Comment éviter le vol lors d’un voyage à vélo ?

par | Mis à jour le 11/05/2021 | Publié le 21/07/2019 | Préparer son voyage | 6 commentaires

Être victime d’un vol de vélo pendant son voyage à vélo, c’est un véritable coup dur. Il suffit parfois de quelques secondes pour que le vélo disparaisse. Malheureusement, cela fait partie des éventualités, de notre top 10 des inconvénients du voyage à vélo.

D’ailleurs, je ne sais pas si c’est bien que l’on poste cet article car on a un karma un peu nul en ce moment. Il serait du genre à nous faire : « ah vous voulez donner des conseils sur le vol à vos lecteurs ? Ah ben, vous allez voir, demain, plus de vélos ! » C’est donc un grand risque que l’on prend en répondant à cette question qui nous revient régulièrement. Sachez-le 🙂

Votre meilleur ami : votre 6ème sens

Pour éviter le vol, rien de mieux que votre 6ème sens. Lors de votre voyage à vélo, il y a clairement des endroits où cette petite voix en vous se réveillera. Même si rien ne prête à ce que vous ayez une crainte, suivre son instinct est selon moi la meilleure chose à faire. Dans ces cas-là, il suffit juste de continuer à avancer et de trouver un autre endroit où l’on se sent plus à l’aise.

J’ai récemment lu avec attention la très belle réflexion de Clotaire, le Pédalistan (si vous ne connaissez pas, je vous invite à le découvrir par la même occasion 😉 ). Même si j’aimerais avoir son état d’esprit et à me demander si j’ai vraiment besoin de cet antivol, je crois que l’on en est un peu à l’opposé. Je pense aussi que c’est lié à l’endroit où nous sommes. En Europe et surtout en ville, le vol est assez fréquent.

Mais subir le vol de nos vélos reviendrait à casser nos projets. On s’est bien trop saigné pendant nos années à Paris à ne plus sortir, à garder des dizaines de chiens et chats en plus de nos jobs respectifs ou à louer notre appart. Il n’est pas question qu’un vol nous enlève notre rêve.


Choisir un bon antivol


On conseille généralement d’investir au moins 10% du prix de son vélo dans un antivol. Le problème pour nous, c’est le poids de ce dernier. En voyage à vélo, s’alourdir, ce n’est pas le top. D’autant plus que les antivols plus légers, sous forme de câble ou chaîne, sont souvent peu résistants.

J’ai beaucoup réfléchi pour l’achat du nôtre (c’est moi la parano dans le couple, alors c’était ma question). J’ai cherché un peu partout, j’ai énormément hésité. Je pense qu’il m’a fallu deux semaines pour me décider à prendre un antivol pour nos 2 vélos. Mon calcul était simple : 1,4kg, c’est méga lourd. Mais quand on prend en compte que c’est pour les deux vélos, ce n’est que 700g par vélo. Dur de faire mieux. J’ai donc pris l’antivol pliant Abus Bordo Big 6000 chez Cyclable.

Ses points positifs, c’est qu’il peut s’installer facilement sur le vélo et qu’il se replie bien pour le ranger. Il semble super robuste et nécessite déjà du matériel pour l’ouvrir. Il n’est pas fait pour rester la nuit dans une grande ville (en journée, ça devrait aller). Mais de toutes façons, on ne le ferait pas.

Le seul reproche que je pourrais lui faire, c’est qu’en fait, il est vraiment lourd. Il semble même plus lourd que son 1,4kg affiché. Sans doute parce qu’il est tout petit replié et qu’il ne fait pas son poids. Aussi, son système est un peu difficile parfois. Il faut que la tige soit parfaitement alignée avec l’embout. Je ne sais pas trop comment expliquer ça, mais disons qu’il y a un coup à prendre 🙂

éviter le vol
cadenas voyage à vélo

Se protéger du vol selon les situations !


En ville

J’ai peut-être un peu trop regardé les tests sur les antivols. Je vous avoue que ça a été une véritable source de stress pour moi de réaliser que les meilleurs d’entre eux ne tenaient que 2 minutes face au bon équipement. Ma hantise aujourd’hui. Alors, en ville, nous prenons systématiquement un logement où il y a un endroit sécurisé où nous pouvons laisser les vélos. Typiquement, nous contactons des hôtes sur Airbnb et on leur demande s’ils ont un endroit où l’on peut laisser les vélos. S’ils n’en ont pas, on ne réserve pas.

Il peut nous arriver de monter les vélos au 6ème étage, s’il le faut. Tant pis, ça coûtera toujours moins cher que deux nouveaux vélos !

En bivouac

90% du temps, en bivouac, nous sommes absolument loin de tout et ne nous sentons pas du tout le besoin de se protéger. D’ailleurs, en bivouac, ce ne sont pas les vélos qui posent problème, mais plutôt ce qu’il y a dans les sacoches. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle on ne se géo-localise jamais en direct sur Instagram (ceci n’est même pas vrai en réalité).

