L’Amazonie à vélo avec Hey Bro : retour sur une étape forte

par | Mis à jour le 28/05/2021 | Publié le 14/05/2021 | Les voyageurs | 0 commentaires

Nous avions déjà parlé de Hey Bro sur ce blog à plusieurs reprises. Nous vous conseillions de les suivre en 2018 puis en 2020. Aujourd’hui, Kevin de Hey Bro, revient sur son aventure passionnante et nous parle plus particulièrement de sa traversée de l’Amazonie à vélo avec Maïwenn !

Après deux ans de voyage à vélo, ce tour du monde à vélo a été brutalement stoppée (ou tout du moins mise en pause) par la crise sanitaire.

Infos pratiques : les chiffres clefs

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Durée de la traversée : 

2 ans

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Nombre de km parcourus : 

21 000 à vélo

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Nombre de pays traversés: 

10

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Types de routes empruntées : 

Un peu de tout, des pistes aux autouroutes!

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Marques et modèles des vélos utilisés :

Un VSF FAHRRADMANUFAKTUR TX-400 et un vélo réalisé main sur la base d’un cadre SURLY LHT

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Poids transporté sur le vélo :

On estime à 40 kg mais  franchement on n’en sait rien ! C’était lourd. 


L’interview de Kevin, Hey Bro


Salut, Kevin, pourrais-tu te présenter ?

Hey la communauté, je suis donc Kevin, j’ai 30 ans et je viens de la région parisienne. Je ne suis donc pas Breton ahah ! Je dis ça car j’ai eu cette impression que 90% des voyageurs  sont Bretons. Je suis originaire des Yvelines. 

J’utilise le vélo comme moyen de transport depuis de nombreuses années. Quand j’étais  plus petit, je n’avais pas d’autre choix que le vélo pour être indépendant. Une fois le permis  de conduire en poche, j’ai fait quelques trajets. J’ai vite compris que se déplacer en voiture  coûte cher, ça n’est pas forcément utile, mais aussi ça m’empêche de faire du sport. Par la suite, avec mon frère Guillaume, nous avons fait quelques périples à vélo en Europe  et avons pris goût à ces aventures toujours uniques. De fil en aiguille, comme deux bons  frangins qui s’aiment, nous avons construit ce projet : HEY BRO Tour du Monde à vélo, avec pour objectif de partager une aventure à vélo autour du globe.  

Kevin et Guillaume - Hey Bro
© Hey Bro – Kevin et Guillaume, quelques jours avant de partir

Tu es donc parti pour ce tour du monde à vélo en 2018. Quel  a été votre parcours ?

Première partie du tour du monde à vélo : L’Europe

Nous sommes partis pour 3 ans à l’origine, c’est ce qu’il y avait marqué sur le papier en tout  cas. Une fois sur la route, nous étions partis pour 3 ans aussi, puis 4 ans, puis 5 ans… On a  surtout compris qu’il fallait arrêter de prévoir et rouler en profitant des instants magiques,  car c’est magique, ce que le chemin nous réserve.  

Le départ a eu lieu, au pied de “l’ancienne” Cathédrale de Notre Dame de Paris (nous étions  sur la route quand elle a brûlé). Un lieu symbolique pour mon frère et moi, puisque nous  avons commencé le voyage à vélo sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Un  clin d’œil à notre premier voyage à vélo.

Nous sommes ensuite descendus en Espagne en suivant des routes balisées Eurovelo. Nous avons repris les grandes lignes des routes de Saint-Jacques-de-Compostelle en direction du Portugal. Encore quelques kilomètres avant un grand saut dans l’aventure, en arrivant au Maroc.

Seconde partie : L’Afrique

L’une des raisons pour laquelle nous avons préféré aller vers le sud plutôt que l’est de l’Europe, c’est que nous avons voulu aller, le plus rapidement possible, vers la déconnexion culturelle. Après le Maroc, nous avons pris la direction de la Mauritanie, une grande surprise pour nous. La Mauritanie est un peu boudée des références touristiques. Pourtant, ce pays est bien différent de ses voisins. Un vrai décalage culturel avec de magnifiques rencontres.

