Le 22 avril 2017, nous partions pour notre tour d’Europe à vélo

L’anniversaire de notre nouvelle vie vient de tomber. Le 22 avril 2017, lorsque nous sommes partis, nous n’avions pas idée de ce qui nous attendait. À vrai dire si, nous savions une chose : nous voulions changer de vie, quitter Paris, retrouver l’air frais et faire redescendre la pression d’une vie chargée en compétitions de toutes sortes.

Ça faisait très longtemps que nous n’avons pas fait de bilan sur ce blog. Pourtant ça nous fait plaisir de faire une mise à plat de toutes nos réflexions de temps à autre. Le moment est d’ailleurs opportun pour le faire : pour une fois, nous ne sommes pas sur nos vélos à pédaler, même si ça aurait dû être le cas avec notre projet (désormais officiellement en stand-by) Destination Inconnue.

C’est donc dans un contexte un peu particulier d’un confinement qui dure bien longtemps que vous nous soufflons ces mots. C’est grâce à vous que nous les trouvons d’ailleurs. Vous avez été nombreux à nous poser des questions pour nous aider à rédiger cet article. Merci beaucoup !

3 ans de voyage – 17 000 km parcourus à vélo

3 ans, 3 grands voyages à vélo en Europe, 17 000 km parcourus. C’est fou ce que les chiffres grimpent vite quand on y pense. Mais, en réalité, nous imaginions faire bien davantage de kilomètres ces 3 dernières années. L’idée de base, c’était de réaliser un tour d’Europe à vélo, juste pour se chauffer avant un tour du monde à vélo.

En fin de compte, les choses se sont passées différemment. Mais elles ont été belles. Très belles même ! Et si avec la crise actuelle, nous devons admettre que l’on a parfois quelques doutes (on y reviendra un peu plus tard dans ce bilan 😉 ), ces 3 dernières années ont été magiques.

Clohars-Carnoët - Sud Finistère
Finistère - La Torche

Note : ici, les premières images de notre tour d’Europe en 2017 – Finistère 

Récapitulatif de nos voyages

En 2017, nous partions pour l’aventure à vélo pour la première fois de notre vie. Nous ne connaissions alors rien à notre nouveau mode de transport et à la vie de nomade à dos de bicyclette. Souvent, les gens pensent que nous étions des férus de vélo. Eh non, nous avons opté pour le voyage à vélo pour une raison écologique, mais surtout pour avoir le temps de vivre notre voyage.

Les premières semaines ont été chaotiques. Nous avions l’impression d’être un peu nuls. Les voyageurs que nous rencontrions, nous faisaient peur avec leurs chiffres. Au tout début, nous prenions la fameuse question « combien de kilomètres vous faites par jour ? » comme une claque. Puis, au fil des kilomètres, nous avons appris à relativiser, à ne plus se comparer, à vivre comme on l’entend, à répondre vaguement à cette question. Qu’est-ce-qu’on s’en fout ? C’est la liberté que l’on cherche avant tout.

Enfin, nous avons réalisé notre premier tour d’Europe, de Brest à Vignolo en passant par la Roumanie et en suivant en partie l’EuroVelo 6. En 6 mois et demi, 7 600 km parcourus à la force de nos mollets. Le corps s’est fait, les montagnes ne nous ont plus parues insurmontables.  D’ailleurs, c’est un point que l’on relevait déjà dans notre bilan sur l’Europe à vélo. Petit à petit, nous avons appris à nous connaître. Alors, nous avons continué à explorer la France et l’Europe à vélo. Par ses pistes cyclables ou par ses petites routes. En y prenant toujours du plaisir.

La traversée de la Norvège sur l’EuroVelo 3 en 2019 a un peu changé la donne. Partir seuls, au fin fond des terres a été l’une de nos plus belles expériences de voyage. Désormais, c’est ce que nous rechercherons davantage dans nos aventures cyclistes.

Cartes des voyages depuis 2017

N’hésitez pas à naviguer sur la carte, à cliquer sur les itinéraires. Nous y racontons quelques petites anecdotes. D’ailleurs, peut-être que ce serait top que l’on fasse quelque chose comme ça, de manière plus précise, sur la page d’accueil du blog. Qu’en dites-vous ?

Un duo toujours au top !

Il y a une chose qui est certaine, c’est que nous nous sommes trouvés dans le voyage. C’est d’ailleurs un sujet que j’avais abordé l’année dernière en écrivant une réflexion sur  les changements liés au voyage. Notre duo fonctionne bien, nous nous connaissons désormais parfaitement.

