Pour ma première expérience je souhaitais aller loin. Je suis parti sans trop d’objectif pensant réaliser un tour d’Europe. Finalement cette aventure exceptionnelle s’est arrêtée au Cap Nord. Après plus de 6 000 kilomètres en 2019 et près de 2 000 en 2020, je peux aujourd’hui vous parler de mon ressenti sur mon magnifique vélo de chez Histoire.bike.

J’aurais pu partir avec un vélo choisi au hasard, dénicher une randonneuse sur n’importe quel site marchand, essayer de bidouiller un porte bagage et prendre la route. Mais jusqu’à quand ces installations de fortune auraient-elles tenues ? 

Non, pour mon premier voyage je souhaitais un vélo de qualité, j’ai beaucoup hésité face à tous les choix possibles sur le marché. Cadre en acier, en alu ? Freins à disques, à patins ? Vélo de fabrication française, étrangère ?

Finalement, me sentant bien conseillé chez un de leurs revendeurs, Bouticycle Angoulême, mon choix s’est porté sur un vélo de la marque Histoire.Bike.

Un vélo de marque Française. Demeurant chauvin et par souci écologique, ce choix m’est apparu être une évidence.

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Cet article est un article invité rédigé par Joris Fernoux photographe et à l’origine de l’association 100 pression. Nous l’avons rencontré par hasard au Danemark. Depuis nous suivons assidûment ses voyages et prenons plaisir à découvrir ses magnifiques photos.

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La marque Histoire.bike


L’entreprise Histoire.bike est née en 2013, pensée et conçue par trois amis passionnés du cyclisme et du voyage à vélo. Après plus de 12 000 km de tests, c’est non loin de Clermont-Ferrand que sont assemblés ces vélos. Aujourd’hui revendu dans toute la France est l’Europe, il est possible que vous ayez un revendeur tout près de chez vous.

© Joris Fernoux

Les vélos de voyage Histoire.bike


Leurs gammes de vélos sont spécialement imaginées pour le voyage et l’itinérance, du bikepacking (voyage à vélo léger) au voyage plus traditionnel de courte ou de longue durée, leur choix s’étend à chaque type de voyageur. Vous trouverez sur leur site des vélos de tailles différentes avec des composants liés à des utilisations tout aussi variées. 

Pour ma part j’ai fait le choix d’une « Grande randonneuse classique », montée avec des roues de 28 pouces et d’un cadre en acier taille L pour supporter mon mètre 87 et mes 90 kilos. Un vélo dit résistant pouvant transporter beaucoup de charge, équipé de portes-bagages avant et arrière, d’une selle brooks et d’un guidon papillon, ce fût pour moi le vélo idéal pour transporter ma maison dans mes sacoches.

© Joris Fernoux

Les composants de la Grande randonneuse classique

  • Cadre et fourche en acier
  • Roues de 28 pouces 36 trous & moyen shimano
  • Moyeu éclairage + potence plug5 USB
  • Pneus Schwalbe Marathon classique 700 x 35
  • Cintre papillon 
  • Porte bagage av/ar
  • Freinage V/brake 
  • Shimano Deore trekking 3×10 (44 / 32 / 24 dents, cassette 11 / 32)
  • Garde boue AV/AR
  • Sel Brooks C17
© Joris Fernoux

Conditions du test

En 2019 j’ai eu l’occasion de rouler d’Angoulême, jusqu’au Cap Nord, 6358 kilomètres par tous les temps puis de traverser la France en août 2020, de l’Atlantique à la Méditerranée. Malgré quelques portions compliquées comme une plage au Danemark (oui l’EuroVelo 12 emprunte une partie de quelques kilomètres sur la plage) et quelques sentiers en Angleterre, J’ai réalisé la plupart de mes périples sur routes, voies vertes ou pistes cyclables.


Test de la Grande randonneuse classique Histoire.bike


Premières impressions sur la Grande randonneuse Histoire.bike

Je me souviens de mon impatience, tout était prêt. Mes sacoches étaient remplies, il ne manquait plus que le principal concerné. Mon vélo, après deux mois d’attente, le voilà enfin arrivé. L’heure du départ peut être réellement annoncée. Sa couleur et son style de baroudeur m’avaient plu à la commande, mais le recevoir enfin et pouvoir prendre la route à rendu cette rencontre merveilleuse. Il allait être mon plus fidèle compagnon durant les prochaines semaines. 

Les premiers tours de roues sans les sacoches sont classiques comme pour n’importe quel vélo, mais je sens déjà une solidité et une fabrication très robuste. Je me suis empressé d’arrimer mes bagages afin de pouvoir effectuer mes premiers tests. La direction est plus raide et je sens le vélo se tordre sous le poids de mon équipement. Avec 44 kilos, plus mon poids je sens déjà l’acier jouer son rôle de ressort et amortir les défauts de la route. Les freins V/Brake sont plus mous et il me faut anticiper en descente. Malgré tout, je suis très satisfait de ces premiers kilomètres avant le jour J.

