L’île de Wight à vélo : une pépite à découvrir en 2 jours !

par | Mis à jour le 22/07/2025 | Europe à vélo | 0 commentaires

Récemment, j’ai embarqué pour l’île de Wight à vélo, direction ce petit bout d’Angleterre situé à quelques encablures de Portsmouth. C’est une île dont le nom évoque instantanément les Needles, ces trois aiguilles de craie blanche qui émergent de la mer comme un décor de légende. Mais au-delà de ce site emblématique, l’île de Wight promet bien d’autres surprises : un relief vallonné, des bocages verdoyants, de charmants villages anglais et des chemins qui serpentent entre plages et forêts.

Avec une contrainte de temps et un rythme naturellement plus doux imposé par un petit bout de moins de 2 ans en remorque, je savais que je ne pourrais en explorer qu’une petite portion. Mais quitte à choisir, autant viser grand : mon objectif était clair, je voulais absolument aller voir les célèbres falaises du sud-ouest de l’île.

Ce voyage express à vélo, entre parenthèses logistiques et émerveillements fugitifs, m’a offert un aperçu contrasté mais inoubliable de l’île de Wight. Voici le récit, entre brume tenace, glaces bien méritées et sentiers inattendus.

Rejoindre Portsmouth avec son vélo

La première question que l’on se pose, c’est comment rejoindre l’Angleterre avec un vélo. Bonne nouvelle : c’est facile ! De mon côté, je suis partie pour une traversée de Saint-Malo à Portsmouth en ferry

L’avantage du ferry, c’est :

Côté vélo :

  • Pas de démontage de vélo à mettre sous housse ou dans un carton
  • Pas besoin de démonter la remorque
  • Pas besoin de suspendre le vélo et d’enlever toutes les sacoches
  • Les vélos à assistance électrique sont autorisés.

Côté enfant / parent : 

  • On peut s’épargner une nuitée avec les ferries de nuit
  • Il y a un grand choix d’activités pour les enfants
  • Dans la cabine, l’enfant peut dormir tranquillement pendant sa sieste / sa nuit : pas de coupure avec sa routine, c’est trop bien

À mon sens, le ferry est le meilleur moyen de transport à la fois en tant que cycliste et en tant que maman. C’est aussi le mode de transport qu’on a utilisé avec notre chien pour rentrer de Grèce ou traverser la Mer Noire depuis la Bulgarie (ça a duré 3 jours).

Pour cette traversée vers l’Angleterre, je suis partie avec la Brittany Ferries, une entreprise bretonne installée depuis les années 70 avec pour objectif de désenclaver la Bretagne. Ado, j’ai pris à plusieurs reprises le ferry pour Plymouth et c’est en ferry que j’ai effectué mes premiers voyages à l’étranger. Leurs nouveaux navires hybrides sont à la fois moins polluants que les anciens, mais aussi beaucoup plus stables.

Jour 1 – De Portsmouth à Freshwater

Pendant la traversée vers Portsmouth, Léa s’est endormie dans la carriole, me laissant le luxe d’un moment calme à admirer les façades des bâtisses et d’attendre au calme le départ du Ferry. Arriver sur l’île de Wight par le ferry donne déjà un air d’évasion. À Fishbourne, petite localité boisée nichée sur la côte nord de l’île, nous avons débarqué sans encombre.

Les premiers kilomètres ne sont pas les plus plaisants : une grande route, un trottoir étroit, beaucoup de circulation. Heureusement, nous avons rapidement bifurqué sur une belle voie verte. Elle traverse la campagne et les sous-bois, avant d’emprunter quelques bouts de route pour nous mener jusqu’au cœur de l’île en suivant la rivière Medina. Le revêtement n’est pas toujours parfait, mais quelle tranquillité !

Newport, capitale administrative de l’île de Wight, est une ville charmante avec ses façades en pierre calcaire et sa rue commerçante animée. Tout près se trouve le château de Carisbrooke, connu pour avoir emprisonné Charles Ier pendant la guerre civile anglaise. Elle se visite, mais je n’ai pas eu l’occasion ! De notre côté, on profite des nombreux commerces et manger un bon fish and chips.

La suite est plus tendue : la voie sécurisée longeant la rivière vers le nord m’imposant un trop long détour, je n’ai d’autre choix que d’emprunter la Forest Road, trop fréquentée et bruyante, pendant deux kilomètres. Un buisson effleure la remorque, réveillant Léa en sursaut. Elle restera grognon un bon moment ! Un de ces moments où on se demande pourquoi on s’est lancé là-dedans…

De retour sur mon itinéraire prévisionnel initial, les choses s’apaisent, les routes étant moins fréquentées avec en toile de fond les collines douces et l’odeur salée de la mer. À Yarmouth, port au charme ancien, nous avons longé la rivière Yar sur une agréable piste cyclable. Une ancienne gare transformée en café / restaurant nous a offert une pause bienvenue non loin des lacs.