D’ailleurs, le confinement ne fait que confirmer tout ça. Si nous vivons assez mal les restrictions (comme nombre d’entre nous d’ailleurs), nous réalisons quelle chance nous avons de toujours bien nous entendre. Au moins, nous sommes paisibles en attendant d’aller dépenser notre énergie sur nos pédaliers.

L’instant présent

Mila & Denni - Un Monde à Vélo

Cette drôle de période nous fait nous poser quelques questions sur les choix que nous avons fait ces dernières années. La leçon du « vivre l’instant présent » (si on en a les moyens, bien entendu) n’a jamais été plus vraie. Mais à la fois, elle n’a jamais été plus fausse.

Beaucoup d’entre vous nous ont demandé comment nous maintenions le lien avec nos proches ? Eh bien, tout simplement en rentrant régulièrement les voir, même si de mon côté, je les vois beaucoup moins (la Bretagne est déjà plus loin). Nous avons eu la chance de pouvoir rénover une maison en Italie que nous avons passé plus de 5 mois à temps complet à la rendre vivable entre 2018 et 2019. Si nous avons emménagé il y a un an, il nous reste encore beaucoup de travaux à faire. L’idée étant d’ouvrir un mini gîte pour cyclos (on est sur l’EuroVelo 8) et randonneurs (Curnis Auta) dans une partie de la maison.

Nous nous demandons si nous n’avons pas trop organisé nos filets de sécurité, en oubliant de vivre nos voyages sans se soucier du lendemain. Trop liés par nos attaches, trop emprisonnés dans nos craintes de ne pas pouvoir nous retourner. Depuis 3 ans, nous voulons partir à l’autre bout du monde, depuis 3 ans, nous sommes en Europe. Puis, quand nous allions partir… Eh bien, le confinement s’est mis en place.

À la fois, on se raisonne vite lorsque l’on y pense : et si on n’avait pas la maison, nous serions où ? Confinés chez nos parents ? Nous les aimons beaucoup, ils nous aiment beaucoup, mais non. Dans un lieu loué à la va-vite face à l’urgence alors? Oh, finalement, nous sommes bien heureux d’avoir créé ce petit cocon et d’être chez nous en ce moment !

Et financièrement, après 3 ans de voyage ?

Le difficile équilibre de travailler sur la route

C’est une question qui est énormément revenue. Nous y avions déjà en partie répondu dans un article (cf. comment finançons-nous notre vie de cyclo). Nous avons toujours travaillé à distance sur les routes. Il a fallu du temps pour réussir à s’adapter. Au début, les missions n’avaient rien à voir avec ce que l’on faisait au quotidien. C’était un sacré challenge de réussir à réfléchir à des choses qui nous semblaient loin comme le marketing ou des questions juridiques liées aux sociétés.

Alors, nous nous sommes dits que l’idéal serait de tenter de vivre en lien avec notre passion : le voyage à vélo. Nous avions l’envie de pouvoir travailler sur la route pour ainsi s’affranchir d’une date limite pour arrêter tout. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on a travaillé deux fois plus sur le blog ou que l’on a changé de nom (cf. bilan 2018).

Notre mini blog devient un peu plus grand

Notre blog s’en sort plutôt bien, même pendant cette période étrange. Si les chiffres peuvent toujours être interprétés comme on l’entend, nous constatons que nos lectrices et lecteurs sont de plus en plus nombreux et reviennent de plus en plus souvent. Ils restent plus longtemps aussi. En bref, tout est au vert. D’ailleurs, nous sommes fiers de constater que nous avons un lectorat majoritairement féminin ! C’est une petite majorité (52%), mais ça montre une belle évolution pour le cyclotourisme. En tout cas, merci à vous de nous suivre, de réagir, de nous donner l’envie de continuer à partager 🙂

Pour l’anecdote, récemment, ChrissandVoyage classait notre blog parmi les 100 premiers blogs voyage francophones. Vraiment ? Nous qui parlons de destinations peu connues en Europe et à vélo ? Nous avons été très surpris, le coeur gonflé. C’est donc vrai de vrai, le cyclotourisme devient un sujet central ! C’est encourageant pour le tourisme durable.