En réalité, nous prenons tous les objets de valeur avec nous dans la tente. Si le coin est un peu fréquenté, nous mettons aussi notre précieuse bâche sur les vélos. Et bien sûr, l’antivol avec les deux vélos attachés ensemble. Ça peut aussi marcher en solo, en l’attachant à un point fixe. Le bruit que fera la bâche si quelqu’un approche vaut l’alarme que vend certains constructeurs à mon avis, donc ça dissuade déjà bien.

En camping

Je n’aime pas trop aller au camping, à part quand c’est un camping un peu pommé, familial et peu fréquenté. Dans tous les cas, nous y allons seulement tous les 3-4 jours, quand le besoin d’une douche se fait (vraiment beaucoup) sentir !

Le camping est pour moi assez à risque en ce qui concerne notre matériel, surtout s’il y a beaucoup de monde. Ce qui fait que nous y allons seulement lorsque nous avons besoin de dormir et non de visiter. Comme toujours, les objets de valeur sont dans notre tente ou avec nous.

Pendant les courses

Je pense que c’est l’un des moments pénibles lorsque l’on voyage en solo. À deux c’est bien plus simple : l’un de nous reste dehors pendant que l’autre fait les courses. Ça demande juste d’être un peu plus rapide pour ne pas trop se faire attendre 😉 !

Pour le voyageur solo, le mieux est de laisser son vélo visible et bien attaché. Pour les sacoches, j’ai vu des voyageurs les mettre dans un caddie. Sinon, ce que je ferais, c’est de mettre tous les objets les plus précieux dans une sacoche précise que je prendrais pour faire les courses si besoin.

Il y a aussi une possibilité toute bête, mettre un mousqueton entre la sacoche et le porte bagage. Cela permet de l’attacher et d’éviter que la personne parte en courant. Le temps qu’elle comprenne comment dégager la sacoche, on est de retour 😉 Mais généralement, les gens ne touchent pas aux sacoches dans tous les cas.

Pendant la pause café

Pour éviter le vol mais parce que l’on a la flemme de mettre l’antivol dans ces situations, on reste toujours en terrasse ou vraiment à la fenêtre du bistrot. Nos vélos sont bien lourds, difficile donc de partir comme ça. Et comme on est deux, en général on les positionne de manière un peu compliquée, à l’inverse l’un de l’autre. Parfois, on les accroche avec un tendeur aussi. Bref, c’est juste pour éviter que quelqu’un parte en courant.

Pendant une visite

À cause du plan vigipirate, nombreux sont les lieux de visite en France qui refusent de prendre nos affaires. Comment faisons-nous dans ces cas-là ? Eh bien, je vais vous dire, même si c’est parfois une grande frustration pour nous, on ne visite pas. Tout simplement !

Encore une fois, c’est à cause du matériel qu’il y a dans nos sacoches et qui serait difficile à transporter sur notre dos. Je pense que l’on est peu nombreux à se trimballer du matos photos & videos comme nous, donc pas de panique ! On est rarement victime d’un vol de chaussettes sales 🙂

De notre côté cela ne nous ennuie pas tant que ça de faire ainsi, même si on comprendrait que certains d’entre vous ne l’apprécient pas. Dans tous les cas, nous nous arrêtons rarement pour visiter des lieux payants. Ou alors, c’est en ville et en général, si vous avez bien suivi, nos vélos et sacoches sont à l’abri dans un logement. De toutes façons, les prix des visites sont souvent trop élevés pour notre budget serré. Voyager si longtemps en itinérance, ça demande des sacrifices.Note : si vous avez d’autres astuces pour lutter contre le vol à partager, n’hésitez pas à nous en parler 😀

6 Commentaires

  1. Octave Kleynjans

    Face au vol de vélo, Velhome permet aux cyclistes de garer leur vélo en sécurité chez des particuliers. Que ce soit pour du stationnement ponctuel (achats, cyclotourisme, gare…) ou régulier (près de chez soi pour la nuit, vélotaf…), il y a sûrement un hôte Velhome près de chez vous qui est prêt à accueillir votre vélo.
    Pour rejoindre cette communauté d’entraide entre cyclistes, ça se passe sur https://www.velhome.co/