Puis, nous avons pédalé dans notre dernier pays d’Afrique, le Sénégal, avec un petit regret : celui de ne pas descendre plus au sud, de ce continent extraordinaire. Nous avons préféré privilégier une rencontre forte, avec Guillaume, le capitaine d’un petit voilier qu’il a surnommé : Kaminito. Un signe pour nous. L’aventure a continué avec une traversée en voilier de l’Atlantique jusqu’au Brésil pour une durée de quinze jours. Deux semaines incroyables sur différents aspects, c’était une expérience marquante.

Troisième partie : L’Amérique du Sud

En décembre 2018, Denis, un ami de France, nous a rejoint à Rio de Janeiro, pour pédaler en direction de L’Uruguay, le Chili, l’Argentine où deux autres amies de France nous ont rejoint. La troupe était grande. Maïwenn et Alice, ont pédalé avec nous depuis Salta en juillet 2019 puis au Chili et Bolivie. Denis est rentré en France depuis la Bolivie et nous avons séparé l’équipe en deux pour pédaler jusqu’au Pérou.

Un stop radical suite à la pandémie.

Nous avons préféré rentrer en France après plus d’un mois d’attente à Lima. Le voyage à vélo en a pris  un coup ! Nous nous sommes posés de nombreuses questions sur l’avenir, si nous  décidions de rester au Pérou. Comment aurait été le voyage ensuite ? Les rencontres ? La perception des habitants en voyant des “touristes” comme nous ? Qu’est-ce qu’il se passe si  nous tombons malades du Covid ?… Bref de nombreuses réflexions, qui ont abouti à un  malheureux retour en France.

En 10 heures d’avion nous avons résumé 2 ans d’aventure. Je dis malheureux, mais nous avons quand même pu voyager 2 ans autour du globe et peut être que nous pouvons dire que c’est une chance. Je n’aime pas employer ce mot car  j’estime qu’il n’y a aucune “chance” à prendre la décision de partir. Aujourd’hui, après cette  terrible pandémie, comment sera le voyage à vélo ? Avons-nous eu de la chance de voyager avant cette pandémie ?

Qu’est-ce qui a motivé votre idée de partir dans la direction de l’Amazonie ?

Lorsque nous sommes arrivés en Bolivie nous nous sommes rendus compte de la richesse  incroyable de ce pays. Denis est rentré en France depuis La Paz, en Bolivie. De notre côté nous avons séparé le groupe en deux, Alice et Guillaume d’un côté, en direction du lac Titicaca, Maïwenn et moi en direction de l’Amazonie. Presque sur un coup de tête, en consultant la carte papier que Maïwenn transportait, en traçant au feutre son itinéraire depuis Salta, en  Argentine. 

Nous avons choisi d’aller en Amazonie au moment où nous décidons de quitter Caranavi car nous avons terminé nos interviews avec les agriculteurs de café et bien profité du temps passé avec notre famille d’accueil. L’objectif est de rejoindre le Pérou et c’est en étudiant les routes possibles que l’on entrevoit la possibilité de continuer vers le Nord de la Bolivie, c’est-à-dire vers l’Amazonie.

“Pourquoi n’irait-on pas en Amazonie ?”

Nous avions nos préconçus et nous voulions nous faire notre propre avis sur l’Amazonie, nous voulions la voir de nos yeux. D’ailleurs, juste avant d’arriver, nous avions écrit les idées que nous nous faisions de l’Amazonie, et ce que nous nous attendions à voir et à vivre. Je m’attendais à voir une forêt dense, des animaux (singes), de la terre rouge, des rivières, de la poussière, des routes plates, des plaines. J’avais l’idée que l’Amazonie s’étendait du Nord de la Bolivie jusqu’à la côte atlantique Nord du Brésil. Va savoir pourquoi…

Dans l’imaginaire de Maïwenn, l’Amazonie faisait penser aux tribus indiennes, à de petites huttes, du danger, la déforestation, la forêt tropicale, des serpents, des moustiques, de la pluie, de la terre ocre, des rios, des pirogues, des crocodiles, peu d’habitations, un espace préservé et très grand, un espace qui s’étend du nord de la Bolivie, partie nord-ouest du Brésil, le sud du Vénézuela, nord-est du Pérou, nord-est de l’Equateur.

