Comment calculer le nombre de kilomètres que l’on va parcourir par jour ? C’est une question qui paraît anodine quand on nous la pose, mais qui prend en compte tellement d’aspects qu’une réponse chiffrée ne vous apportera rien. Tout d’abord, parce que si on y répond, on parlera de moyenne. Et la moyenne ne prend pas en compte toutes les variantes, ces jours où l’on a pédalé 30km ou ces jours où notre bicyclette nous a transportés sur une centaine de kilomètres. 

Au-delà de notre corps, c’est le dénivelé, la météo et l’état du terrain sur lequel nous roulons qui vont déterminer le reste. On peut très bien parcourir 120 km sans problème tout comme n’en faire que 40 dans la douleur. C’était le cas en Norvège, dans certaines régions de l’Espagne où le terrain était difficile, et même, sur le Canal du Midi. Et puis, il y a d’autres facteurs qui entrent en compte. Combien de stops comptons-nous faire sur notre trajet ? Y-a-t-il des choses à voir sur la route? Quelles sont les villes ou communes qui méritent le détour ? Est-ce-que l’on n’irait pas visiter cette petite église perchée en haut de la colline là-bas ?

Bosnie à vélo

Combien de km par jour en moyenne pour les cyclovoyageurs ? 

Si vous voulez un chiffre concret, direct et sans chichis, ce serait 60 à 70 km par jour. Si vous prévoyez votre itinéraire à l’avance, c’est globalement ce que font les voyageurs à vélo. En tout cas, c’est ce que nous disaient la plupart d’entre eux au début. Toutefois, ce n’est pas vrai pour tout le monde, évidemment. Le chiffre de 60 à 70 km est un indice qui permet de se situer, mais n’est en rien une vérité, un devoir, une affirmation. 

Tout dépend de vos envies et de ce à quoi vous allez être confrontés : montagnes, pistes, gravel ou pistes cyclables très roulantes. Mais aussi, est-ce-que vous partez en famille, avec des enfants, chargés ! Les facteurs sont tellement différents selon chacun ! L’entraînement jouera aussi. On peut partir en voyage à vélo sans entraînement car le corps est une machine merveilleuse. Toutefois, il faudra s’adapter et partir du principe que vous n’atteindrez pas la moyenne de 60km tout de suite. 

Croatie à vélo - voyage à vélo

Lenteur ou longues distances : des choix variés

Globalement, il y a autant de voyageurs que de manières de voyager. Nous pensons être des voyageurs avec une moyenne “normale” et voilà comment on ressent les choses :

  • En-dessous de 45 km par jour : c’est une toute petite étape pour nous, les étapes du tout début ou presque. C’est souvent parce que l’on a des rendez-vous, beaucoup de choses à voir sur le parcours ou encore un sacré dénivelé face à nous que l’on en fait moins. Quand on passe un vrai bon col, 40 km est plutôt le nombre de kilomètres que nous allons faire. C’est aussi généralement ce que parcourent les familles avec les enfants. 
  • Entre 45 et 80 km par jour : c’est ce que l’on considère comme une journée normale en voyage. Globalement, c’est le rythme que l’on va avoir sur une piste roulante ou sur route avec un dénivelé correct (en dessous de 600m). Avec une certaine flexibilité selon la météo par exemple. 
  • À partir de 80 km : ça commence à être une très bonne journée. C’est ce que l’on faisait quasi quotidiennement à partir de la Roumanie, lors de notre tour d’Europe. Ce sont des moyennes faciles à atteindre si on est légers, moins si on est chargés. En général, nous étions heureux de nous arrêter le soir. Et avec le dénivelé qui est venu s’ajouter à partir de la Macédoine, on dormait très bien la nuit ! 

Note : Notre étape record tourne autour de 120 kilomètres par jour. On fera sans doute mieux un de ces jours, mais on ne cherche pas forcément à le dépasser. D’ailleurs, la dernière fois qu’une telle journée est arrivée, c’était en 2018, sur le canal de Nantes à Brest (donc une étape plutôt plate). À l’inverse, il nous est arrivé à plusieurs reprises de faire des petites journées de 10 – 12 km, souvent juste pour transiter d’un point A à un point B.

Comment déterminer la distance que vous allez parcourir par jour ?

Nous avons déjà donné beaucoup d’indices pour que vous puissiez vous positionner par rapport aux “cyclovoyageurs lambdas”. Toutefois, si vous avez besoin de définir plus précisément vos distances à parcourir (pour prévoir votre itinéraire par exemple), voici quelques conseils, selon notre propre expérience. Tout ça dans le but, nous l’espérons, de vous aiguiller pour votre voyage à vélo.

Gravel Norvège à vélo

1. Son set-up sur le vélo

Quel est le poids que vous avez sur votre vélo ? Est-ce-que vous tirez des enfants derrière-vous ? Est-ce-que vous partez ultra-léger en version bikepacking ? 

Le poids ralentit votre vitesse et le nombre de kilomètres que vous allez parcourir dans votre journée. Les sacoches avant prennent le vent et ralentissent votre vitesse. La remorque vous tire vers l’arrière. 

2. Connaître son parcours et son dénivelé

Lors de votre voyage à vélo, le terrain va beaucoup jouer sur les kilomètres que vous allez parcourir. Vous ne pourrez pas réaliser les mêmes distances si vous suivez la Vélodyssée ou si vous partez pour une traversée des Alpes. Logique me diriez-vous ! Certes !

Mais ce n’est pas le tout. D’autres facteurs sont à prendre en compte comme la qualité des routes, ou encore les petits dénivelés. En effet, il faut se méfier des étapes “montagnes russes”. C’était le cas notamment sur la Vélomaritime où sur le papier, le dénivelé ne semble pas mirobolant, mais où les côtes sont vraiment difficiles et coupent l’élan. 

D’autres aspects viennent s’ajouter comme le terrain (un asphalte roulant permet de parcourir bien plus de distance qu’un chemin en terre) ou encore, la météo. En Norvège, nous étions sur des “gravel road” avec du dénivelé de 800 à 900 m par jour, on faisait 30 km par jour et on était cuits ! 

Si vous avez besoin d’être assez précis parce que vous partez en vacances à vélo avec un jour de départ et un jour d’arrivée, n’hésitez pas à consulter le parcours sur des app’ comme Komoot ou Strava afin de collecter le plus d’informations possibles. 

3. Anticiper le démarrage 

Selon moi, il faut savoir rester flexible et écouter son corps. Ce qui compte, c’est le voyage, pas le but ! Si vous partez pour votre premier voyage à vélo, vos plans vont probablement être un peu difficiles à suivre. À moins que vous soyez très bien entrainé.e.s., on a souvent tendance à être un peu ambitieux car on relativise le poids que l’on a sur notre vélo ! Le meilleur moyen de véritablement bien voyager à vélo, selon moi, c’est de ne pas se mettre une pression inutile. Dans tous les cas, on progresse physiquement au fur et à mesure. Si, au début, les petites côtes semblent longues et insurmontables, elles deviendront de plus en plus faciles.

Au début de votre aventure, fixez-vous quelques étapes tranquilles. Entre 30 et 50 km par exemple, si vous n’êtes pas entraîné. Rien ne sert de courir ! D’autant plus qu’il arrive que des douleurs aux genoux surviennent lorsque l’on n’est pas entraîné.e. Ne vous inquiétez pas, ça passe (même si sur le coup, on a l’impression que l’on va devoir abandonner) ! C’est arrivé à beaucoup de cyclovoyageurs autour de nous, nous y compris. 

L'EuroVelo 3 en Espagne sur le Camino Francés

4. Restez flexibles

Le corps est incroyable. Il a ses hauts et ses bas et vit un peu les choses au jour le jour en fonction de l’humeur, de la forme et des facteurs extérieurs comme les conditions météo ou le terrain. Même en préparant rigoureusement son voyage (ce que nous, nous ne faisons évidemment jamais), les surprises peuvent survenir très vite. 

Pour ça, à force d’apprendre à vous connaître, vous saurez à peu près à vue d’oeil si vous allez atteindre l’objectif ou pas. Mais sincèrement, en voyage à vélo, je trouve qu’il n’y a rien de mieux que de laisser place à la surprise. Combien de kilomètres allons-nous parcourir aujourd’hui ? Eh bien, jusqu’à ce que l’on s’arrête ! 😀 

5. Prévoir moins de kilomètres par jour, en faire plus

Je vous conseille de prévoir des petites journées pour vos débuts. Puis si vous avez l’envie, l’énergie, la pêche, rien n’empêche d’en faire plus (une boucle en plus si vos étapes sont fixées à l’avance) ! Vous pourrez, dans tous les cas, augmenter vos distances au fur et à mesure de votre trajet. Et, selon votre philosophie, vos envies et vos objectifs, vous vous adaptez.

S’il y a une chose que ces 20 000 km nous ont enseigné, c’est que l’on ne sait jamais trop à quoi s’attendre en voyage à vélo. À moins d’avoir extrêmement bien préparé votre voyage (et encore). Nous avions déjà rédigé un article pour vous aider à prévoir votre parcours.On vous dit notamment de prévoir toujours 15 à 20% de kilomètres en plus, surtout si vous partez pour une véloroute. Parfois vous ne les ferez pas, mais ça vous laissera de la marge pour les fois où vous les ferez !Enfin, surtout, profitez ! Oubliez la comparaison avec les autres. Le voyage à vélo est une introspection personnelle. Vous n’avez peut-être pas le même poids sur le vélo, le même équipement ou encore la même dynamique que les autres. Et c’est tant mieux, à chacun son style !

Canal du Midi à vélo


Et notre moyenne de km par jour dans tout ça ?

Notre moyenne intéresse particulièrement les voyageurs à vélo, mais aussi les gens que l’on rencontre, les curieux. Mais pour notre part, nous ne la connaissons jamais vraiment. On se dit régulièrement que l’on devrait prendre le temps de la calculer, puis on oublie. Nous ne sommes pas vraiment à cheval sur les chiffres ! Certain.e.s voyagent avec l’envie de se dépasser constamment, recherchent la performance. Et on suit ça avec grand plaisir de loin sur les réseaux sociaux, on admire les chiffres, mais on s’en fout un peu 😉

Avant le vélo, il y a le voyage. Et nous, c’est ce qui nous importe. Le vélo est utilitaire, il est un moyen de transport agréable pour nous amener à travers les paysages. Nous avons tout le temps de voyager puisque nous ne nous mettons pas de dates limites, elles sont généralement approximatives. Nos seules contraintes sont climatiques et nous trouvons difficile lorsque nous avons un nombre défini de kilomètres à parcourir dans une journée. Nous avons l’envie de ne pas seulement voir, mais aussi de découvrir, de nous perdre, de prendre un café si l’on veut, de rester si l’on tombe sous le charme d’un endroit.

En fait, il y a eu l’avant et l’après tour d’Europe à vélo. À nos débuts, nous nous mettions un peu la pression et ne supportions pas faire moins de 60km par jour. Une obligation que nous ne nous imposons plus. Je me rappelle que l’on a rencontré un couple en Allemagne qui nous expliquait avoir fait un tour d’Europe en trois ans. Ils ne parcouraient pas plus de 30 km par jour pour en profiter. Il existe bel et bien toujours autant de voyageurs à vélo que de manières de voyager 😉 


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