Cyclistes, 5 réflexes à avoir face aux attaques de chiens

par | Mis à jour le 15/07/2021 | Publié le 04/07/2021 | Préparer son voyage | 1 commentaire

Les rencontres avec des chiens agressifs sont malheureusement assez fréquentes lorsque l’on voyage à vélo dans certains pays ou dans certaines zones prédéfinies. Et c’est l’un des inconvénients du voyage à vélo finalement. C’est notamment le cas lorsque nous évoluons dans des pays où les chiens de rues sont nombreux. Ou encore lorsque l’on traverse les montagnes et que l’on croise des Patous (les chiens qui protègent les troupeaux contre les attaques de prédateurs), probablement les plus « dangereux » si on n’a pas les bonnes réactions face à eux.

Ce sont ces derniers qui nous ont croqué à deux reprises les sacoches. Par miracle, les mollets n’y sont pas passés et les sacoches sont restés en bon état ! Pour ces deux cas de figure, il faut l’admettre, nous avons fait des erreurs. Eh oui, souvent, les attaques de chiens sont liées à un mauvais comportement face à lui.

Le chien, un animal domestique et protecteur

Commençons par le commencement. On ne sait pas vraiment pourquoi le cycliste déclenche souvent une attaque chez le chien (probablement le mouvement). Ce que l’on sait, en revanche, c’est que le chien protège bien souvent son territoire / son troupeau. Il doit donc simplement comprendre que vous n’êtes pas une menace pour lui ou ses petits protégés. Si vous rencontrez des chiens agressifs à vélo, c’est probablement parce qu’ils se sentent simplement menacés par votre présence. N’y voyez donc rien de personnel !

Le problème, c’est qu’un peu partout sur la toile, il vous est conseillé de crier, de faire barrage avec votre vélo, de jeter des cailloux, de rouler plus vite, de leur coller de la bombe au poivre, de leur filer un coup de bâton, et j’en passe. Honnêtement, ce n’est pas la bonne technique (on trouve). C’est plutôt une réponse assez menaçante justement, qui risque d’énerver encore plus le chien voire d’aggraver la situation ! Sans compter que l’on trouve cruel d’infliger ça aux chiens des rues, souvent déjà bien mal en point.

Les chiens des rues - menace pour le cycliste
Les chiens des rues sont souvent eux-même apeurés.

Évidemment, il y a toujours des cas de figure assez exceptionnels, choquants et incompréhensibles de chiens qui agressent subitement. C’est d’autant plus le cas lorsqu’ils sont mal dressés ou dressés à attaquer. Mais, heureusement, les chiens des rues ou les patous en montagne ne sont, à priori, pas dressés comme ça (voire pas dressés du tout pour les premiers). Nous nous en sortons systématiquement en suivant les recommandations que nous avons donné dans cet article, même s’il a fallu du temps pour que nous adoptions ces bonnes pratiques.

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Que faire en cas d’attaque de chien ? 

  • Ralentir voire s’arrêter et marcher à côté de son vélo
  • Parler au chien calmement
  • Les laisser vous renifler
  • Rester attentif, même si le maître est à côté
  • Faire demi-tour si besoin

1. Ralentir voire s’arrêter et descendre du vélo

Ça peut paraître impressionnant la première fois. Un chien arrive en courant, en montrant ses crocs et en aboyant assez agressivement. Le premier réflexe de voyageur à vélo serait de pédaler plus vite pour se sortir rapidement de cette situation. Ça marche si on est en descente. En montée, ce n’est pas gagné. Il est fort probable que le chien nous rattrape vite.

La meilleure chose à faire, dans ce cas de figure, c’est de ralentir et d’avancer très doucement soit à pied en poussant le vélo, soit en roulant au pas. En réalité, les chiens agressifs sont bien plus souvent bruyants que mordants. Une fois que l’on s’arrête, ils ont tendance à reculer. Alors on avance doucement au fur et à mesure qu’ils s’éloignent. 

Là où il faudra faire attention, c’est au moment où l’on remonte en selle et que les chiens se trouvent derrière nous. Pour cela, continuez à lui parler.

2. Parler calmement au chien

Chien affamé des rues

Parler aux chiens aide à les maintenir à distance. Il ne s’agit pas de leur crier dessus, simplement de leur parler. « Tout doux, allez, tout va bien». Le fait de parler permet aussi de calmer la peur de notre côté et surtout d’éviter de la faire sentir, ce qui pourrait énerver davantage le chien s’il la ressent.

Le chien ne va pas arrêter d’aboyer si on lui parle, mais ça va sans doute l’apaiser, voire le faire reculer. En général, lorsque je suis assez éloignée pour remonter en selle, je pointe du doigt un endroit si je vois qu’ils avancent à nouveau. Je le fais toujours en parlant (pas en criant rappelez-vous) et je leur dis « là-bas, on reste là-bas ». Je ne sais pas si c’est une bonne idée, mais jusqu’ici ça a marché, ça les coupe dans leur élan. Certains conseillent en complément de ne pas regarder le chien dans les yeux car il le prendrait comme un défi.