L’idée était aussi qu’en allant vers le Nord , nous aurions traversé la Bolivie du Nord au Sud. Un intérêt pour une trajectoire peu empruntée et peu connue dans le milieu du vélo français. La seule référence que nous avions, c’était le parcours des Solidream. À la différence que nous avons pris à gauche de Río Beni et eux à droite.

Carte du parcours en Amazonie - Maïwenn
Carte du parcours en Amazonie

En Amazonie, nous sommes  complètement sortis des sentiers “classiques” à vélo

Ça nous a bien motivé et ça valait le coup. Nous sommes  complètement sortis des sentiers “classiques” à vélo et ça, c’est l’éclate, car l’effet de  surprise lors des rencontres est génial. Un peu plus tôt, nous avons déjà vécu ce genre de  périple quand nous avons traversé l’Argentine de Bahia Blanca à la Cordillère des Andes. Ce sont des routes désertes et des rencontres folles. Au  fur et à mesure nous avons ressenti un changement de climat et avons aperçu cette  immense étendue boisée en descendant les dernières montagnes. J’ai eu la même  sensation que lorsque j’ai vu la Cordillère des Andes. Un boum au cœur !  

Notre parcours en Amazonie n’a pas été très long, mais riche en aventures. Officiellement  nous sommes entrés dans la “forêt”, à partir de Rurrenabaque ! Or, nous commençons à  rouler dans la forêt, à partir de Blanca Flor… Pourquoi 500 km plus loin ?  Parce qu’il y a une grande tension politique en Bolivie, à ce moment-là. L’ex-président, Evo Morales, est accusé de manipulation des votes lors de l’élection présidentielle. Nous vivons alors en pleine crise politique et sociale.

Blocage en Amazonie
@ Hey Bro – Blocage d’une route lors d’une manifestation

La route, peu touristique, est peu empruntée et donc potentiellement dangereuse. Il nous faut rejoindre rapidement la  frontière, d’une part parce que notre autorisation de circulation en Bolivie arrive à expiration,  mais aussi pour éviter tout conflit avec les protestataires. En parlant de conflit, avant d’arriver à Rurrenabaque nous avons été pris à partie, dans un barrage de manifestants. Rien de  dramatique, mais nous sentons une certaine tension, peu rassurante. Une manifestante pense même que nous avons des armes et que nous sommes des espions. Un homme, qui  a dû boire plus d’une bière ce matin-là, me résume la situation : “Ici tu es chez nous, si je te  demande de t’agenouiller, tu le fais !” Il faut donc trouver une solution pour qu’on puisse circuler, en toute sécurité.

Le Rio Béni en pirogue

Par chance, à  Rurrenabaque il y a un aérodrome mais surtout une rivière : le Río Béni. Avant de quitter Caranavi, avec Maïwenn, je lui disais « ça serait génial de descendre le Río en pirogue. » Nous devons donc trouver un moyen de flotter sur l’eau pour descendre ce Río. Une belle  aventure, qui commence à “Rurre” comme on dit.

Pour cette traversée je suis allé voir une personne,  puis une autre, puis une autre… Nous avons trouvé un premier monsieur et deux heures avant d’embarquer, on nous informe qu’il n’est pas du tout fiable de partir avec ce navigateur.  Changement de programme, après une grande remise en question, nous trouvons l’homme de la situation : Luís. Je passe les détails mais c’était une belle  mission pour nous. Une personne en qui nous avons une confiance aveugle.

Il va en direction de Blanca Flor, enfin un peu avant, dans une zone de pêche. Nous sautons sur l’occasion ! Il nous annonce sept jours pour rejoindre cette destination. Le jour de l’embarquement arrive et l’aventure humaine commence. Nous avons l’occasion de dormir dans des communautés de l’Amazonie et de découvrir la vie peu banale autour du Río Beni : l’exploitation de bois, le troc, les pêcheurs, la vie “précaire”, la polygamie en Bolivie… C’est extraordinaire de vivre ça, dans ces conditions, en totale immersion avec notre capitaine Luís, qui connait très bien les alentours.