Dernier effort pour rejoindre Freshwater, avec quelques montées bien raides. Dormir tout près des Needles, ces célèbres aiguilles calcaires dressées dans la mer, valait bien quelques sueurs. Dans la soirée, nous avons bien tenté de nous en approcher en faisant une petite rando, mais il s’avère que c’était un peu ambitieux avec la carriole !

© Annie Spratt / Unsplash

À l’origine, j’avais prévu un autre itinéraire au départ de Fishbourne. Seulement, j’ai trouvé trop ambitieux de prévoir rouler 42km avec ma fille (sachant que l’on en fait toujours plus dans la réalité) avec 440m de D+, complétés par les quelques kilomètres de transfert à Portsmouth et 45 min de ferry. Alors, j’ai décidé d’opter pour une variante via Newport. Voici le tracé initial qui me semble beaucoup plus pertinent !

Bonnes adresses :

  • L’hôtel Ibis de Portsmouth Centre est assez sympa. Si les chambres sont un peu exigües (surtout quand on y met une remorque vélo – parce qu’elle ne passe pas dans le local vélo – et un lit bébé), la salle commune est agréable et bien décorée. La position centrale pour visiter la ville est idéale.
  • Weston Manor, Freshwater : non loin des needles, une belle adresse dans un manoir impressionnant avec un bon petit déjeuner.
  • Highdown Inn : excellente adresse pour dîner avec des plats frais, faits maison et des portions exceptionnelles.

Jour 2. De Freshwater à Portsmouth (itinéraire gravel / VTT)

Ce matin, j’ai un objectif clair : voir les Needles, paysage phare de l’île de Wight. Ou plutôt… j’avais. Car dès le réveil, la brume recouvre tout. On ne distingue pas à 100 mètres. J’hésite : est-ce vraiment raisonnable de me rajouter 6 km aller-retour avec la remorque, avec 500 mètres de pente entre 10 et 17 %, pour contempler… du blanc ? Le débat intérieur fait rage, mais la raison (et mes jambes) l’emporte. On zappe les Needles, tant pis.

© Annie Spratt / Unsplash

Direction Freshwater Bay, en espérant une éclaircie. Ma météo annonce un début de dégagement vers 10h. Je prends mon temps, contemple une charmante église au toit de chaume, et savoure cette déambulation matinale. Sur la plage, Léa s’amuse longuement avec les galets. Je scrute l’horizon, mais rien. Les falaises restent timides. Et l’horloge tourne : on doit prendre le ferry de 17h30.

On tente alors la route panoramique. Les voitures sont nombreuses, les vues… absentes. Frustrant. Je décide de bifurquer rapidement vers l’intérieur de l’île, en direction de la piste de la Brighstone Forest que j’avais repérée en préparant mon itinéraire. Je traverse Brook, minuscule village aux nombreuses maisons de toit de chaume, puis passe devant les Mottistone Gardens, ancienne demeure du National Trust aux jardins luxuriants.

En montant, le ciel s’ouvre enfin. Les pentes sont raides et me font poser pied à terre à plusieurs reprises. Puis, un panneau « ice cream » m’interpelle avant de prendre la nommée « Devil’s Mound » : je dévie sans réfléchir vers un food truck délicieusement rétro. Ici le sentier mène vers le Mottistone Down et offre un superbe point de vue sur les falaises. On restera au pied du sommet pique-niquer avant de profiter d’une glace et de repartir. Décidément, je n’ai pas prévu assez de temps sur place !

La piste, non goudronnée, roule bien : au centre de l’île de Wight, je respire. On s’éloigne des voitures, les paysages sont splendides, les passages en sous-bois agréables. Mais très vite, les barrières qui protègent les troupeaux bloquent mon évolution et rendent la progression avec remorque… sportive. Malgré tout, les vues restent magiques. J’aperçois même Portsmouth au loin. L’île de Wight est belle, vallonnée, intense, surtout sous ce soleil de retour parmi nous !

Je crois apercevoir la forteresse de Carisbrooke. Serait-ce l’arrivée ? Mais non : la descente vers Newport est chaotique. Cailloux, racines, j’avance à 5 km/h, parfois à pied, pour épargner les secousses à Léa. On atteint Newport bien plus tard que prévu. Plus qu’à foncer vers Fishbourne, croiser les doigts pour attraper le ferry permettant de relier l’île de Wight au continent.

