De Coni à Ancône, notre traversée de l’Italie à vélo ne passe pas par les routes les plus rapides mais promet de belles découvertes. Un périple qui est toutefois assez exigeant tant les défis sont nombreux et se cachent parfois là où l’on ne s’y attend pas ! 

Partir de chez nous à vélo nous tenait à cœur. Tout cela malgré le retard cumulé pour entreprendre notre voyage à vélo sur les routes de la Soie (départ en mai 2021 au lieu de mars 2020). Nous savions déjà que l’épreuve serait rude. En fait, nous avions parcouru l’EuroVelo 8 en 2017 en passant par la plaine du Pô. Il s’agit du seul itinéraire facile au départ de chez nous, mais sans grand intérêt à notre goût.

Notre itinéraire vélo en Italie

Nous vivons à côté de Cuneo (Coni), dans les Alpes italiennes. Destination peu connue, il est facile de réaliser un voyage à vélo similaire au nôtre si vous venez de France. Selon vos affinités, en partant de Nice, soit en traversant le col de Tende, soit en continuant le long de la côte. 

De Cuneo, nous avons pris la direction de Gênes. Puis nous avons finalement dévié de la côte après notre arrivée dans cette grande ville. À vrai dire, nous supportons peu le trafic et il était dense le long de la côte par la via Aurélia. Nous avons donc traversé les Apennins puis pris la direction de Parme, Émilie-Romagne, Modène, Bologne. 

Tout comme c’est le cas à Gênes, la circulation de la via Emilia est beaucoup trop dense à notre goût. C’était pourtant la route proposée par trois de nos planificateurs d’itinéraires pour prendre la direction de Rimini. Nous avons décidé de tracer notre propre chemin afin de viser davantage de tranquillité.

Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi télécharger le fichier GPX de notre traversée de notre itinéraire en Italie

Traverser l’Italie à vélo : conseils et recommandations

Comme nous vivons en Italie, nous le savons depuis longtemps : la conduite à l’italienne est véritablement désagréable pour les cyclistes et voyageurs à vélo. Qu’il y ait de la place, un véhicule en face, une route trop petite, les automobilistes n’hésitent pas à nous dépasser de très près, nous faisant courir de vrais dangers. 

Toutes les régions ne sont pas les mêmes. L’Émilie-Romagne est un peu plus « bike-friendly » que les autres régions que nous avons traversées. C’est aussi le cas aux alentours de Venise, même si la belle n’est pas accessible à vélo.

Enfin, nous vous recommandons de ne pas suivre les trajectoires proposées facilement par les GPS. L’Emilia ou l’Aurelia, ces noms de routes qui semblent amicaux, sont bien loin de l’être en réalité. Prévoyez peut-être un peu plus de kilomètres pour plus de sécurité. 

Quel vélo de voyage pour traverser l'Italie ?

Afin d’être libre et parce que les logements sont chers, je vous conseille d’avoir l’essentiel pour faire du bivouac en Italie. D’autant plus que les campings se font rares et qu’ils restent plutôt chers. Néanmoins, le long des rivières, il est assez aisé de trouver un endroit où poser la tente. Faites simplement attention à ce qu’il n’y ait pas d’indications avertissant de la présence d’un barrage. 

 

Par ailleurs, si vous montez en altitude au printemps, prévoyez des vêtements assez chauds et une tenue de pluie. 

 

-> notre liste de matériel

-> nos vêtements pour voyager à vélo

Quel équipement pour l'Italie à vélo ?

Si vous souhaitez suivre nos traces, nous vous recommandons un bon vélo de voyage avec une bonne transmission car nous avons fait face à pas mal de dénivelé lors de notre traversée de l’Italie. 

Nous y étions avec nos Riverside Touring 520 et 900, comme c’est le cas depuis 2019. Avec un changement majeur toutefois, les pneus. Nous sommes passés au Marathon Mondial Double Defense au niveau des pneus. Ça m’a été utile (Mila) pour passer certaines montées avec beaucoup de graviers et ne pas glisser comme c’était le cas avant. 

Le camping en Italie

Les campings que où nous avons dormi (2 au total, mais il y en a peu) étaient chers et franchement pas dingues. Douches et WC sales. Nous avons trouvé les prix exorbitants : nous sommes allés dans ces deux campings car les prix étaient corrects par rapport aux autres. 15€ pour l’un (au milieu de nulle part) et 25€ pour l’autre… avec peu de services. 