Tout ça grâce à une pirogue, en bois, à quelques  centimètres de l’eau ocre et avec nos destriers à l’avant du « navire ». Génial ! Même si je  ne suis pas rassuré. Dans ma tête j’évalue les solutions pour s’en sortir si la pirogue coule…  Maïwenn est largement plus rassurée que moi. Elle a eu raison de faire confiance à Luís.

Direction le Brésil

Une fois arrivés à Blanca Flor, nous reprenons nos montures pour aller au Brésil. Avant ça,  un chef de la Police veut nous voler de l’argent sous prétexte que nous ne sommes pas en  règle avec nos passeports. Après 45 minutes de discussion nous  récupérons nos papiers sans rien débourser. On sort de la Bolivie avec quelques jours de  retard par rapport à nos passeports. J’essaye de négocier avec la douane mais on ne gagne pas toujours dans la vie. Nous payons une petite amende proportionnelle au nombre de jours supplémentaires non autorisés sur le territoire.

Nous devons passer par le Brésil, durant quelques jours avant d’entrer au Pérou par la petite porte. C’est-à-dire, une zone d’exploitation du bois et de l’or… Nous avons quitté l’Amazonie dès les premiers mètres de dénivelé positif. C’est à ce moment-là que l’on nous apprend que nous avons dormi à quelques kilomètres d’une zone très dangereuse au Pérou, particulièrement dans la région de Madre de Dios, à cause du trafic de drogue et d’enfants mineurs… Triste réalité ! 

Tu sais Mila, c’est pas facile de résumer tout ça. Ahah ! C’est la magie de l’aventure, c’est  indescriptible.

Durant ton parcours en Amazonie, qu’est-ce-qui t’a le plus marqué ?

En Amazonie, ce qui m’a marqué et intéressé c’est que nous sommes au cœur d’une vie  locale, à l’écart des villes touristiques comme Uyuni, où tout tourne autour du tourisme. Là, il  n’est plus question de boutiques de souvenirs ! Le passage sur le Río Beni est incroyable.  Vraiment ! En fait, ce qui me fascine, c’est qu’avec du temps, tout est possible. C’est là la  force du voyage à vélo au long cours. Nos rapports humains sont différents à vélo. Ce passage en  Amazonie en témoigne et globalement notre aventure à vélo le reflète bien.

Comment était le terrain pendant votre aventure en Amazonie?

En ce qui concerne le terrain, on nous a dit que la route était impraticable et cela, des kilomètres avant même d’arriver en Amazonie. Par expérience, nous restons vigilants quant aux conseils de praticabilité à vélo. Sinon, je pense que nous serions rentrés en France  avant la fin.

La partie sable, nous l’avons évité grâce à la pirogue et en effet il paraît que  cette portion de route est particulièrement rude. C’est l’un des inconvénients des routes  moins populaires. Une fois arrivés à Blanca Flor, les routes sont parfois superbes, et à d’autres moments, c’est un enfer pour avancer avec les roues dans une terre molle et ocre. 

J’ai commencé à regretter d’avoir des freins à patins. La terre s’entasse bien plus que sur le  vélo de Maïwenn, avec ses freins à disques pour son destrier. Une fois arrivés au Brésil, puis au Pérou, c’est du VELOURS ! Globalement les routes boliviennes sont peu entretenues ; c’est probablement lié à l’économie du pays. Afin d’acheminer le bois vers Lima, de l’autre côté de la Cordillère, il faut que les camions puissent rouler correctement. Ils n’ont pas prévu ça pour les vélos ! Par contre, gros inconvénient au Pérou c’est l’avertisseur sonore… Nous  sommes en permanence klaxonnés. C’est simplement pour nous informer qu’une voiture arrive, mais entendre ça toute la journée ça devient pénible. On s’adapte….. enfin, on essaye !