3. Laisser le chien vous renifler

Ça concerne davantage les chiens domestiques, notamment les chiens de troupeaux. En montagne, si l’on voit que l’on s’approche d’un troupeau, le meilleur à faire est de rester en alerte. Les chiens ne sont généralement pas très loin. Parfois, ils ne nous calculent même pas. D’autres fois, on ne les voit pas du tout arriver et soudain ils sont là, bien énervés.

Dans tous les cas, si vous les rencontrez, descendez du vélo et attendez tout en continuant à leur parler. Ils viendront probablement vous sentir, vérifier qu’il n’y a pas de danger. La fois où un patou a mordu la sacoche de Denni, le chien est arrivé en courant et Denni ne s’est pas arrêté. Une erreur qui aurait pu moins bien finir.

En revanche, lors de mon trip dans le Mercantour, nous avions eu des retours très inquiétants des patous d’une bergère du coin qui étaient hyper agressifs. Nous les avons croisés. Le fait d’avoir eu les bons réflexes et de les avoir laissés nous renifler (même avec la boule au ventre car ce sont de sacrés bêtes), nous n’avons eu aucun problème. Nous avons simplement attendu que le troupeau finisse son transfert.

4.  Rester attentif, même si le maître est à côté

Ça, c’est la fois où c’est moi qui ai eu un coup de dents dans les sacoches (encore une fois, un coup de bol que ça n’en soit resté que là). La scène s’est passée si vite ! Dans les Pyrénées, sur l’EuroVelo 3, en passant devant une ferme, le chien est sorti de chez lui et ne semblait pas agressif outre mesure. Le maître était à côté. Puis d’un coup, il a croché dans ma sacoche.

Encore une fois, c’est un exemple simple. Je n’ai pas ralenti, le chien a croqué ! L’aurait-il fait sinon ? Aucune idée, c’était peut-être un chien mal dressé. Depuis, dès que nous voyons des chiens sans laisse ou des gros chiens incontrôlables (comme ce fut le cas en Bretagne l’année dernière), même si le maître semble confiant, on ralentit. 

Les petits chiens, parfois plus agressifs
Attention, les petits chiens sont parfois les plus agressifs !

5. Faire demi-tour

Si le chien semble vouloir absolument bloquer le passage, ne vous laisse pas passer et continue d’être agressif, peut-être que le mieux ce serait d’essayer de contourner par une autre route et de faire demi-tour tout doucement. Rien ne sert de forcer, un mollet en moins c’est pire que quelques minutes à faire un petit détour. 

Jusqu’à présent, nous n’avons jamais eu à faire demi-tour. Ma seule crainte, c’est le chien qui déboule d’on ne sait où et dont on n’a pas le temps d’anticiper l’arrivée. Ce sont les plus dangereux, mais cela arrive rarement, car les chiens agressifs se font bien entendre avant de mener une attaque !

Autre solution si le chien ne vous laisse pas passer, ayez toujours quelques croquettes dans les sacoches. C’est évidemment une boutade, mais c’est peut-être à tester histoire de faire diversion le temps de passer dans certaines zones du globe réputées infestées de chiens errants 😀

Le risque zéro n’existe évidemment pas, mais on se rend bien compte que la plupart du temps, ça se passe finalement assez bien. Pour autant, nous avons fait face à des bandes de chiens très impressionnants. Ce que l’on ressent, pour les chiens des rues particulièrement, c’est qu’ils ont eux-mêmes des réflexes de peur et tentent surtout de nous impressionner. Je trouve que l’agressivité de ces derniers est proportionnelle à la façon dont ils sont (mal)traités par les locaux.

Petite fille à vélo coursée par un chien
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Si vous vous faites mordre sur la route :

Ne jouez pas avec la chance et foncez au prochain hôpital afin d’être vacciné contre la rage, seul moyen d’éviter cette maladie qui est incurable. Et ce, même si le chien n’avait pas l’air malade ou semblait finalement assez inoffensif. Il faudra consulter absolument, même si vous avez déjà reçu les trois premières doses du vaccin. Se faire vacciner contre la rage ne protège pas totalement. Cela permet de ne recevoir que deux injections au lieu de 5 injections en cas de morsure suspecte. 

 

Alors, arriverez-vous à rester calme lors de votre prochaine rencontre avec un bon gros chien agressif ?

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1 Commentaire

  1. Aurore

    Bonjour,
    Très bon article avec des réponses que je vois rarement surtout sur les réseaux sociaux. Les chiens poursuivent les vélos et essais de mordre les roues, car ils ont un instinct de prédation fort. S’arrêter et « dire bonjour » est un bon réflexe. Une petite astuce mais pas toujours possible dans l’action, donner un truc à grignoter au chien afin qu’il nous associe à un truc de bien et permet de l’éloigner en balançant la friandise (bon il y a le risque qu’il ne vous lâche plus ).

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