2020, cette année étrange !

Voilà 2 ans que nous n’avions pas fait de bilan annuel. Comme toujours sur ce blog, on garde une part de non-assiduité, de non-régularité que l’on aime bien. Finalement, c’est pour ça que nous avons quitté notre vie à Paris non ? Pour se retrouver un peu, vivre spontanément ou encore lâcher prise. Bref, je me suis dit qu’il était tout même l’heure d’écrire un article plus personnel. Partager un peu avec vous ce que l’on a vécu en cette année quelque peu particulière. 

2020 a été pour nous l’année de remise en question, de suspension et d’un avenir incertain. Mais nous avons la chance de l’avoir très bien vécue. Les années de voyage à vélo à vivre ensemble H24 nous ont aidés. Nous avons bien l’habitude de partager quotidiennement le même espace. Nos projets sont certes tombés un peu à l’eau, mais de nouvelles portes se sont ouvertes ! 

Bilan de notre année 2020 

La préparation du voyage

En janvier et février, on se préparait tout doucement au départ pour notre projet de voyage que l’on avait nommé « Destination Inconnue ». Avant de partir nous en avions peu parlé, faute de temps surtout. L’idée, c’était de vous proposer de voter pour notre itinéraire et de vous laisser nous guider jusqu’en Asie. Une idée assez rigolote pour un projet qui avait la simple ambition d’être un beau voyage. 

Le départ était prévu à la fin mars 2020, nous avons donc passé tout le mois de février à profiter de nos proches et à vivre un peu au jour le jour. Mais une zone d’ombre a fait son apparition. Pressentant le confinement mais pensant encore pouvoir partir, je suis allée chercher mon passeport en catastrophe en France (passeport que j’avais déjà attendu un mois en Bretagne à Noël, sans succès). Quelques jours plus tard, nous étions confinés, sans trop comprendre ce qu’il se passait. 

Vélo à Senlis - Avenue verte Londres Paris
Transmission - vélo Riverside - Décathlon

La décision d’annuler notre beau projet

Au début du confinement, nous n’avons pas très bien compris le temps que cela pouvait durer, ni la gravité de la situation. Il nous a fallu quelques jours pour nous rendre à l’évidence : pour partir à temps, c’était cuit. Mais alors que faire du projet « Destination Inconnue » ? Il y a eu toute une remise en question. Parce que ce projet, c’était le dernier de 3 ans de voyages à vivre chichement. Mais la vie sédentaire coûte plus cher (même confinés) et sans un emploi réellement rémunérateur, c’est tout le projet que l’on commençait à remettre en question. 

De plus, les quelques revenus que l’on percevait via l’affiliation sur le blog sont tombés à l’eau avec le confinement et l’impossibilité de voyager. Il ne restait alors plus rien pour maintenir nos économies. C’est ce qui nous a fait penser que nous ne pourrions plus jamais partir. Les économies restantes étant déjà limitées pour notre voyage. Nous avons donc envisagé de reprendre un emploi, de repartir sur de nouveaux projets, etc. 

Durant cette période de remise en question, nous avons réalisé de gros travaux sur notre blog, de nombreuses interviews super enrichissantes pour étoffer notre rubrique les voyageurs et lancé deux gros projets dont nous espérons pouvoir vous parler bientôt (nous ne sommes pas très rapides pour les mettre en place sur ce coup-là, mais ça viendra).

En mai, la belle surprise – nouveau programme

Après deux mois de questionnements à bosser sur nos projets, de belles surprises sont arrivées. Premièrement, avec la sortie prochaine du confinement, notre blog a commencé à recevoir beaucoup de visites et à battre tous nos records. L’engouement soudain pour le vélo a intéressé de nombreux organismes de tourisme. Depuis plusieurs années, des itinéraires se développent un peu partout, c’était l’occasion rêvée pour faire parler d’eux. C’est ainsi que nous avons commencé à échanger sur de nombreux projets remplissant peu à peu notre planning de l’été. 

Des projets se sont réalisés, d’autres non, mais c’est dans tous les cas, l’étonnement est toujours présent dans nos têtes. Nous avions espéré un jour réussir à travailler tout en voyageant à vélo, ça s’est concrétisé. Nous sommes partis dès que ça a été possible dans un contexte sanitaire assez incertain. D’un projet tombé à l’eau est né de nombreux petits projets tous plus excitants les uns que les autres !

Foret d'halatte - Avenue Verte Londres Paris
La V30 entre Ham et Offoy dans la campagnes
La Toscane du Perche - Véloscénie

Un été très chargé

Nous avons récupéré nos vélos en juin avec joie. Sous-estimant la perte d’entraînement liée au confinement, notre première idée (pas très fine) a été de monter le col de Tende à vélo. 45 km avec 1200m de dénivelé positif. On pensait que ça passerait. C’est passé, mais non sans y avoir laissé des plumes. Nous sommes arrivés tremblants au sommet ! Un nouveau départ dans le voyage à vélo qui nous a tout de suite remis dans le bain avec bonheur. 

Puis les projets se sont enchaînés à une vitesse folle avec beaucoup de travail entre chaque aventure. Du petit séjour au bord du Lac Majeur à la Véloscénie, de la Voie Bleue, à la V30 ou encore à l’Avenue Verte London-Paris, nous sommes rentrés heureux mais comblés de nos projets et découvertes de l’été. Une saison riche, intense et parfois fatiguante (nous vous avons beaucoup parlé de la fatigue physique que nous ressentions parfois avec le voyage à vélo). Nous sommes rentrés vannés, mais avec la tête riche de nouveaux souvenirs fantastiques. 