Mon avis sur l’île de Wight à vélo

L’île de Wight, c’est un petit coin de paradis verdoyant. C’est beau, vraiment ! Les paysages sont variés, les falaises impressionnantes et l’intérieur de l’île regorge de sentiers charmants. Mais… ce n’est pas une destination facile à vélo, surtout avec un enfant !

Même sur les petites routes, le trafic n’est pas négligeable. J’ai vécu quelques dépassements franchement limites. Si vous n’êtes pas à l’aise sur routes partagées ou si vous voyagez en famille, ça peut vite devenir stressant.

Je recommanderais, autant que possible, de découvrir l’île hors saison et en semaine. Moi, j’y étais en plein week-end et ça n’a clairement pas aidé. L’île de Wight est très touristique. À vélo, on en ressent tout de suite les effets.

J’avais choisi l’ouest, pour les paysages et la promesse des Needles. Mais à l’est, le réseau cyclable semble plus développé et sécurisé. Mon rythme étant très lent à cause de la remorque, je n’ai pu explorer qu’une petite portion. Et malgré cette frustration, je suis repartie émerveillée.

Il y a de grandes chances pour que j’y retourne très vite avec, je l’espère, un peu plus de temps et de visibilité ! En attendant, je vous recommande cet article qui complète vraiment bien le mien (voyage en couple, sans bébé).

Préparer son voyage à vélo sur l’île de Wight

Quel type de vélo choisir pour l’île de Wight ?


Il est possible de faire le tour de l’île avec un vélo de route, mais cela demande pas mal d’adaptations. Je vous conseille plutôt un vélo de voyage ou un gravel, équipé de pneus larges (35 mm minimum). Certaines routes sont en mauvais état et vous rencontrerez des chemins en terre. Pour ma part, j’ai utilisé un Riverside Touring 520 avec un plateau de 34 dents à l’avant, ce qui m’a permis de tracter ma remorque Croozer sans difficulté majeure, même dans les pentes.

Quels équipements prévoir ?


Le climat de l’île de Wight est changeant, un peu comme en Bretagne nord : on peut passer du soleil à la pluie en quelques minutes. Je vous recommande d’emporter une veste de pluie légère mais efficace, un coupe-vent, ainsi que des vêtements techniques faciles à superposer. Même en plein été, les températures peuvent vite chuter, surtout près des falaises ou en soirée.

L’île de Wight est-elle adaptée au voyage à vélo en famille ?


Pas complètement. Si vous restez sur les quelques pistes cyclables aménagées, notamment à l’est de l’île de Wight, cela peut convenir à une famille. Mais dès que l’on s’éloigne de ces axes, les routes sont souvent étroites et très fréquentées. Cela nécessite d’être à l’aise à vélo et vigilant, surtout avec des enfants. En solo ou entre adultes habitués au voyage à vélo, c’est parfait, mais ce n’est pas la destination la plus douce en termes de circulation.

Quel budget prévoir ?


L’île de Wight est relativement chère. Les hébergements, les repas et même les courses de base coûtent plus qu’en France. Comptez à minima 100€ par nuit pour un b&b (si vous avez de la chance) et 25€ le plat dans un restaurant. Pour limiter les frais, je vous conseille d’opter pour le camping, les repas autonomes ou les boutiques de fish and chips qui restent abordables (7-8€ le fish and chips à Newport, mais ce n’était pas le meilleur de ma vie, je l’admets…).

Le bivouac semble possible dans certaines zones isolées, bien que ce ne soit pas officiellement autorisé. Rien que l’aller-retour en ferry a un coût, £33.40, soit près de 40€ l’aller-retour. En résumé, ce n’est pas une destination idéale pour les plus petits budgets, sauf si vous êtes prêts à bivouaquer et à cuisiner.

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Cet article fait suite à un reportage que j’ai réalisé en collaboration avec la Brittany Ferries. J’ai souhaité l’écrire car je trouve que l’écrit offre une trace complémentaire à la vidéo. Je suis complètement libre de son contenu et ai tracé l’itinéraire moi-même.

Mila - rédactrice Un Monde à Vélo

À propos de l’autrice

Mila

En 2017, à l’occasion de son premier tour d’Europe à vélo, Mila commence à partager ses expériences de baroudeuse. Passionnée de photographie et engagée, elle lance le média Un Monde à Vélo. Son objectif : rassurer dans un discours ambiant du dépassement de soi et rendre la thématique du cyclotourisme accessible à tous et surtout à toutes. 

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