De la France à l’Italie, le récit de voyage d’Antoine et Giada

par | Mis à jour le 12/09/2021 | Publié le 12/09/2021 | Les voyageurs | 0 commentaires

De la France à l’Italie, Antoine et Giada ont décidé de se lancer dans l’aventure du voyage à vélo, des origines françaises de l’un aux origines italiennes de l’autre. De cette aventure en couple est ressorti beaucoup de choses : des projets, un livre, une envie d’une autre de vie et des envies d’ailleurs !

Infos pratiques

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Durée du voyage : 

125 jours dont 96 étapes

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Km parcourus: 

6 600 km

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Nombre de pays traversés : 

2 pays (et 2 îles !)

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Vélos utilisés :

Stevens (des vtc que nous avions sous la main, pas achetés pour l’occasion)

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Poids à pousser

 Environs 30kg pour Antoine et 10kg pour Giada


L’interview


Salut, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Nous sommes Giada et Antoine, respectivement 27 et 34 ans. Dire d’où nous venons nous embarrasse toujours. Car si je suis français, Giada est italienne, et nous vivions à Amsterdam que nous avons quitté juste avant le confinement de mars 2020, passé à Carteret en Normandie, d’où nous sommes partis début juin en vélo, dans le but de rejoindre Salsomaggiore Terme en Italie, où vit la famille de Giada.

@ Due sfigati in bicicletta

Quel a été votre voyage ?

Nous avons rallié Carteret (Normandie) et Salsomaggiore Terme (en Italie), où vivent nos familles respectives.

Comment vous est venue l’idée de ce voyage à vélo ?

J’ai connu Giada à Paris il y a six ans. Lors de notre premier rendez-vous, je lui ai proposé de prendre un vélib pour aller au théâtre. Ça descendait, et pourtant, elle est arrivée épuisée. Je me suis dit : « ou je la quitte, ou je l’entraîne ! » Finalement, six mois plus tard, elle m’a proposé de suivre La via francigena, un itinéraire à vélo très populaire en Italie ! Ça a été notre premier voyage à vélo et nous avons tellement aimé ça que depuis nous avons toujours voyagé à vélo, mais sur des courtes périodes (2-3 semaines). Nous dormions alors dans un lit tous les soirs. Pour un voyage de près de 5 mois, ce n’était plus possible financièrement. Nous avons donc décidé d’investir dans du matériel de camping. Giada n’avait jamais dormi dans une tente, c’était une grande incertitude. Mais après quelques semaines d’adaptation, elle s’y est très bien faite !

C’était votre premier voyage ?

Nous avions suivi la via Francigena de Fidenza à Rome, puis nous étions remontés sans suivre d’itinéraire.

Nous avons aussi fait Marseille —  Pise —  Modène.

Et pour notre voyage de noces : Pescara — Taranto (en suivant la côte des Pouilles) —  Naples (par la Basilicate)

Sans compter quelques plus petits voyages sans 4-5 jours.

© Due sfigati in bicicletta

Pouvez-vous nous en dire davantage sur votre itinéraire, vous êtes partis d’où ?

Nous sommes partis de Carteret en Normandie pour rejoindre Salsomaggiore. Nous savions seulement que nous voulions faire le tour de Corse au passage, donc nous décidions au jour le jour où nous irions. Finalement, nous avons fait de beaux zigzags en France jusqu’aux Pyrénées que nous espérions traverser. Mais les cols Basques ont eu raison des genoux de Giada et nous avons dû changer nos plans. Nous avons passé une semaine à Toulouse dans une famille que nous avions rencontrée sur les bords de la Loire, ce qui a permis à Giada de faire quelques séances de kiné. Le kiné lui ayant conseillé deux semaines de repos, nous sommes allés à Marseille via Carcassonne et Montpellier (elle en train, moi en vélo) où nous avons réussi, grâce à Warmshowers, à nous loger pendant six jours. De Marseille, nous nous sommes embarqués pour la Corse, où nous avons passé trois bonnes semaines, avant d’arriver en Sardaigne (un peu fade après la Corse), puis de Cagliari, nous sommes enfin arrivés en Italie. Nous n’étions équipés que pour l’été et les derniers jours d’octobre, nous avons souffert du froid et décidé de mettre un terme à notre voyage pour aller nous réfugier dans notre famille.

Quels ont été vos coups de coeur pendant ce voyage ? 

Assurément la Corse. Une côte superbe partout, très peu de touristes, des autochtones très accueillants (notamment dans les montagnes). Nous ne sommes pas très doués pour évoquer les paysages, mais ils sont très variés, et il est impossible de se lasser. Notre meilleur souvenir reste quand même la rencontre que nous avons faite, mais je la garde pour la dernière question !

© Due sfigati in bicicletta

Concrètement, comment ça se passait au quotidien pour vous ?

Nous avons passé 40 nuits en bivouac, 35 nuits chez des warmshowers,  20 nuits chez des gens qui nous ont offert de dormir chez eux, 10 nuits chez des amis, et 20 nuits payantes (hôtel, airbnb). Tout s’est fait par hasard, au jour le jour.

Pour les ravitaillements, nous n’avons rencontré aucun problème particulier. Ce n’était difficile qu’en Corse dans les montagnes. Partout ailleurs, il était facile de s’approvisionner. Il y avait quand même la question du beurre (pour le petit-déjeuner) ! En été dans le sud de la France, en Corse où en Sardaigne, il fond très vite. Alors pour éviter de le perdre, la seule solution était d’en manger beaucoup !

