Outdoor Cycling Series Armorique : un avant-goût de l’aventure longue distance !

par | Mis à jour le 08/07/2025 | La Bretagne à vélo | 4 commentaires

Grâce aux évènements Outdoor Cycling Series organisés par Emilien, je suis partie à la découverte d’une terre que je connais bien : le Parc Naturel Régional d’Armorique. Un territoire que j’avais déjà parcouru pour mon livre… mais jamais comme ça.

J’avais besoin d’un défi. De sensations plus fortes pour me sortir de ma routine. Et cette fois, c’est venu d’un format bien différent de mes voyages habituels : la micro-aventure sportive. Pas de course, pas de classement, mais une envie commune de rouler loin, longtemps, et surtout d’aller au bout.

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Les Outdoor Cycling Series, c’est quoi?

Les Outdoor Cycling Series, c’est une série d’événements à mi-chemin entre la randonnée cycliste et l’ultra-distance. L’idée, portée par Emilien, est simple : faire découvrir des territoires magnifiques à vélo, dans une formule libre, sans chrono, mais avec quelques règles du jeu pour pimenter l’aventure.

On choisit son format (150 km ou 350 km), on embarque son matériel, on suit une trace GPS préparée avec soin, on passe par des checkpoints, et surtout… on prend du plaisir à pédaler en autonomie.

L’ambiance est bon enfant, le niveau libre, et il est possible de rejoindre un événement même sans expérience de la longue distance. Toutes les infos pratiques sont sur le site outdoorseries.fr.

#LAPOISSE (mais ça arrive) !

Les photos et vidéos de mon aventure ont été perdues dans une mauvaise manip’, lorsque j’ai changé de téléphone. Ne me restent que quelques rares clichés pris avec mon appareil photo ! 

10h – TOP DÉPART

Initialement, j’avais prévu de me lancer sur le 350 km. J’étais prête, dans ma tête… Moins dans mes jambes. Mais un empêchement personnel m’a contrainte à revoir mes plans à la dernière minute. Exit le grand format : ce sera le 150 km. Enfin… plutôt 160 km, à la sauce Outdoor Cycling Series.

L’objectif : faire la trace dans la journée. Une première pour Denni et moi. Jamais nous n’avions roulé autant sur une seule journée.

Quand on prend le départ à 10h, on pense déjà qu’on finira de nuit, même si on espère finir avant. Ça met un petit coup de pression. Emilien nous explique les règles : attention sur les routes, autonomie complète, checkpoints à valider, et surtout : pas de chrono. Ce n’est pas une course. Le but, c’est de vivre une aventure.

On part en petit groupe, mais très vite, les autres participants prennent le large. On se retrouve tous les deux, à notre rythme, lancés sur un itinéraire inconnu.

Une météo maussade, mais une trace superbe !

Je connais bien les Monts d’Arrée. Mais cette trace-là, je ne l’avais jamais faite. Et j’ai adoré découvrir ces routes, différentes de celles que j’ai choisies pour mon livre. Comme quoi, un même territoire peut se lire de mille façons à vélo.

Le dénivelé est bien présent, les côtes nous rappellent que ce n’est pas une balade de santé. Denni met un peu plus de temps à chauffer, puis s’éloigne doucement en montée, prenant notre rythme habituel. On prend notre temps. Rien ne sert de courir, le tout, c’est d’arriver ! Notre pique-nique est prévu au lac du Drennec, à quelques kilomètres à peine de chez mes parents. Toute mon adolescence a tourné autour de ce coin-là. Y revenir à vélo, c’est déjà une récompense.

Heureusement que nous avons prévu de quoi se ravitailler. Il y a peu de passages en ville sur l’itinéraire que l’on suit : on est clairement en pleine nature. Et vu la distance à parcourir, on n’a pas vraiment envie de faire des détours complémentaires.

À 13h, première grosse pluie. Juste à temps pour notre pause déjeuner. On se cale sous les arbres, un peu trempés mais heureux. Déjà 50 km dans les jambes, et encore pas mal d’espoir pour la suite.

Le premier coup de pompe

Les montées et descentes s’enchaînent. On traverse des sous-bois, on longe des landes, on grimpe, on descend. Les paysages sont superbes malgré les nuages. Mais à 50 km, comme d’habitude, le coup de mou arrive.

Je connais cette sensation à la barre des 50 km : ça pique un moment, puis ça passe. Parfois, ça me pousse à m’arrêter ! Denni, qui a moins roulé ces derniers temps, tient bon. Mais on sent tous les deux que la journée va être longue. Le cumul de dénivelé commence à peser. On a sûrement pris trop de vêtements « au cas où », par peur du froid.

Il est déjà plus de 16h quand on valide le second checkpoint. On traîne un peu, mais on avance. On a encore 100 km à faire.

Se trouver à manger !

Checkpoint - Monts d'Arrée

L’heure tourne. On réalise qu’on n’arrivera pas avant 22h, voire plus. Le moral descend doucement. On n’a même pas encore atteint les 100 km et il va falloir dîner quelque part.

La chance nous sourit à Brasparts. Un petit CocciMarket est ouvert. On achète de quoi faire un dîner de fortune, sucré, salé, tout ce qui nous tombe sous la main. On en profite pour souffler. Cette petite ville, je la connaissais de nom, mais je ne m’y étais jamais arrêtée. Voilà qui est fait.