À Pesario, au camping Norina, l’accueil chaleureux n’a rien changé au fait que l’on n’a pas fermé l’œil de la nuit. Entre les voitures qui allaient et venaient sur le parking positionné au bout de notre emplacement (avec les phares dans la tente), les voies de chemin de fer qui se trouvaient à 50m, (les trains de marchandises ont passé toute la nuit), ça a été compliqué. Pour couronner le tout,  notre emplacement comprenait un mixte de cailloux et de plantes piquantes risquant de trouer la tente… Je ne vous le recommande pas, mais il a l’avantage d’être sur la plage.

Quels itinéraires EuroVelo existent ?

Aucun ! En tous cas, pas en entier. Certaines parties des EuroVelo 5, 7 ou 8 (les trois véloroutes qui sont prévues en Italie) ont été réalisées. C’est le cas entre Venise et Turin pour l’EV8 ou dans le nord de l’Italie pour l’EV7. Mais la plupart des itinéraires sont encore en cours de création. 

Toutefois, les lignes de ces futurs itinéraires longue distance sont déjà trouvables (sur Komoot ou sur d’autres app’ par exemple) et il est ainsi possible de les suivre assez aisément. 

L’Italie à vélo avec des enfants ?

Vous connaissez vos enfants mieux que nous pour savoir s’ils sont capables de faire face au dénivelé ou non. C’est la barrière principale à l’Italie à vélo avec des enfants, si l’on arrive à tracer un parcours assez loin des grands axes. Le second frein serait évidemment la conduite qui ne s’améliore pas en allant vers le sud…

L’EuroVelo 8 est l’itinéraire le plus abordable et le plus sécurisé à présent pour parcourir l’Italie à vélo.


Carnet de voyage de notre traversée de l’Italie à vélo


Notre itinéraire vélo en Italie n’a pas vraiment de sens et s’est fait assez spontanément, selon l’humeur. Au départ de notre vallée à Cuneo, nous avions pour premier objectif d’aller à Florence et pour second objectif de ne pas nous rendre à nouveau sur l’EuroVelo 8, déjà parcouru en 2017 (nous n’avions pas écrit d’article à ce sujet à l’époque, peut-être que ça viendra).

Aussi, nous avions prévu dans un premier temps de traverser toute l’Italie et d’aller jusqu’à Rimini pour prendre le bateau vers l’Albanie. Nous n’avions pas parcouru le sud de ce pays que nous avions visité en 2017 et aurions aimé le découvrir davantage. La covid faisant, nous avons coupé à Ancône pour prendre directement le bateau pour la Grèce. Nous avons prévu de faire le tour d’Italie un jour ou l’autre dans tous les cas !

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Partie 1 : l’Italie à vélo de Cuneo à Gênes


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Distance :

159 km

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+ 1 670 m

– 2 250 m

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2 à 3 jours

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Itinéraire difficile – entraînement recommandé

Étape 1 : de Cuneo à Ceva – 56 km

Cette première étape de notre voyage nous amène dans les Alpes, mais à un niveau acceptable puisque l’on reste tout de même non loin de la plaine. Sur la route, nous tombons sur la jolie ville de Mondovi. Il faut avoir le courage d’aller la visiter à vélo, avec ses rues pentues et pavées. Comme elle se trouve à 30km de chez nous, nous ne nous y attardons pas.

Puis c’est le sanctuaire de Vicoforte qui apparaît, en contrebas des massifs encore enneigés. On sent la présence des Langhe non loin. Nous posons la tente entre les montées et les descentes à côté de Ceva. L’endroit, à proximité de la rivière mais en bord de route, n’est pas idéal. À défaut d’avoir trouvé autre chose, on s’en accommode pour cette première nuit. 

Étape 2 : de Ceva à Saliceto – 33 km

Ceva est une petite ville pittoresque, pleine de vie, avec les montagnes en arrière-plan. La route, à l’extérieur de la ville, nous emmène sur de sacrées belles montées avec un petit col à 700 m d’altitude. Au sommet, nous profitons de l’occasion pour dire au revoir à nos montagnes. C’est étrange comme l’on se réjouit de partir et comme c’est difficile de quitter son chez-soi.