Le lac d'Orta à vélo
Cergy-Pontoise - Avenue Verte Londres Paris
La Véloscénie - itinéraire cyclable de 450 km de Paris au Mont-Saint-Michel
Voyage à vélo sur la véloroute de la vallée de la Somme

Deux derniers beaux projets avant le confinement

À la fin de l’été, se sont ajoutés à la dernière minute deux beaux projets. Tout d’abord, celui de voyager dans le Mercantour avec Allibert. Un bonheur pour moi de découvrir cette région qui me fait tant rêvée depuis des années. Et enfin, le tout dernier, où je suis partie en solo sur une partie de la Vélodyssée et du Canal des deux mers (pour la première fois de ma vie) pour écrire pour un guide touristique. Je vous en parlerai très prochainement, je peux juste vous dire que je suis très fière d’y avoir participé.

L’expérience, séparée de Denni, m’a permis d’en apprendre davantage sur mes limites car je dois dire que je n’étais pas sereine sur la Vélodyssée. Je pense que l’ombre du nouveau confinement, l’annulation de mon billet retour et le stress n’y étaient pas étrangers. Je ne regrette rien, je repartirai certainement en solo de temps à autre. À l’avenir, Denni a l’envie de diminuer son temps de travail sur le blog pour mener d’autres projets. Alors il me faudra m’adapter, car mes épopées solo seront plus fréquentes 😉

Descente VTT - Mercantour
Itinéraire VTTAE Mercantour

La tempête Alex : 2020 démolit décidément tous nos projets !

Début octobre 2020, nous vivons une journée particulièrement étrange. C’est la première fois de nos vies qu’un orage reste au-dessus de nos têtes pendant près de 15h, avec la pluie torrentielle qui l’accompagne. Cette journée stressante se solde par les dégâts que vous connaissez dans la Vésubie et la Roya, mais aussi par chez nous où des maisons et des routes ont été emportées par les flots. Notre accès à la France et à la route de Nice est coupé et… pour très longtemps !

Ceux qui sont éloignés de ces vallées n’imaginent pas l’ampleur des dégâts. Il n’y a pas de mots pour les qualifier tant cette tempête a été violente et incompréhensible. Pourquoi si haut ? Pourquoi Tende ? Breil-sur-Roya ? Ou Limone de notre côté ? Ça n’a aucun sens. 

En quoi cette tempête affecte notre projet nous diriez-vous ? Eh bien, nous vivons dans une zone qui n’est pas touristique. Nous voulions ouvrir un gîte d’étape pour cyclovoyageurs uniquement parce que l’EuroVelo 8 devait passer non loin de chez nous. Mais ce dernier devait remonter la Vallée Roya. Est-ce qu’il sera détourné ? Est-ce qu’il passera toujours là ? Ces questions nous laissent perplexes d’autant plus que malgré notre présence sur Warmshowers, nous ne recevons que 4-5 demandes par été. Bref… Sans EuroVelo 8, ça n’a pas vraiment d’intérêt.

Second confinement : l’envie d’évasion

Lors du premier confinement, nous nous sommes facilement adaptés. Nous avons pu rebondir et nous nous sommes lancés sur de beaux projets. En bref, nous avons bien avancé. Mais le second confinement a eu un autre effet sur nous (comme sur beaucoup de monde nous l’imaginons). Désormais nous nous sentons dépités, un peu vidés de projets d’avenir. 

Mais nous avons suffisamment bossé en 2020, ce qui nous a permis de retrouver nos économies et de pouvoir envisager le voyage à nouveau. Puis les copains de la Route de la Joie sont arrivés jusqu’à la frontière de l’Iran, il y a peu, nous envoyant du rêve avec leurs photos de Turquie. En les suivant virtuellement, nous avons eu l’envie d’évasion, l’envie de relancer notre grand projet.

Alors, c’est décidé, dès que les frontières s’ouvrent, on y va. On ne va pas tenter de jouer les fous, on ne va pas faire voter notre itinéraire vu le contexte, mais tant pis, on fonce. On ne prévoit rien, mais nos vélos seront prêts à partir entre février et mars. Ainsi, nous irons jusqu’à ce que nous soyons obligés de rentrer. Après tout, c’est ça la vraie définition de l’aventure, non ?

Pont-canal à la sortie d’Épinal
Au fil de l'eau sur la véloroute de la vallée de Somme
Au fil de l’eau sur la véloroute de la vallée de Somme

Une année pas si mauvaise

Finalement, ce n’était pas une année mauvaise pour nous. Au contraire, nous avons beaucoup appris, nous avons pu nous lancer, nous conforter dans certains projets, faire évoluer d’autres projets. Comme chaque année depuis 2017 désormais, nous vivons avec bonheur notre vie au jour le jour. 

Nous avons un peu regretté d’avoir traîné pour prendre la route pour ce long voyage, mais nous avons été comblés d’avoir rénové la maison à la place. Comme si nous avions pressenti que nous devrions un jour nous enfermer là, dans notre cocon, la situation aurait été différente si nous aurions dû rentrer en catastrophe chez nos parents. Nous ne sommes pas à plaindre, l’année était peut-être peu encourageante, mais nous sommes en vie et heureux de l’être et c’est tout ce qui compte. Nous espérons que pour vous aussi, c’est le cas !