Les îles ioniennes à vélo : Leucade et Céphalonie

par | Mis à jour le 12/12/2021 | Publié le 12/12/2021 | Grèce | 2 commentaires

Après avoir suivi l’EuroVelo 8 sur la côte ouest de la Grèce, nous avons décidé de dévier vers les îles. Un choix que nous ne regretterons pas une seule seconde, tant les paysages en valaient la peine. Nous avons, à ce jour, rarement passé d’aussi belles journées. Nous étions subjugués par les paysages.

D’ailleurs, nous avons peut-être eu beaucoup de chance d’avoir voyagé en juin 2021, à peine la Grèce ouvrait à nouveau ses portes aux touristes. Nous n’avons croisé que peu de monde sur les routes. C’est sans doute ce qui a fait toute la magie de cette merveilleuse découverte. Mais est-ce aussi agréable en haute saison ?

Notre itinéraire sur les îles ioniennes

Pour ce trajet sur les îles ioniennes, il fallait faire un choix : s’attarder sur l’île de Leucade ou sur Céphalonie. Le ferry qui relie les deux îles a eu le dernier mot.

L’île de Leucade

Accessible par voie terrestre, la ville de Leucade est aussi le terminus du bus qui part de Préveza. Ce bus permet également de traverser un tunnel interdit aux vélos, comme nous vous l’expliquons dans l’article sur l’EuroVelo 8 en Grèce.

Il est possible de longer la côte de l’île que ce soit à l’est ou à l’ouest. L’est de l’île est bien plus abordable avec un dénivelé modéré. L’ouest de l’île est plus difficile mais offre les plus beaux points de vue sur les paysages escarpés de Leucade. 

Le ferry est censé partir de Vasilikí au sud de l’île. Toutefois, le port a été endommagé par un tremblement de terre il y a quelques années. Depuis, le ferry pour Céphalonie part de Nydri, à l’est de l’île. C’est cette information qui nous a fait prendre la côte est. Dans le cas contraire, le dénivelé nous paraissait un peu trop intense pour le faire en peu de jours.

L’île de Céphalonie

L’île de Céphalonie regorge de merveilles. De petits ports de pêche colorés, une nature verdoyante, des chèvres en liberté partout. Surnommée l’île aux tortues, on peut y admirer tortues de mer et tortues de terre. Ses falaises plongent dans une mer d’un bleu parfois laiteux offrant un charme unique à l’île. 

Aussi, l’île cache l’une des merveilles d’Europe : la grotte de Melissani. Elle peut faire penser aux cenotes mexicains du fait de son trou dans le plafond. Elle était malheureusement fermée lors de notre passage à Céphalonie.

Nous ne saurions vous conseiller par quel côté visiter l’île. Tout comme Leucade, l’île semble avoir les paysages les plus spectaculaires à l’ouest. Mais de nombreux points d’intérêts se situent également à l’est, comme la fameuse grotte à proximité du village de Karavomilos (est de l’île). 

Pour notre part, notre choix s’est porté sur l’ouest de l’île afin de découvrir la magnifique plage de Myrtos ainsi que le petit village de Assos et ses tortues.

Les îles ioniennes : infos pratiques

Les îles ioniennes constituent un ensemble de 7 îles dont le point culminant est à 1628m d’altitude. Elles sont donc très montagneuses. Contrairement à ce que nous imaginions, les prix ne sont pour autant pas beaucoup plus élevés que dans le reste du pays (même si cela reste cher comme partout ailleurs).

Tarifs des transports

  • Bus de Préveza à Lefkada : 6€ personne + vélo

  • Ferry de Nydri à Fiscardo (Leucade – Céphalonie) : 8€ par personne

  • Ferry de Poros à Kyllini (Céphalonie – continent) : 12,5€ par personne

Les logements

Il y a assez peu de campings abordables sur l’île, toutefois le bivouac est facilement envisageable si vous arrivez à être discret. Il y a beaucoup de gravel, il est donc aisé de sortir des sentiers battus pour planter la tente. 

Dans les petites stations balnéaires, il est très facile de trouver des hôtels très bien aux environs de 25€ la nuit. C’est moins cher que sur le continent car il y a beaucoup de concurrence. 

 

Le dénivelé

Les îles ioniennes sont particulièrement escarpées. Il faudra vous attendre à ne pas avoir le courage de rejoindre telle ou telle plage car le retour serait bien trop sportif. Comptez 300m de dénivelé en pente raide pour certaines. Néanmoins vous passerez toujours le long d’une plage à un moment ou un autre.

Les gravels road n’ont pas beaucoup de virages et nous mettent de sacrés bâtons dans les roues. Nous avons fait face à des pentes à 20% à plusieurs reprises, sur un terrain pas forcément propice à l’effort. Ne vous y aventurez pas avec des pneus fins, au risque de rester bloqué par le sable ou la rocaille.