La descente est heureusement exceptionnelle. On sent que l’on s’approche de la Ligurie car la végétation évolue, elle est dense. C’est même impressionnant tellement c’est verdoyant ! À notre arrivée à Saliceto, nous rencontrons l’adjoint du maire. Malgré le peu de kilomètres parcourus, le dénivelé se fait déjà bien ressentir (nous ne sommes partis que la veille) et nous lui demandons si l’on peut poser la tente quelque part. Nous voici donc devant le château de la commune pour une nuit 🙂 

Étape 3 : de Saliceto à Savona – 48km

Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi avoir pris ce parcours ? Les questions fusent mais la beauté des paysages nous rassurent régulièrement : le choix est le bon, c’est simplement la préparation physique qui manque (d’ailleurs, nous avons écrit un article sur l’entraînement avant un voyage à vélo si ça vous intéresse, on aurait dû faire quelques sorties de plus pour le coup).

Mais aujourd’hui, heureusement, la perspective de descendre tout ce que l’on a monté depuis deux jours nous réjouit et nous rebooste. La route promet un magnifique point de vue sur Savona et la Méditerranée. Manque de chance pour cette fois, nous manquons l’intersection et nous nous retrouvons en pleine périphérie de Savona, le point de vue en moins, les kilomètres en ville en plus. 

Quelques kilomètres après Savona, nous nous arrêtons à l’hôtel pour nous reposer une bonne nuit. 

Étape 4 : de Savona à Gênes – 45 km

Nous voici sur l’Aurélia, la seule et unique route envisageable le long de la côte. Il peut arriver que l’on retrouve quelques pistes cyclables parallèle de temps à autre, mais, la plupart du temps, nous sommes mêlés au trafic. Plus nous approchons de Gênes, plus il est dense. Trop dense. Nous n’apprécions pas. Heureusement, une piste cyclable nous sauve la mise pour l’entrée dans la ville. 

L’étape est volontairement courte. Nos demandes d’hébergement sur Warmshowers n’ayant pas abouti, nous prenons une chambre d’hôtel en centre-ville de Gênes. L’accueil est un poil surprenant (on se fait hurler dessus par le gardien de l’immeuble à cause des vélos) mais, heureusement, l’hébergement est très cool. Juste pas « bikefriendly ». 

Nous en profitons pour nous balader à Gênes et découvrir ce joyau. Ses petites ruelles, ses bars, son port, c’est agréable d’y flâner. Comme ce n’est qu’à 2h de chez nous, nous savons déjà que nous aurons l’occasion d’y revenir pour nous y attarder.


Partie 2 : de Gênes à Parme – la traversée des Apennins à vélo


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Distance :

175 km

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+ 2 580 m

– 2 470 m

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3 jours

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Itinéraire difficile – entraînement recommandé

Étape 1 : de Gênes à Carasco – 45 km

L’expérience sur l’Aurélia nous a donné l’envie de quitter la côte de la Ligurie au plus vite. Nous rêvions des 5 terres, de Portofino, de Lucques à nouveau, de Florence, mais à vélo ce n’est pas l’idéal pour cette fois. Le dénivelé sera trop important jusqu’à Ancône pour un début de voyage et la circulation nous effraie.

Nous partons donc pour les terres et des montées bien comme il faut, les dernières heureusement. L’étape est extrêmement difficile et pénible. Les routes sont très pentues, les côtes nous semblent parfois longues. Dans un sens, ça nous rassure d’y arriver encore malgré la difficulté de l’exercice. Nous n’avons pas encore perdu la totalité de notre entraînement (même si on n’est pas au top, on l’admet, ça fait quelques mois…) ! 

Étape 2 : de Carasco à Compiano par le Passo del Bocco – 61 km

Cette fois, il est temps de passer les Apennins une bonne fois pour toutes pour nous diriger vers Parme. C’est le Passo del Bocco, à 957m d’altitude, qui nous fait front pour parvenir de l’autre côté de la montagne. Mais la route est magnifique, la pente est douce, nous l’abordons avec sérénité.

Nous le disons parfois : passer un bon col peut être moins difficile que de passer quelques jours dans des collines infernales. Cette étape nous le prouve à nouveau. Cela se passe si bien que nous continuons la descente jusqu’au village d’Albareto (juste à côté de la jolie petite cité médiévale de Compiano) où nous trouvons un B&B pour passer 2 nuits bien confortables. Cela fait 6 jours maintenant que nous sommes sur les routes, il était temps de faire une pause. 