Une autre chose nous surprend aussi, c’est le développement tranquille de notre chaîne Youtube, notamment depuis notre dernière vidéo sur l’EuroVelo 3. Pour le coup, c’est le bébé de Denni. C’est lui qui réalise les vidéos, les écrit. C’est génial car ça donne vraiment un autre angle de vue sur nos voyages. Eh oui, le blog, il faut l’admettre, c’est plutôt moi qui l’écris, avec mes inspirations.

Enfin, ça fait 3 ans que l’on parle de traduire le blog en italien. Plus on met de temps, moins on aura le courage de le faire. Alors bon, on va peut-être arrêter de vous en parler hein ? C’est déjà tellement de boulot en français que l’on ne voit même pas comment se lancer sur ce projet qui nous paraît pharaonique 😉

Mais alors, blog pro ou non ?

Nos détracteurs seront déçus, mais il faut qu’on le leur dise : non, ce n’est pas « la grosse machine Décathlon qui est derrière nous » qui finance tout ça. Nous sommes juste ambassadeurs des vélos de voyage Riverside et n’avons pas hésité à donner notre avis avec le plus de neutralité possible sur ces derniers. Non, nos articles ne sont pas payés par telle ou telle marque, on travaille vraiment nos écrits.

En réalité, le blog est une vitrine. Nous vendons surtout du contenu images et des reportages écrits. Si ces derniers sont publiés sur notre blog (c’est loin d’être toujours le cas), on le signale. Ça doit concerner 10% de nos articles. Il n’y a pas beaucoup de différences entre ces derniers et les 90% restants. Mis à  part le fait qu’ils sont plus fournis, les partenariats nous permettant de découvrir plus de choses. Nous on trouve ça super utile pour tout le monde.

Le blog quant à lui contient quelques rares liens affiliés qui nous permettent de percevoir une petite commission si vous achetez quelque chose suite à l’une de nos recommandations. Pour le moment, ça nous permet de payer les frais liés au blog.

Alors, oui, on peut considérer que l’on est blogueurs pro. Mais non, on ne vit pas directement de notre blog. Enfin, est-ce utile de préciser que la crise actuelle a déjà et aura des conséquences inattendues sur nos revenus ? Les achats de contenus vont être en stand-by pour un moment. Ainsi va la vie 😉

Quels sont les prochains projets ?

Il faut dire qu’il y a une chose que nous avons appris à faire ces dernières années, c’est à moins planifier. Nous avons suivi nos convictions, les opportunités qui s’offraient à nous et nos envies du moment. À quoi sert donc de se monter la tête en déterminant des dates ? Rien ne nous impose de réaliser tous nos rêves tout de suite. Certes, il y a bien la crainte de l’accident de la vie, d’un retour massif de cette pandémie, d’un effondrement, en clair d’un évènement qui nous empêcherait de les réaliser. Mais quand bien même ça arriverait, on s’adaptera en suivant de nouvelles voies et puis c’est tout. Cette période nous le dit bien d’ailleurs.

Nous faisons partie des voyageurs qui vivent assez bien le retour à la maison. Il n’y a d’ailleurs pas de hasard à ce que l’on ait lancé le projet « Destination Inconnue« . Nous commençons à nous connaître : plusieurs années sur la route, ce n’est pas notre truc. En général, au bout de 4-5 mois de voyage, quelque chose bascule en nous : l’envie de rentrer est là, pressante. Les proches nous manquent, nos racines nous appellent. Nous nous disions que le fait de sortir d’Europe ralentirait l’arrivée de ce moment, mais qu’il reviendrait forcément : au bout de 8 mois ? 1 an ? 1 an et demi ? Qui sait !

Le projet est désormais très incertain. Décaler le projet d’un an et partir en février 2021 ? Quand repartir ? Vers où aller ? Notre logique nous pousse à éviter de faire des plans sur la comète. Comment savoir, dans cette situation au point mort, si nous pourrons partir d’ici 2021 ? Quand bien même les frontières s’ouvriraient, qu’en sera-t-il de notre situation personnelle ? Alors, en attendant, nous partirons, oui. Dès que possible ! Mais proche de chez nous, entre l’Italie et la France, cet été. L’ère de la micro-aventure est née !

En attendant, nous avons profité de ce confinement pour travailler sur deux très gros projets. Nous espérons qu’ils vous plairont car nous y mettons du coeur. Vous devriez avoir des nouvelles d’ici cet été 😉

Et vous, quels sont vos projets ? Racontez-nous !

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