Dénivelé Céphalonie

Carnet de route – les îles ioniennes à vélo

Étape 1 – Préveza

Il y a des jours où rien ne va comme on le souhaiterait. Et particulièrement en cette journée où tout semble perdu d’avance. Nous arrivons à Préveza très tôt le matin avec l’idée de traverser le petit tunnel de 1,5 km sous l’eau afin de relier l’Épire sans longer la totalité du golfe. Insolents, nous commençons à y aller, faisant fi des panneaux nous interdisant l’accès, mais nous nous faisons aussitôt arrêter par le service de sécurité. Ils ont une grande benne à l’arrière, ils ne peuvent pas nous embarquer ? 

Il semble que non. Alors on tente. Nous revêtons notre plus beau sourire et levons le pouce, une heure, deux heures… Rien à faire. Personne ne nous amènera de l’autre côté. Il nous reste trois options : le taxi qui nous demande 30€ pour ce foutu kilomètre, parcourir 200 km le long du golfe ou enfin tenter de prendre un bus. 

La dernière option nous semble plus abordable. La station de bus est difficile à trouver mais nous y arrivons. Nouvelle surprise : il sera difficile de prendre le bus de midi car il est petit. Il faudra attendre 16h. La journée est déjà bien entamée et ce tunnel sous-marin commence vraiment à nous agacer. Quelle idée de faire un tunnel ? Le pont n’aurait pas été plus efficace ? Et un ferry ? 

Le bus de midi arrive. Comme prévu, il est minuscule, mais le chauffeur est arrangeant. Les vélos rentrent ! Ouf, nous sommes sauvés.

Étape 2 – de Leucade à Nydri

Nous arrivons en début d’après-midi à Leucade. Pour prendre le ferry aujourd’hui vers Céphalonie, c’est cuit ! Nous profitons de la charmante ville colorée et pavée de Leucade avant de reprendre nos vélos pour la petite station balnéaire de Nikiana. La vue sur le continent est splendide et nous fait penser à la baie de Kotor au Monténégro, avec ses eaux toutes calmes et ses petites plages de galets. 

De plage en plage, nous nous arrêtons pour la nuit et profitons de la belle journée pour aller se baigner dans l’une des petites criques tranquilles de la ville. Denni sort sa canne à pêche. Le cadre est paisible, nous sommes déjà ravis d’être ici. 

Le lendemain matin, il nous reste seulement quelques kilomètres avant le port de Nydri. Parcours vallonné mais sympa, nous arrivons vite dans la ville en travaux de partout. Les billets pour Céphalonie en poche, nous sommes refusés à l’embarquement car nous n’avons pas de test PCR. Après de longues conversations, nous apprenons qu’il suffit d’aller acheter un autotest en pharmacie. Il est négatif, c’est tout bon. Mais évidemment, après tout ce tintouin, on ne nous le demande plus !

Ruelles - Leucade - îles ioniennes
Paysages - île Leucade
Port Nydri - Leucade

Étape 3 – de Fiskardo à Assos

Nous arrivons en milieu d’après-midi à Fiskardo. La véritable aventure sur les îles ioniennes commence avec un programme qui nous fait frémir d’avance : 1 800 m de dénivelé positif sur 100 km. 

Fiskardo est un joli port tout coloré. On se plait à se perdre dans ses rues, même si on en fait vite le tour ! L’occasion de faire quelques courses avant de s’attaquer à la première montée. Les températures sont plus élevées que ces derniers jours, nous prenons notre premier coup de chaud du voyage. Mais la route est très calme et nous offre des panoramas à perte de vue sur la mer en contrebas. 

Nous manquons les avertissements de Komoot qui nous annonce que l’itinéraire ne sera peut-être pas adapté à vélo et nous nous dirigeons vers le petit village d’Assos par une petite route qui semble abandonnée. Nous ne croisons personne ici et commençons à comprendre : cette dernière se transforme très vite en gravel. C’est rocailleux, ça secoue, on n’avance pas malgré la descente.

Nous posons la tente sur des terrasses de terre qui ont dû servir à un moment à une plantation quelconque. La vue est belle et le cadre est calme. Nous avons beau être à deux pas de la « route », nous n’avons pas de doute : personne ne passera par là cette nuit !

Au réveil, nous comprenons mieux ce calme. À la sortie d’un virage dans la descente, je manque de tomber 2 m en contrebas. La route s’est écroulée, littéralement. Heureusement, un pan de route de moins d’un mètre de large a résisté sur le côté, nous passons avec précaution. 