Étape 3 : de Compiano à Parme – 69 km

La descente du Passo del Bocco continue et nous y prenons beaucoup de plaisir. Les routes cyclables s’enchaînent sur le côté de la rivière et nous laissent la liberté de pouvoir échanger, prendre notre temps et profiter du paysage. Mais ce n’est pas parce que nous descendons que nous ne faisons pas face à quelques montées. Heureusement, les jambes sont bien reposées et nous sommes désormais capables de les affronter à nouveau. 

Quelques kilomètres avant Parme, nous trouvons un endroit parfait pour poser la tente. 2 autres cyclos allemands ont pensé la même chose et nous passons la soirée à discuter de toutes nos aventures cyclistes entre voyageurs. 

Où dormir sur cette étape ?

À l’hotel Santoli, à Porretta Terme : un peu excentré du parcours, l’hôtel dispose d’un local vélo sécurisé et offre un petit déjeuner conséquent pour les cyclistes.


Partie 3 : de Parme à Rimini – parcours aux milles saveurs


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Distance :

305 km

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+ 2 030 m

– 2 120 m

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4 à 5 jours

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Itinéraire assez difficile

Étape 1 : de Parme à Modène – 65 km

Nous quittons le bivouac assez tard car nous prenons le petit déjeuner avec nos amis rencontrés le soir précédent. Cela ne nous empêche pas de prendre le temps à Parme, de profiter pour visiter la ville. 

Jusqu’à Rimini, Komoot nous conseille de suivre l’Emilia, une nouvelle route au nom charmant mais au trafic dense, du genre qui ne s’arrête pas une seconde. Heureusement, pour ce premier jour, il y a tout de même pas mal de pistes cyclables pour rester en sécurité, même si elles sont bien démolies (mieux vaut ça que cette route de malheur).

Nous nous arrêtons à Reggio-Emilia le temps de jeter un coup d’œil sur cette ville qui a l’air tout aussi sympa que Parme avec ses couleurs pastel. Puis nous nous rendons dans un camping à quelques kilomètres de Modène.

Où dormir avec un vélo sur cette étape ?

À l’hôtel Best Western de Reggio Emilia ou de Parme qui proposent tous deux un local vélo.  

Étape 2 : de Modène à Bologne – 66 km

Après des kilomètres trop proches de cette route infernale qu’est l’Emilia, nous partons pour une seconde journée un peu plus cool, le long de la ciclovia del sole – l’EuroVelo 7 (en partie balisée ici). C’est chouette car ces petites routes parallèles nous permettent de nous éloigner de la grande route, même si ce n’est pas parfait. La création de ces véloroutes nous donnent l’espoir de pouvoir traverser l’Italie à vélo à l’avenir.

Cette fois, c’est la chaleur qui nous accable dans ce parcours où nos regards ne se portent sur rien, tant la zone est déserte de centres d’intérêts. Nous arrivons heureusement assez tôt à Bologne pour pouvoir profiter d’un peu de repos, mais surtout de cette ville magnifique dans laquelle nous restons deux jours. 

Bologne est une des cités médiévales les mieux préservées d’Europe. Avec ses ruelles et ses vieilles bâtisses, les lieux à visiter sont nombreux. Par ailleurs, la cité est plutôt bikefriendly et riche en gastronomie. Chaque coin de rue est un délice !

Que voir à Bologne en une journée ?
  • Les deux tours : monuments centraux du centre-ville, elles penchent plutôt pas mal !
  • La basilica San Petronio :  cette vieille église est impressionnante par son architecture et ses intérieurs
  • La basilica di Santo Stefano : une vieille abbaye qui se visite gratuitement. On y trouve plusieurs cloîtres et églises.
  • La finestrella : une petite fenêtre qui donne sur un petit coin de paradis. Auparavant, Bologne avait de nombreux canaux comme Venise. Aujourd’hui sous terre, cette fenêtre est le témoignage de l’ancien Bologne.
  • La cathédrale de Bologne avec son bel intérieur.

Où dormir à Bologne ?

À We_Bologna : une auberge de jeunesse abordable et confortable. L’auberge dispose d’un local vélo sécurisé et fermé à clef pour ceux qui, comme nous, arrivent avec leur monture. Il y a pas mal de chambres doubles même si les lits sont séparés. L’accueil y est vraiment chouette donc ça vaut le coup.

On espère simplement que vous aurez des voisins sympas et un peu moins fêtards que les nôtres.

Où manger à Bologne ?
  • À l’Osteria del Podestà : les meilleures Pasta al ragù qu’on ait mangé !
  • À l’Osteria del Sole : lieu très réputé à Bologne.

Qu’il s’agisse de l’une ou l’autre, mieux vaut réserver avant ou arriver tôt pour dîner.

Étape 3 : de Bologne à Imola – 59 km

Pour cette étape, nous décidons de nous éloigner de l’Emilia car la route est beaucoup trop fréquentée et que l’on ne peut plus compter sur les pistes cyclables. Nous prenons donc la direction des premières montagnes des Apennins. Toutefois les pentes sont raides. Difficiles ! Infernales ! Elles ne font que 2 à 3 km mais tournent probablement autour du 15%, voire davantage. Certaines portions nous font même peur car ce qui se dresse devant nous ressemble davantage à un mur qu’à une route.

On s’interroge : mais est-ce-que les voitures y arrivent ? Pourtant, on arrive à bout. Non sans mal, mes genoux sont désormais très douloureux face à cet effort colossal. Impossible de continuer, il faut redescendre jusqu’à l’Emilia. Nous arrivons toutefois à la suivre avec de loin.

Le soir venu, nous installons le bivouac dans un petit parc à la sortie d’Imola. Le lieu est paisible mais nous rappelle divinement à quel point l’Homme est bruyant. Trains, travaux, autoroute nous offrent un concert toute la nuit durant.

Étape 4 : d’Imola à Castrocaro Terme – 49 km

On avait repéré un château abandonné sur notre carte, ça nous a donné l’envie d’aller voir s’il était possible d’y mettre notre campement. Cela nous permet qui plus est, de tester mes genoux. Il faut bien voir comment ils réagissent à la douleur ce matin !

Finalement, la tendinite est toujours présente mais bien plus légère que la veille. Nous restons donc sobres sur le dénivelé et sommes heureux d’arriver très vite à bout de la petite colline surplombée du fameux château dont nous ne verrons rien. Caméra de surveillance à l’entrée et clôtures nous barrent le chemin. Tant pis, les points de vue sur les terres ondulées et façonnées de cultures variées nous ravissent. 

Nous continuons à chercher un lieu où poser la tente sans grand succès. Castrocaro Terme est une jolie ville ceci dit, avec châteaux bien préservés et parc fluvial. Mais il n’y a pas de campings aux alentours et les hébergements sont chers. Nous finissons au bord de la rivière dans un endroit absolument charmant, le long de la promenade des pèlerins. 

Étape 5 : de Castrocaro Terme à Rimini (ou presque) – 68 km

En essayant à nouveau de se tenir éloignés de l’Emilia, nous nous retrouvons perdus dans les champs, sur des pistes. Nous passons même dans une carrière où camions et tractopelles se donnent à coeur joie pour écorcher la Terre. Les montées, soudaines, sont difficiles. L’itinéraire que nous avons tracé sur Komoot est énergivore. Mais, après s’être approchés à nouveau de l’Emilia, nous ne regrettons pas de nous en être éloignés, malgré l’effort. Le trafic est hallucinant, le bruit ne cesse pas.

La journée n’est pas des meilleures. Ça arrive parfois ! Heureusement, j’avais repéré un lieu un peu étrange sur Komoot pour finir la journée : Mutonia. À mi-chemin entre une décharge publique et une galerie d’art, des œuvres étranges surgissent sans être rassurantes. Ce lieu nous permet surtout de rallier une piste cyclable le long de la rivière, afin de nous amener à Rimini.

Non loin de l’endroit, une petite entrée sur le lit de la rivière asséché à cette période nous mène droit à une cabane. Le lieu, à 10km de Rimini, est parfait pour passer la nuit. 


Partie 4 : De Rimini à Ancône, le long de la côte à vélo


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Distance :

130 km

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+ 640 m

– 650 m

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2 jours

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Itinéraire intermédiaire

Étape 1 : de Rimini à Pescario – 66 km

Nous rejoignons Rimini en longeant la rivière sur une piste cyclable roulante mais extrêmement poussiéreuse. Nos marques de bronzage de cyclistes ont disparu d’un trait. Nous voici avec les jambes et les bras gris. Rimini est le genre d’endroit que l’on fuit. Durant 15km, nous avons longé hôtels et plages privées où parasols, bars et transats bourdonnent. Le paradis du tourisme de masse dont on souhaite secrètement la fin. Heureusement, la piste cyclable le long de la côte sauve la mise. Enfin une zone vraiment bike friendly dans cette traversée de l’Italie à vélo !