Le cadre

Rien à déplorer de ce côté-ci, le cadre a été d’une fiabilité exemplaire. Aucune soudure ne s’est abîmée et je mets en avant la flexibilité de l’acier qui amortit les chocs de la route. Petit plus pour ces vélos qui sont tous équipés d’une poignée au niveau du pédalier, idéal pour le soulever lors de transport.

La position

La position s’est révélée être optimale grâce notamment au guidon papillon. Pouvoir changer sa position des bras est un luxe quand on passe plusieurs heures par jour sur le vélo, malgré tout, passer autant de temps assis sur un vélo peut être douloureux pour le dos, les fesses, les genoux. L’avantage est que vous pouvez changer de position et vous détendre, même réaliser quelques étirements. Rien ne vous empêche de vous lever pendant une descente, décontracter vos jambes, vos poignets.

La transmission

Jusqu’en Norvège aucune difficulté particulière, les routes principalement plates des pays traversés jusque-là n’ont pas mis à mal cette partie technique de mon vélo. Je note simplement un resserrage du dérailleur à effectuer après 2 000 km, mais partir avec un vélo neuf vous oblige à quelques vérifications au fil de l’avancée. Et le pédalier qui craque par moment, mais j’ai lu quelque part que l’humidité pouvait jouer là-dessus. 

Arrivé dans le pays des fjords, les choses se sont intensifiées, non pas mécaniquement mais bien sportivement. J’ai pu à ce moment tester toute la fiabilité de la transmission, comme je dis toujours, un coup de pédale après l’autre pour gravir ces cols interminables et à aucun moment je n’ai senti manquer de développement. J’ai dû néanmoins changer de chaîne après mon premier périple, celle-ci fait partie des consommables et vous serez forcé de la changer après tant de kilomètres.

Les roues et pneus

Les pneus Schwalbe sont d’une solidité remarquable, je note qu’après 8 000 kilomètres mon pneu avant peut encore servir, quant au pneu arrière, celui qui propulse, donc qui reçoit plus de force mais aussi plus de poids, j’ai dû le changer juste avant mon arrivée au Cap Nord. Attention, et c’était peut-être un peu mon cas, un mauvais gonflage abimera plus vite vos pneus. Malgré tout, j’ai crevé 4 fois durant mon premier périple et 1 fois durant le second, toutes ces crevaisons sont liées aux déchets présents sur la route. 

Quant aux jantes, attention aux nids de poules et à bien retirer l’antivol quand vous reprenez la route (mauvaise expérience au Danemark après avoir fait des courses). J’ai cassé deux rayons durant mon premier voyage, tous les deux à l’arrière et remontés par des professionnels. Mais j’ai continué à casser trois rayons pendant mon second périple. Je soupçonne une mauvaise tension des rayons qui a, par la suite, entraîné des fissures sur le cerceau de jante arrière. Ceci m’a valu un changement de jante avant de gravir le Mont Ventoux. Attention la tension de jante doit être réalisée par un professionnel.

Les freins

J’ai changé de frein entre mes deux voyages. Après avoir roulé sous la pluie pendant de longues semaines en Norvège, j’ai constaté que le patin perd en efficacité. De plus, les réglages ne sont pas toujours optimaux. J’ai donc changé au bout de 6 400 kilomètres pour des freins à disque hydrauliques. Ceux-là se sont montrés bien plus performants et sécuritaires. J’ai réalisé près de 2 000 km avec et les garnitures sont toujours correctes, je recommande les freins à disque. Malgré tout j’aimerais essayer ceux à câbles, peut-être plus facile à entretenir en cas de soucis.

© Joris Fernoux
© Joris Fernoux

La selle

J’ai réalisé mes deux aventures avec la Brooks C17 en caoutchouc, qui prend soi-disant sa forme quand vous prenez place sur le vélo. Celle-ci s’est révélée être douloureuse lors de ma traversée de la France. Peut-être est-ce lié à ma peau de chamois qui devient de moins en moins efficace. En tout cas, je viens de changer pour une selle Brooks B17 en cuir qui possède un canal ajouré pour éviter cette pression constante. J’attends de pouvoir partir l’essayer.

Le cintre

J’ai apprécié le cintre papillon pour le changement de position, pouvoir y attacher le GPS, la sonnette, le téléphone, le compteur. Il n’y a pas à dire pour du cyclotourisme, je pense que c’est le meilleur cintre à avoir. Pouvoir placer ses mains tout autour du guidon et changer de position, ça n’a pas de prix. Cela dit la mousse étant très abîmée au bout de 8 000 km, je viens d’opter pour une guidoline en cuire de chez Brooks. Plus épaisse et d’aspect plus résistante, le confort ne devrait être que plus appréciable.

© Joris Fernoux

Les porte-bagages

Les portes bagages ont été aussi solides que le cadre je dois dire, aucune fixation ne s’est abimée et ils ont joué leurs rôles tout du long sans encombre. Il a été très aisé de fixer tente, matelas, duvet sur l’arrière à l’aide de tendeur. Matériel indispensable à avoir au passage.