As-tu des conseils à donner pour celles et ceux qui voudraient suivre vos traces en Amazonie ?

Le meilleur conseil que je puisse donner c’est de ne pas nous suivre, mais de s’inspirer, de  créer son propre itinéraire en fonction des cyclos voyageurs et des conseils que vous aurez  sur la route. Au fur et à mesure du temps, nous avons délaissé nos itinéraires pour laisser  place à des caps, des objectifs sur plusieurs semaines, comme ce fut le cas pour  l’Amazonie. Chacun voyage comme il le sent, certaines personnes vont préférer tout planifier et c’est très bien ! Le voyage à vélo n’a pas d’idéal.

© Hey Bro – Guillaume qui cherche notre chemin

Est-ce-que tu conseillerais ce trajet ?

Je conseille toutes les routes du Monde ! C’est un sentier difficile mais avec un peu  d’expérience, beaucoup de patience, tout est possible.

@ Hey Bro – Le prestigieux Paso Los Libertadores au Chili

Des difficultés à connaître pour être bien préparé ?

L’Amazonie en Bolivie est “difficile” pour circuler car la route peut être accidentée. Pour les frileux du casque, il faut penser à le mettre pour éviter les chutes de pierres ! La zone est loin d’être désertique comme le Sud-Lipez, et encore. Il est toujours possible de dormir chez quelqu’un ou de trouver un toit. Pour poser la tente il faut être vigilant et veiller à prévenir des personnes autour, afin qu’ils sachent qu’on est présents. Le souci avec la tente c’est la pluie, les chutes de pierres, l’écoulement important d’eaux pluviales… Le mieux reste de loger  chez l’habitant ! 

Je me souviens d’un soir où nous avons dormi dans un poulailler, le lendemain matin, à 200m de notre dortoir, une falaise s’est effondrée sur la route, bloquant les automobilistes pendant quelques heures. Pour en finir avec ce sujet, dès qu’on sort d’Europe, il ne faut plus trop penser aux pistes cyclables avec de l’espace partagé. Il faut s’imposer et éviter les routes à forte affluence, quand c’est possible. D’ailleurs ça me fait penser à un village au  Maroc, avec Guillaume où il y a une piste cyclable de 200m, juste de quoi traverser le village. Ce qui est amusant c’est que la piste cyclable sert surtout de parking pour le marché…

Des équipements que tu recommanderais particulièrement pour cette  aventure ?

Lors des préparations, nous avions une liste immense de matériel. J’ai fait de grosses  recherches, afin de se contenter de l’essentiel durant notre périple. Mais comment optimiser un périple de 3 ans ? Forcément le matériel s’use, se casse, se perd… On achète du  matériel technique et quand on le perd, il devient difficile de le retrouver. Du coup, on s’adapte et c’est tant mieux. Aujourd’hui, j’aurais tendance à dire qu’il faut juste prendre le  nécessaire. On trouve de tout sur place. 

En Amazonie, la veste de Maïwenn avait un défaut d’étanchéité alors, sur place elle a trouvé un poncho à 5 euros. Elle l’a gardé jusqu’à Lima, au Pérou. En fait, on a tendance à  beaucoup trop prévoir et quand l’usure prend le dessus ou quand on perd notre matériel, on se rend compte que sur place, il y a de tout. 

Si ça peut rassurer de partir ultra bien équipé, il faut le faire. Si le projet est sur du court terme, pourquoi pas. Mais sur un voyage au long cours, il faut prendre le nécessaire, ne pas  trop se charger et rouler. Dans ce genre d’aventure il faut partir avec une grande faculté d’adaptation et toujours se dire : il y a forcément une solution, même quand il n’y en a pas ! D’ailleurs, lors de notre premier voyage avec Guillaume nous sommes partis avec deux  caleçons, deux tee shirts, un short, une veste de pluie. Nous n’avions même pas de tente car nous pensions trouver des hébergements. Sauf qu’un soir, nous étions démunis ! C’est dans ces moments là qu’à 22h un homme arrive pour te prêter sa tente… 

Est-ce nécessaire de prévoir au maximum et d’être déstabilisé quand il y a un imprévu ?