Nous approchons rapidement du parc national del Monte Bartolo et de ses 600 m de dénivelé en cumulé. Il nous inquiète au premier abord, mais ses pentes douces et ses points de vue nous soulagent vite : ça valait bien le coup de passer par là et de retrouver le calme ! Le retour à la réalité est brutal, nous passons un autre centre touristique : Pesario, la ville du vélo. Effectivement, nous en avons rarement vu autant ! Nous nous arrêtons au camping pour la nuit. Ce dernier est délimité par la plage et la voie de chemin de fer. On n’y passera pas la meilleure nuit… 

Où dormir entre Rimini et Pesario avec un vélo (et sans le bruit du train) ?
  • L’hôtel Azzura propose un hébergement avec un local vélo sécurisé. 
  • Camping Panorama : si nous vous proposons ce camping, c’est que c’est l’un des rares, sur la côte, à ne pas être proche de la ligne de chemin de fer. Il est situé au coeur du parc national del Monte Bartolo, en haut d’une belle montée ! Entre Pesario et Ancône, les campings sont plus chers, moins bien équipés, tassés. Surtout, ils sont au bord de la route et de la voie de chemin de fer. Le train circule toute la nuit.

Étape 2 : De Pescario à Ancône – 64 km

La matinée s’annonce bien avec toutes ces pistes cyclables qui longent le littoral. On se dit que l’on arrivera en sécurité à Ancona. Au programme de la journée, la même ambiance qu’à Rimini : plages privées, hôtels, restaurants, transats et parasols. Avec une différence tout de même, il y a davantage de plages publiques. Nous profitons du bord de mer pour faire un petit bain à l’heure de midi. De quoi nous remettre d’aplomb pour au moins 2h, avant le contre-coup. Pas étonnant que les gens fassent la sieste entre 12h et 16h par ici ! Avec la chaleur et le soleil, ça tape bien par ici !

L’entrée dans Ancône ne sera plus aussi bikefriendly que le reste de la côte. Nous voici désormais sur une sorte de périphérique à quatre voies pour une dizaine de kilomètres. Il n’y a pas d’alternatives. Nous n’avons pas le choix : on fonce pour que ça passe plus vite. 

Ancone a quelques beaux endroits à visiter mais son atmosphère ne nous touche pas particulièrement au premier abord. Nous prenons le temps d’explorer le centre-ville ainsi que la magnifique cathédrale Saint-Cyriaque d’Ancône. Il paraît que le plus beau à faire, c’est d’aller dans le parc naturel du Mont Conero avec ses magnifiques plages et falaises. Ce sera pour notre prochaine traversée de l’Italie à vélo peut-être ?

Où dormir à Ancône avec un vélo ?
  • La casa del Darda 3 : – On a dormi là pour deux nuits. C’était vraiment un lieu super et tout en plain-pied ce qui nous a permis d’y entrer les vélos directement. L’appartement est propre, bien tenu, avec un lit ultra confortable pour un prix abordable. Seul hic : il est bien excentré et la pente pour le rejoindre est difficile !
  • Hôtel *** Sirena, à quelques kilomètres d’Ancône, avec un endroit pour poser le vélo.
  • Locanda del Picchio, à Loreto. Dispose d’un local pour mettre le vélo à l’abri. 

Bilan de notre traversée de l’Italie à vélo


L’Italie a beaucoup de progrès à faire vis-à-vis du cyclotourisme, nous le savions. Mais elle recèle de tellement de trésors culinaires, architecturaux, naturels que le jeu en vaut la chandelle. Et si nous avons parfois l’impression de faire face à deux peuples complètement différents entre la sympathie des italiens dans le quotidien et leur agressivité au volant, nous avons espoir que les choses bougeront dans les années à venir. 

Nous rêvons déjà du jour où nous nous lancerons dans le « Giro d’Italia », un long tour d’Italie à vélo. Car oui, c’est certain, ce projet verra le jour un de ces 4. Visiter les Cinque Terre, Florence, les Pouilles, la Sardaigne ou encore les Dolomites, tant de choses nous font rêver. Cet épisode n’est donc pas terminé !

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