Les accessoires de la grande randonneuse Histoire.bike


Le système d’éclairage plus plug5 USB

Je pensais que l’éclairage ne serait pas forcément nécessaire durant mon voyage et qu’un port USB était essentiel pour garder mes appareils en charge. C’est tout le contraire. Je me disais que rouler de nuit n’allait jamais m’arriver, c’est vrai, généralement je suis installé avant le coucher du soleil. Mais c’était avant de rencontrer le nombre incalculable de tunnels en Norvège. Heureusement que j’étais équipé de lumières, celles-ci m’ont bien aidé quand certains tunnels ne sont pas éclairés. Puissante et réglable à l’avant, l’arrière manquerait un peu d’éclat à mon goût. Ayant eu l’expérience des tunnels, j’ai à chaque fois rajouté ma lampe frontale sur le derrière de ma tête afin d’être encore plus visible. Le système est quand même efficace et je recommande à tous les voyageurs de partir équipé de lumières ne serait-ce que pour la sécurité et les jours de pluie et de brouillard. Bienvenue dans le pays aux mille tunnels… 

 

À l’inverse, le port USB, voilà un gadget inutile. Garder votre argent pour une bonne batterie de 25 milles mah. Malgré le poids, elle rechargera vos appareils les jours de camping sauvage, jusqu’à 4/5 jours d’autonomie pour de petits appareils et vous pourrez la recharger au camping les jours de douche. Je pense que je pourrais encore pédaler pour espérer recharger mon téléphone.

La béquille
  • D’origine les vélos Histoire.Bike sont équipés d’une béquille, très pratique pour s’arrêter n’importe où me direz-vous. Oui, si les vis de cette dernière ne s’étaient pas cassées à l’intérieur du pas de vis. Surement que j’étais trop chargé, mais au bout de 1 500 kilomètres tout de même. Aujourd’hui encore je continue à chercher des arbres pour y adosser mon vélo.
Les pédales

À revoir, usées et ayant perdu leur fonction antidérapante, j’ai été contraint de changer au retour du cercle polaire. Mais celles-ci restent des accessoires consommables qui s’usent au fil des kilomètres.

Les garde-boues

Accessoires indispensables pour espérer rester propre un minimum les jours de pluie. Efficace et de bonne composition, ceux-là sont très résistants.

Le support rayon
  • Plus besoin de penser à prendre des rayons de rechange et faire attention pour ne pas les tordre, ceux-ci sont directement fixés sur le cadre. Un point vraiment positif quand on y pense.
© Joris Fernoux
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© Joris Fernoux

Bilan


Je ne regrette aucunement mon achat, j’ai un vélo costaud, résistant et fiable. Personnalisé et numéroté grâce à sa plaque sur le devant du cadre, ce vélo est le compagnon idéal pour de long périple. Vous pourrez espérer transporter du poids et rouler par tous les temps sans vous poser de question.

Petit bémol si vous pensez sortir des sentiers battus, les sentiers carrossés c’est ok, mais ne pensez pas vous enfoncer sur des chemins de galets, les pneus trop fins vous poseront problème et vous vous enfoncerez à peine la roue avant posée dedans. Ce vélo est fait pour parcourir les pistes cyclables et les voies vertes d’Europe. J’opterais et c’est la modification que je viens d’apporter dessus, pour des pneus plus larges pour commencer à sortir des itinéraires classiques. 

Avis très positif concernant le SAV et le suivi du vélo, étant une entreprise familiale à taille humaine, l’équipe ne manque pas de suivre vos voyages, vous conseillez et vous apportez de l’aide si besoin. 

Enfin le prix, 2599 € en y ajoutant les freins à disque hydrauliques. Cela peut être un frein pour certain, mais on reste sur une fabrication française avec un vélo numéroté et des accessoires que seule Histoire.Bike propose. 

À mon sens, opter pour un vélo Histoire.Bike, c’est la garantie d’un vélo qui vieillira bien.

Les points forts

  • La poignée de portage (présent sur tous les vélos Histoire.bike)
  • Le support de rayons 
  • Le cintre papillon 
  • La position de conduite
  • Le développement de la transmission 
  • Son style et le numéro de production
  • La répartition des masses et son comportement
  • Le moyeu shimano et son éclairage
  • La solidité en générale

Les points faibles

  • Le plug5 USB
  • Son prix
  • La guidoline de cintre en mousse
  • Sa selle Brooks en caoutchouc à la longue 
  • Le support de béquille
Joris Fernoux et sa randonneuse classique Histoire.bike
© Joris Fernoux
© Joris Fernoux

NOTE : si vous aussi avez l’envie d’enrichir cette catégorie TEST sur les vélos de voyage, conseiller votre vélo ou le déconseiller même, n’hésitez pas à nous contacter via notre formulaire de contact, nous vous répondrons au plus vite. La seule condition est d’avoir testé votre vélo sur plusieurs milliers de kilomètres 😉 !

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