vélo, nous n’avons pas été très doués pour planifier notre itinéraire. Ambitieux, impossible, nous avons vu grand sans nous poser de questions. Mais justement, c’est en faisant des erreurs que l’on apprend, c’est l’avantage ! Nous commençons d’ailleurs à être beaucoup plus efficaces dans cet exercice. 

Nous faisons partie de ces voyageurs au long cours, ceux qui n’ont pas de date retour et qui évoluent selon leurs envies. Enfin, ça, c’est la plupart du temps ! Parfois, il nous arrive de partir pour des voyages bien « quadrillés », avec une heure d’arrivée et un planning précis chaque jour.

Même si nous avons de plus en plus d’informations sur le voyage à vélo, il est difficile de connaître réellement ce qui nous attend sur la route. Tout dépend si vous partez pour un itinéraire célèbre ou non !


Choisir son parcours


Avant de commencer par planifier le parcours, faut-il encore le choisir ! Tout dépend du délai imparti, de son accessibilité et de la distance que vous envisagez de faire. Enfin, bien entendu, des conditions d’entrée dans le pays que vous visez (si vous comptez partir à l’étranger). 

Tout d’abord, il faut savoir que les itinéraires balisés sont ceux qui ont les informations les plus fournies. Et pourtant, à part pour les itinéraires les plus célèbres comme la Vélodyssée, la Véloscénie ou encore l’EuroVelo 6, elles restent souvent assez spartiates. C’est d’ailleurs en fouillant avant notre départ en 2017 que nous avons eu l’envie de créer ce blog, c’est pour dire ! 

Pour faire simple, pour planifier votre parcours, il faudra connaître des informations comme : 

  • Le dénivelé : ça aura forcément une influence sur votre voyage car on évolue moins rapidement dans les zones montagneuses. 
  • La distance à parcourir : attention, elle peut parfois être relative par rapport à la réalité du terrain. 
  • L’état du terrain : si on part sur des pistes cyclables ou si on envisage plutôt un itinéraire gravel, le rythme ne sera pas du tout le même. En Norvège, nous faisions parfois des journées à 35km en ayant l’impression d’en avoir fait plus de 100 !  
  • Le nombre de lieux à visiter : ça dépend des cyclovoyageurs, mais je sais personnellement que j’adore m’imprégner des lieux historiques. Si je vois qu’il y en a beaucoup, je prévois d’être très lente !

Évidemment, si on part au long cours, on le fait un peu au jour le jour. Ça paraît contre-intuitif mais je prépare davantage un voyage à vélo d’une semaine que celui de plusieurs mois. Je ne me prends pas la tête si je sais que je n’ai pas de date de retour définie ! 

Chemin - eurovélo 6 - Hongrie

Connaître son rythme


Plus vous vous connaissez, plus il est simple de planifier ce parcours (et moins cet article vous servira) ! Toutefois, avant de partir, c’est toujours bien de tester ses capacités sur une micro-aventure. Une ou deux journées à vélo à comprendre son rythme. Ainsi, vous saurez probablement déterminer le nombre de kilomètres que vous pourrez faire par jour. 

C’est sûr que si vous êtes un grand sportif, vous tiendrez vite un bon rythme. Nous rencontrons parfois des cyclovoyageurs qui font jusqu’à 160 km par jour ! De notre côté, nous aimons flâner et admirer le paysage. Souvent, nous ressentons même une légère frustration de partir d’un bel endroit. Nous allons donc plutôt au rythme de 70-80km par jour et encore, c’est souvent trop ! Avant cela, nous dépassions rarement la soixantaine de kilomètres. Au tout début, prévoyez donc des petites étapes.
Si vous ne connaissez encore pas votre rythme, n’hésitez pas à consulter notre article à ce sujet : combien de kilomètres par jour en voyage à vélo.


Planifier avec les bons outils


Si nous aurions un conseil à vous donner, c’est de lâcher prise et de ne pas planifier votre itinéraire date par date. Toutefois, nous avons conscience que ce n’est pas toujours faisable. Si vous partez juste en vacances, vous avez sans doute une date de fin précise pour votre périple ! 

Alors, pour arriver en temps et en heure, sans avoir à écourter votre parcours, ou à stresser, je vous conseille d’éviter d’utiliser Google Maps.

Les GPS réfléchissent au plus vite et au plus court. Google Maps en particulier. Parfois, il se fiche un peu que le chemin soit accessible à vélo ou non. Vous vous retrouverez ainsi sur des routes inadaptées et trop fréquentées que vous voudrez fuir. Mon conseil serait donc de bien préparer le parcours que vous avez envie de faire via une application comme Koomot, Bikemap, Strava, Geovelo  (si vous voyagez en France surtout) et éventuellement de compléter avec Maps.me. Pour certains endroits, je n’hésite pas à confronter plusieurs traces !

Au lieu de prévoir votre itinéraire en globalité, prenez le temps de regarder le parcours, les petits chemins et de faire les calculs étape par étape.
Personnellement, j’utilise Koomot qui est ultra performant pour planifier, nous donner un ordre d’idées du terrain et de son accessibilité grâce aux précisions sur le revêtement de l’itinéraire. maps.me nous sert en complément à avoir toujours une carte sous la main (l’app s’utilise hors ligne) et à trouver des hébergements en complément. Souvent on charge les traces GPX dessus car les GPS consomment beaucoup la batterie.


Rester flexible


Si vous partez pour quelques jours seulement, vous aurez peut-être envie de réserver des logements et de partir léger. Mais si vous partez au long cours, mieux vaut éviter de trop planifier votre itinéraire au jour le jour. À vélo, on devient un peu lunatique (même si à la base on ne l’est pas). Un matin, vous vous réveillez, vous faites 90km sans problème. Puis le lendemain, vous peinez à faire vos petits 50km. Le vélo, c’est comme ça, il va falloir s’y habituer pour ne pas se mettre une pression qui ne sert à rien. Parfois, les routes sont absurdes et vous font perdre un temps monstrueux. Certains jours, tout va bien et tout roule. Parfois, les routes sont moins bien entretenues et sont pleines de trous. D’autres fois, on se retrouve avec un dénivelé bien plus conséquent dans la vraie vie que sur le papier. Heureusement, de temps à autre, ça va aussi dans le sens inverse.

Vous l’aurez compris : le voyage à vélo c’est constamment faire face à des surprises. Et elles sont souvent difficiles à anticiper !

En bref, des aléas, vous allez en trouver toujours et tout le temps sur votre parcours. Je vous parlais seulement de la qualité de la route, mais le nombre de kilomètres que vous allez faire dépendra de votre état de fatigue ou non. Mais aussi de votre vélo, car il suffit qu’il y ait un souci pour que vous perdiez votre journée chez le réparateur, etc., etc.

Détendu sur la route, Autriche

Ne pas négliger les jours de repos


Eh oui, en voyage à vélo, le repos devient extrêmement important. Il faut prévoir des jours où vous ne ferez pas grand chose. Et encore, entre la lessive, l’entretien du vélo et autres joyeusetés, c’est possible que la journée soit bien chargée. Parfois, vous aurez aussi besoin de ne rien faire, tout simplement. 

Au départ, nous prévoyions au moins une journée par semaine. Mais au bout de trois mois de voyage, nous avons constaté qu’il nous arrivait d’être fatigués du voyage tout court. Il nous est donc arrivé de ne pas avoir le courage de visiter une ville et de rester dormir… C’est ce qui nous pousse aujourd’hui à prévoir deux voire trois jours de repos par semaine. Ils sont vraiment primordiaux.

Si vous voyagez pour moins de trois semaines, vous aurez moins besoin de repos. En voyageant à vélo, on se sent mieux, en pleine forme. Mais à force, la fatigue nous rattrape. Si vous voyagez quelques jours, cela ne pose aucun souci. Vous n’aurez donc pas besoin de vous reposer autant que nous. Ainsi, vous aurez davantage de temps pour profiter du paysage.

Tout dépend de votre entraînement, votre manière de voyager, vos envies, votre fatigue et des événements inattendus qui auront lieu sur votre parcours.

Parcours itinéraire à vélo

Prévoir une marge d’erreur


Saviez-vous que les distances annoncées sur votre GPS ou sur  le site internet de l’itinéraire correspondent rarement à la réalité qu’affichera votre compteur ? Que bien souvent, il faudra ajouter quelques kilomètres pour aller au supermarché, chez votre hôte warmshowers ou au camping ? Sans compter les visites, les fois où l’on se perd, parfois même sans s’en rendre compte. 

J’aime éviter de stresser, alors quand j’ai besoin de planifier mon itinéraire pour avoir une date retour, j’ajoute généralement 15% de kilomètres en plus à mon itinéraire. Que ce soit pour un petit tracé ou un grand tracé. Jusqu’ici, je les ai toujours faits. 

parcours bikemap

Par exemple, sur le parcours Bikemap ci-dessus, on peut voir que nous en avons pour 3200km. Dans mon calcul, j’ajoute une marge de 15% d’erreur, ce qui donne 3700 km environ (j’arrondis toujours).

Je divise ce total par 60 (60 km par jour, même si en temps normal, on en fait plus). Ça nous donne donc 61 jours de vélo. J’ajoute à cela deux jours de pause par semaine et une semaine de réserve parce que l’on part sur du long cours. Hop, ça fait un total de 84 jours de voyage.


Conclusion


À moins de ne vouloir relever un défi physique, l’avantage de notre manière de planifier notre parcours pour nos voyages à vélo, c’est qu’elle nous laisse peu de place au stress. Si nous avons de la marge, il reste toujours des détours à faire, des opportunités à saisir et des lieux à visiter.

Et si l’ennuie prend place, rien n’empêche de prendre un train, de sauter une étape, d’avancer vers un nouvel itinéraire ou d’effectuer un gros détour. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait lors de notre périple dans les Balkans (pour donner un jour de RDV à mes parents à Venise). Nous avons fait des détours complémentaires et ils ont été riches.

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