Le plus gros problème que nous rencontrions quotidiennement était : où dormir. Trouver un endroit discret, plat (en montagne), mais où se trouvait une source d’eau, pas trop isolé (Giada avait un peu peur de l’isolement), n’était pas toujours évident. Mais tout s’est toujours bien passé. Nous avons parfois dormi en milieu urbain sans qu’on nous dise quoi que ce soit. Nous trouvions quand même révoltant de devoir nous cacher. N’est-ce pas le droit le plus élémentaire de dormir par terre quand on a sommeil ? 

Avez-vous des conseils à donner pour celles et ceux qui voudraient suivre vos traces ?

Nous pensons qu’on apprend de ses erreurs et que chacun construit son propre voyage, donc il n’est pas évident de donner des conseils. Il y a quand même deux choses qui me semblent impératives :

– Ne pas porter ses affaires sur un sac à dos !

– Avoir de quoi réparer une crevaison et une chaîne.

Qu’avez-vous retiré de ce voyage ?

Le sentiment de liberté ! Mais attention : quand on y a goûté, impossible de faire marche arrière ! Pour le moment, nous ne savons pas encore quelle vie nous voulons précisément, mais  une chose est certaine, nous ne reprendrons pas notre vie d’avant.

Nous ne savions pas tellement à quoi nous attendre en partant, puisque sans aucune préparation, sans la moindre idée de l’itinéraire, sans avoir jamais passé une seule nuit dans une tente, nous avons tout quitté entre deux vagues de covid-19 pour voyager cinq mois en itinérance.

Nous ne nous leurrions pas cependant sur les nombreuses difficultés qu’il nous faudrait surmonter. Nous espérions aussi prendre du plaisir et tirer quelques enseignements de ce voyage. Mais jamais nous n’aurions imaginé qu’il changerait si radicalement notre manière de voir le monde et de vivre à deux.

La page Facebook Due sfigati in bicicletta, où nous livrions nos impressions quotidiennes, ne rendait pas suffisamment compte de cette transformation. Nous avions nous-mêmes du mal à y voir clair. Pour donner de la cohérence à notre voyage, et pour comprendre, chapitre après chapitre, le cheminement de pensée qui nous a amené à devenir les personnes, mari et femme, que nous sommes aujourd’hui, nous avons décidé d’écrire un livre : Le but du voyage.

Et niveau budget ?

Nous avons dépensé tout compris (hébergement, transport etc.) 25 euros par jour. Évidemment, le plus gros poste de dépense était l’hébergement. Il nous est arrivé de dormir deux nuits de suite dans un endroit payant quand nous en trouvions un pas cher, et deux semaines d’affilée dans la tente quand tout coûtait cher autour de nous. Comme nous n’avions pas de contrainte de temps ou d’itinéraire, nous adaptions parfois ce dernier en fonction du prix des chambres que nous trouvions.

Curieusement aussi, nous nous manquions ! Nous passions 24h/24 ensemble, et pourtant, nous avions l’impression de ne pas avoir de temps ensemble. C’est que l’itinéraire consomme beaucoup de temps, que nous faisons beaucoup de rencontres, mais qu’ainsi nous ne sommes pas seules. Finalement, prendre une chambre d’hôtel permet de se retrouver, plus que de se reposer !

@ Due sfigati in bicicletta

Pour terminer, aurais-tu une anecdote à nous partager sur ce voyage ?

On nous avait prévu les pires malheurs lors de nos bivouacs en Corse. Et c’est vrai que les panneaux routiers criblés d’impacts de balles, les noms français des villes recouverts de peinture noire, les tags à la gloire du FLNC et le sigle IFF (I Francesi Fora : les Français dehors) qu’on lit un peu partout, n’inspirent pas la confiance. Nous n’avions pas envie de tenter le diable et préférions trouver un coin de jardin chez un particulier pour passer la nuit. À l’entrée de Macinaggio, il y avait un portail ouvert. Nous sommes entrés. Il y avait un jeune homme d’une trentaine d’années qui avait l’air de trouver tout à fait naturel que nous voulions planter notre tente dans son jardin. Son père s’est approché. « Que veulent-ils ? » Il était plus hésitant. En réalité, il se demandait juste quel est le meilleur coin où nous installer. 

En montant la tente, nous nous demandions si nous n’étions pas en train de rêver. Mieux que d’une plage, la propriété disposait carrément d’une anse privée à laquelle on ne pouvait accéder que par le jardin. 

En nous voyant regarder la mer avec envie, André, le propriétaire, s’est approché. Il avait dans la main deux serviettes. « Vous pouvez utiliser le kayak et le paddle si vous voulez. La douche est sur la terrasse et les toilettes dans la dépendance. Venez prendre l’apéritif quand vous serez prêts. »

Une heure plus tard, après notre bain, nous nous sommes retrouvés attablés autour d’un muscat avec Fanny et André, les deux parents, leur trois enfants.

Fanny raconte des histoires corses avec un petit accent qui donne l’impression de dîner avec un mafieux. François-René nous ressert dès que nos verres sont vides. André nous fait goûter le saucisson de San-Damiano, son village natal. « Un proverbe corse dit d’ailleurs : voir San-Damiano et mourir. »

Fanny venait quant à elle d’un petit village du sud de l’île, Sainte-Lucie-de-Tallano. « Nous y avons un appartement. Si vous passez par mon village, ma sœur vous donnera la clé. » Nous y avons passé une semaine.

Est-ce-que l’on peut suivre vos aventures quelque part ?

Oui, sur Facebook

ENCORE UN GRAND MERCI pour ta participation 🙂 !

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