Objectif : manger à 100 km. L’ambiance est un peu plombée. Le tonnerre gronde au loin. On remet nos affaires trempées, on ajuste nos vestes. Heureusement qu’on avait prévu des vêtements de pluie et ce poids en plus finalement !

Route de nuit

Arrivée humide – ©Emilien – Outdoor Series

Il est près de 20h. On est à 112 km. Trempés, fatigués, mais pas au bout de nos peines. Le dénivelé ne faiblit pas, et il reste encore beaucoup à parcourir. La pluie est devenue plus forte, puis l’orage s’est invité. C’est intense.

Je découvre que ma veste de pluie AGU, que je n’avais jamais testée sous forte pluie parce qu’elle est noire (donc peu visible) et tellement légère que je ne lui faisais pas confiance, est en fait ultra efficace ! Comme quoi… J’aurais juste aimé avoir pensé à ma veste fluo en plus. Niveau visibilité, ce n’est pas l’idéal, et je m’en veux de l’avoir oubliée.

La nuit tombe. Étrangement, mes jambes se calment après avoir repris des forces en mangeant. Je me sens bien. Les douleurs sont là, mais elles deviennent floues. Je roule à mon rythme, seule. Pour ces derniers kilomètres, nous avons décidé de rouler chacun à notre allure et à celui de notre mental. Le calme dans cette ambiance vaporeuse de l’après orage est presque surnaturel. Seuls les bruits de la faune accompagnent le crissement de mes pneus.

Je suis guidée par ma lampe et mon GPS. J’aurais dû prendre une frontale. Je m’en veux un peu, mais je m’adapte. C’est ma première expérience après tout. Comme toujours, il faut bien commencer quelque part et faire des erreurs ! Heureusement, je n’ai pas oublié le chargeur externe pour recharger mon smartphone et pouvoir arriver au bout de cette aventure. Une chouette hulule, j’entends quelques bruissements dans les fourrés. Je suis là, au milieu de nulle part, en pleine nuit, et je souris.

La révélation

C’est à ce moment-là que je comprends.

Pourquoi les gens se lancent dans des défis de longue distance qui sont d’apparence sans queue ni tête. Pourquoi ils roulent de nuit, dans le froid, sous la pluie. Ce n’est pas pour la gloire, ni pour battre un chrono. C’est pour cette sensation rare de lâcher-prise, d’épuisement heureux, de dépassement de soi et retrouver nos sens perdus.

Denni et moi avons décidé de finir chacun à notre rythme. Je suis seule, mais pas isolée, je pense à lui, on échange beaucoup. Et surtout, je suis fière. Fière de ce corps qui revient à lui après la maternité, de cette force qui renaît. C’est ici, dans ce décor brumeux et orageux, que je sens que quelque chose a basculé.

Cette sortie Outdoor Cycling Series, ce n’est pas juste une belle sortie à vélo. C’est une initiation. La promesse d’ouvrir mes horizons. La prochaine fois, je pars pour les 350 km ! Vous me suivez ?

Mila - rédactrice Un Monde à Vélo

À propos de l’autrice

Mila

En 2017, à l’occasion de son premier tour d’Europe à vélo, Mila commence à partager ses expériences de baroudeuse. Passionnée de photographie et engagée, elle lance le média Un Monde à Vélo. Son objectif : rassurer dans un discours ambiant du dépassement de soi et rendre la thématique du cyclotourisme accessible à tous et surtout à toutes. 

4 Commentaires
  1. Emilien - Outdoor Cycling Series

    Merci beaucoup à tous les 2 pour votre confiance et soutien d’être venus découvrir la philosophie Outdoor Cycling Series, véritable Tour de France des Parcs Naturels Régionaux en bikepakcing le temps d’un week-end
    Et bravo pour mettre des mots sur cette aventure sportive et humaine afin de nous permettre de toucher du doigt les ressentis, les sensations et les émotions que de telles bambées outdoor peuvent procurer en chacune et chacun de nous
    Au plaisir de se retrouver sur l’une de nos étapes OCS dans d’autres Parcs Naturels Régionaux tout aussi étonnants et majestueux à explorer et découvrir

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    • Mila

      Merci beaucoup Emilien, enfin cet article en ligne, il en a mis du temps mais je suis ravie de mon expérience, même si frustrée de ne pas être partie sur le 350 km pour le coup ! La prochaine fois sera la bonne et je reviendrai avec plaisir si j’en ai l’occasion !

      Réponse
  2. Sophie G.

    Bravo Mila, mais surtout merci pour ton témoignage . Le mot c’est « inspirant ».
    Je ne sais si tu entretiens des échanges avec tes lectrices, en tout cas ça serait très nourrissant.
    Je poursuis sur fb.
    Merci tu m’as fait ma journée comme on dit!

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    • Mila

      Salut Sophie, merci mille fois pour ton retour ! J’aimerais un jour suivre le parcours d’Emilien et organiser quelques sorties entre femmes, voire entre mamans parce que ça me ferait plaisir d’échanger. Mais ce ne sera pas pour tout de suite, j’ai encore beaucoup trop de projets dans les starting-blocks 😀 Au plaisir en tout cas !

      Réponse

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