@ Hey Bro – Maïwenn au commande du navire avec Luís sur le Río Beni en Bolivie
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Si ça vous tente, nous avons réalisé une liste de matériel pour voyager à vélo, à prendre en ayant conscience des conseils de Kevin : on trouve tout ce qu’il faut sur la route 😉 

Une question de curiosité : tu as quel vélo ? Tu en es content ?

J’ai un Surly LHT et ensuite j’ai choisi chaque pièce du vélo que j’ai monté avec un ami de  Guillaume ! Nous avions fait deux montures similaires, avant que Guillaume ne se fasse  voler son vélo au Portugal. C’est un vélo que j’adore et maintenant il y a l’aspect  sentimental. J’ai dû faire des ajustements sur la route et je pense que le mieux serait de  mettre des freins à disques. Pour le reste, je le trouve top. Franchement je ne pourrai jamais  m’en plaindre.

Pendant le voyage nous en avons croisé des vélos en mode “j’ai pris celui  qu’il restait dans la cave”. Avant de partir je me suis dit “il faut optimiser au maximum mon vélo pour éviter de perdre du temps sur la route avec des problèmes techniques.” Au final, je pense que c’est une mauvaise réflexion car, pour moi, le voyage à vélo ne se résume pas qu’à circuler avec ! C’est ce côté sportif mais aussi rencontres, qui compte. Or, quand tu es  dans la galère, tu fais toujours des rencontres incroyables.

Il faut partir avec la bicyclette  qu’on aime et puis c’est tout. Maïwenn a trouvé une petite  pépite à mon goût. Il s’agit d’un Ridgeback – Expédition, soigneusement préparé par des  passionnés de vélos : Cycles Sports Urbain. Je vous rassure, ils ne sont pas partenaires mais quand les personnes sont qualifiées, il faut partager. Mis à part la selle, qu’elle a dû changer en cours de route, elle était très à l’aise avec.

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Vous cherchez un vélo de voyage ? N’hésitez pas à consulter notre article dédié à ce sujet, pour vous aider dans votre achat : comment choisir son vélo de voyage ?

Pour terminer, as-tu une anecdote à nous partager sur ce voyage ?

Une anecdote que j’ai racontée de nombreuses fois… Je me dis qu’il va vite falloir reprendre  la route pour les renouveler. 

Une rencontre forte : Javier. Nous sommes sur la Ruta 40 en Argentine. Des longues lignes droites, du soleil, de la chaleur, bref des conditions au TOP. Sur la route on voit des panneaux nous informant qu’une éclipse solaire totale va avoir lieu dans quelques jours. Ça  n’a pas trop d’importance pour nous et au mieux nous la découvrirons en cours de route.

On s’arrête et je vois un groupe qui travaille au milieu du désert. On se dirige vers eux, pour les  saluer. Un homme s’approche et nous demande précipitamment si nous voulons de l’eau.  On accepte et il nous apporte, avec un immense sourire, une bouteille d’eau de 5 litres, au  moins. On discute un moment. Il nous parle de l’éclipse totale et nous fait part de  l’importance de rester avec lui. Il a tellement insisté que nous avons attendu le temps  nécessaire, chez lui, avec sa famille, le jour J. Une rencontre puissante, avec un échange humain fort pour observer ensemble ce phénomène assez rare.

Nous sommes juste à l’endroit où l’éclipse dure le plus longtemps… C’est un fait rare à priori. Nous nous sommes  quittés en larmes ! Javier et sa famille ont même décidé de venir pique-niquer avec nous, un  midi en faisant 200 km en voiture… C’est ce genre de rencontre qui vous bouleverse et qui  marque votre vie.

Est-ce-que l’on peut suivre vos aventures quelque part?

Oui, sur le site internet : hey-bro.com, mais aussi sur les réseaux ci-dessous :

Pour plus d’infos sur ce voyage, jetez aussi un coup d’oeil sur le blog de Maïwenn!

Nous remercions Kevin pour avoir partagé des bouts de ses épopées à vélo avec nous !


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