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  2. Romain

    Bonjour,
    Je prépare depuis quelques mois un voyage à vélo (Euro Vélo 3), que j’envisage comme une passerelle entre ma vie d’étudiant et le monde professionnel. C’est donc un projet très important, aussi bien du point de vue symbolique qu’économique : le pouvoir d’achat d’un étudiant étant assez misérable, je devrai, tout cumuler, économiser près d’un an pour m’offrir ce voyage au long cours. Malheureusement, à force de me documenter, de me préparer, je reconnais douter de la viabilité de ce projet. Non pas du fait de la barrière de langue (bien que mon anglais ne soit pas bon), ni des difficultés physiques ou climatiques qui m’attendent, mais bien à cause de cette problématique du vol. Je ne pourrai tolérer de voir ce projet compromis à cause d’une erreur d’inattention (qui ne manquera pas d’arriver sur une telle période de temps), ou bien simplement de m’angoisser au point de ne pas pouvoir fermer l’œil de la nuit parce que le fruit de ma patience et de mon travail est exposé au vol. Je compte voyager seul, et j’avais même imaginé investir dans une tente immense (et encombrante) me permettant d’y rentrer ma monture durant la nuit. Certains trouveraient mon angoisse exagérée, et elle l’est peut être d’ailleurs, mais j’ai toujours eu du mal à entendre les avis un peu trop fleurs bleu de certaines personnes qui soit n’ont aucune attache, soit n’ont jamais été exposés au vol. À un moment donné, je pense qu’on peut considérer que son matériel à une certaine valeur, pas seulement économique d’ailleurs, sans être pour autant un matérialiste primaire. De plus, j’en suis à mon deuxième vélo volé, dont un en moins de 15 min (et pourtant bien attaché), donc oui, je commence à être un peu sur les nerfs. Sans faire trop de pathos, j’ai 26 ans, et je suis assez désespéré de cette situation. En fait, j’ai l’impression que la recrudescence des vols (bien réelle, en tout cas en Île de France) n’est qu’un des symptômes d’une cohésion sociale de plus en plus inexistante. Je pense aussi que c’est un problème « localisé ». Je sais que dans le Pays Basque par exemple, ou d’en d’autres pays d’Europe, les risques sont moindres.
    En tout cas merci pour votre travail qui m’aide beaucoup à me préparer.
    Belle journée,
    Romain

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    • Mila

      Salut Romain,

      Pas étonnant que tu t’inquiètes du sort de ton vélo si tu as subi plusieurs vols. En réalité, dès que l’on quitte les grandes villes, les risques sont moindres voire inexistants. La plupart du temps, nous sommes en pleine cambrousse, loin de tout. Rien que le fait de venir pour voler le vélo posera problème au voleur (donc qu’il arrive avec le matos nécessaire pour couper l’antivol est peu probable). Depuis que l’on voyage, nous n’avons jamais subi de vol et je dois dire qu’en bivouac, nous attachons rarement nos vélos désormais. À vrai dire, avec le recul de cet article, on se demande bien pourquoi on se trimballe un antivol si lourd encore aujourd’hui, alors qu’au final on l’utilise peu.

      Peut-être que c’est ça finalement le voyage à vélo, lâcher prise et accepter. La plupart des gens sont bienveillants. Et si tu restes en ville, prévois-toi un logement. Mets toujours ton casque autour de ta roue si tu t’arrêtes au bar. Ou passe le petit pignon / gros pignon (comme ça, dur de partir facilement). Bref, tant que tu as le vélo sous les yeux (et tu l’as généralement, sauf pour faire les courses), tu n’as pas de risques !

      Bonne route à toi et bon courage pour la préparation,

      Mila

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  3. emmp

    Parmi les astuces qui peuvent décourager une tentative de vol de vélo, voici la mienne : lorsque je laisse le vélo une ou deux minutes devant la boulangerie pour acheter mon quatre heures, je change de braquet : le plus grand pignon et le plus petit plateau. Comme ça, si un petit malin saute dessus et tente de pédaler, il pédale mou, très mou, et, sous l’effet de surprise, ne va pas bien loin. L’expérience a fonctionné une fois, j’ai pu sortir de la boutique et regarder le gars décamper.
    Évidemment, au moment de me remettre à pédaler, le repasse les vitesses, sinon c’est moi qui pédale dans la semoule ! Et cela ne vaut que pour de très courtes périodes, pas une visite de château.

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  4. Dunesme

    Bonjour, votre site permet déjà de voyager même si , avec mon épouse nous ne sommes pas prêts à faire de voyage en vélo.
    Deux questions : lors de nos ballades nous rencontrons de temps en temps des chiens plus ou moins agressifs. Comment faites vous lorsque l’un de ces toutous veut s’en prendre à vos chevilles?
    Et comment se signaler comme étant un lieu possible d’hébergement ou de pose de tente dans le jardin pour des randonneurs de passage en vélo dans notre secteur (j’habite tout prés du canal de Nantes à Brest et de la voie verte, à Rostrenen et nous avons déjà reçu des randonneurs fatigués croisés sur le chemin).
    Merci pour vos conseils.
    Bonne route.
    Jean-Philippe

    Réponse
    • Mila

      Bonjour Jean-Philippe,

      Merci beaucoup pour votre petit message !
      Pour les chiens, nous n’y avons fait face que rarement. Il est conseillé de s’arrêter et d’attendre qu’il se calme. Encore qu’en situation, ça dépend. Avec des bâtons de marche sous le coude, on peut aussi répliquer s’ils s’approchent de trop. Les plus agressifs sont souvent les patous, eux malheureusement vont jusqu’à mordre. Mais à chaque fois, ils ont croqué les sacoches…
      Quant à l’inscription, il existe Welcome to My garden ou Warmshowers pour accueillir des cyclistes ! 😉 Merci à vous de les accueillir, ça fait toujours plaisir !

      Bonne continuation à vous,

      Mila

      Réponse

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