Panorama - Gravel - Céphalonie
Descente Assos - Céphalonie à vélo
coucher de soleil - Céphalonie
Gravel - Assos
Route effondrée - Céphalonie

Le village d’Assos est connu pour ses tortues qui se baladent dans le port au petit matin. Nous y sommes à 7h30 dans l’espoir d’en voir et d’y prendre un petit-déjeuner. La quête est vaine, nous repartons le ventre vide sans avoir vu de tortues.

Port Assos - Céphalonie
Port Assos - îles ioniennes
îles ioniennes à vélo - Assos - Céphalonie

Étape 4 – De Assos à Argostoli

La montée à la sortie d’Assos est difficile. Très difficile ! 300m de dénivelé sur quelques kilomètres seulement, nous poussons en danseuse tout le long de la montée. Heureusement que le village valait le détour car l’effort est important. 

Lorsque l’on rejoint la route principale qui longe la côte, nous sommes en sueur, affamés, mais soulagés de nous en être sortis. Les paysages sont bluffants, les falaises couleur craie plongent sur une eau turquoise qui ne nous donne qu’une envie, s’y baigner. Encore faut-il accéder aux plages !

La route vers la fameuse plage de Myrtos est sinueuse. Des éboulements ont eu lieu à certains endroits, nous faisant emprunter des ponts de fortune sur lesquels nous ne nous sentons pas sereins. Puis elle est là, la fameuse plage, 300 m plus bas, est époustouflante. Les gens sont si petits qu’ils ne sont que des petits points qui traînent par-ci, par là, dans l’eau, sur la plage. Pour nous, l’arrivée dans un lieu touristique est un soulagement : nous pouvons enfin nous restaurer et prendre un bon café.

Céphalonie - plus belles plages Grèce
Plage Myrtos - Céphalonie
Céphalonie - Vue Myrtos

La suite de notre route nous mène davantage dans les terres avant de retrouver la mer sur une côte d’un aspect totalement différent. C’est un paysage désormais plus désertique où l’eau est turquoise et transparente. 

À l’entrée d’Argostoli, nous nous étonnons d’une forme bizarre qui flotte dans l’eau. Nous nous approchons et découvrons les fameuses tortues de mer. Elles sont bien plus grandes que nous l’imaginions et se battent entre elles, nous offrant un spectacle insolite !

Tortue de mer - Céphalonie
Arbres solo - Céphalonie à vélo
Argostoli - paysages

Étape 5 – D’Argostoli à Poros 

À Argostoli, nous longeons la mer pour nous rendre au camping. La plage n’est pas des plus belles nous freinant  dans notre envie de nous y baigner. Mais à notre départ le lendemain matin, de petites criques secrètes s’enchaînent et nous rappellent la presqu’île de Crozon, l’eau à 25°C en bonus. 

L’une de ces criques est si belle que nous nous arrêtons pour nous baigner. Dans presque tous les cas, les plages sont équipées de douches. Ce qui nous permet de nous rincer et d’éviter la désagréable sensation du sel qui gratte lorsque nous reprenons la route. 

Couple - vélo - îles ioniennes
Paysages - Céphalonie
îles ioniennes - crique

Pendant un long moment, nous nous éloignons des plages et longeons la zone de l’aéroport de l’île de Céphalonie. Le cadre est légèrement moins agréable. Toutefois, nous rattrapons très vite les plages à l’est avec de nouvelles criques sublimes à l’eau turquoise et transparente. 

L’une d’elle est très sauvage avant l’entrée de Poros. Des roches percent la mer agitée, comme si elles étaient tombées du ciel. L’endroit ne se prête pas à la baignade mais nous nous y arrêtons tout de même pour profiter de la vue. 

Poros - plage roches
Crique - Poros
Poros

Nous restons à Poros quelques jours. Nous y avons trouvé un petit hôtel familial si charmant que nous avons du mal à en partir. Les prix sont plus que convenables et tout le confort est là. La plage à 20m et ses restaurants servant des plats typiques grecs se prêtent au farniente. 

Plongeoir - Poros

Conclusion sur notre étape dans les îles ioniennes 

Il a été difficile de quitter les îles ioniennes, tant l’atmosphère avant la haute-saison nous a plu. Les paysages sont sublimes et nous aurions pu en parler des heures durant. L’île de Leucade offre déjà un bel aperçu avec quelques plages à l’eau d’un bleu laiteux comme l’on trouve à Myrtos. Mais on peut aussi tout à fait continuer le périple sur l’île de Zante, encore plus difficile.

L’avant-saison nous a permis de rencontrer des locaux et d’avoir un rapport très sympa avec eux. Nous aurions quasiment emménagé sur l’île de Céphalonie tant l’environnement nous a plu. Cette partie de notre voyage reste, à ce jour, l’un de nos plus beaux souvenirs, même si le Péloponnèse a beaucoup à offrir également. 

îles ioniennes - Grèce

Vous aimerez aussi ces articles 

2 Commentaires

  1. Alexis Guignard

    j’adore le site

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *