Brest à vélo : itinéraire des forts et structures militaires

par | Mis à jour le 13/03/2026 | La Bretagne à vélo | 0 commentaires

De la silhouette aux tours médiévales du Château de Brest aux bunkers de béton de la Seconde Guerre mondiale, Brest se révèle être un livre d’histoire à ciel ouvert. Vous le savez peut-être, je suis née ici et j’ai toujours eu un attachement particulier à Brest. Je vous en ai déjà parlé à travers sa magnifique rade à vélo.

Que vous soyez en quête d’une sortie paisible en famille (pour une version courte) ou d’un défi sportif face au relief escarpé du Ponant (pour une version plus longue et sportive), cette boucle à vélo vous mène vers des endroits confidentiels à la découverte des forts et bunkers de Brest.

On enfourche alors son vélo pour une épopée iodée à la découverte des sentinelles qui, depuis des générations, veillent sur le goulet et l’arsenal. 

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un parcours historique  

Le passé de Brest est indissociable de sa topographie, naturellement protégée par sa rade. Avant d’être une métropole moderne, la ville fut une place habitée dès la Préhistoire, mais c’est à l’époque romaine qu’elle affirme son rôle défensif. Un premier fortin fut érigé au IIIème siècle sur l’éperon rocheux dominant l’embouchure de la Penfeld. C’est sur ces fondations romaines, encore visibles au pied du donjon, que fut bâti l’imposant château de Brest au XIIIème siècle, avec ses remparts et ses tours qui ont résisté à d’innombrables sièges. 

Le véritable tournant survient en 1631. Sous l’impulsion de Richelieu, Brest devient le port de guerre de la flotte du Ponant. L’Arsenal se développe, attirant les convoitises. À la fin du XVIIème siècle, le génie de Vauban dessine un plan de fortifications titanesque. Si Vauban fortifie l’enceinte de la ville, c’est sous Louis XVI que la ceinture des forts est mise en œuvre pour rendre l’Arsenal « intouchable » face à une invasion terrestre et maritime.

Enfin, la Seconde Guerre mondiale a laissé une empreinte indélébile : l’armée allemande, consciente de l’importance stratégique du site, y a construit des centaines de bunkers et l’imposante base sous-marine, l’une des plus grandes d’Europe, pour abriter ses U-Boat. C’est tout ce passé, souvent assez méconnu, que nous vous proposons d’explorer.

Deux Variantes de l’itinéraire selon votre niveau

Avant de donner le premier coup de pédale, sachez que ce parcours propose deux visages bien distincts.

Itinéraire familial : 11 km Du centre-ville au fort de Montbarey

11,5 km, 140 m de D+, 90m de D- 

Cet itinéraire vous mène du château de Brest au Fort Montbarey. Il est conçu pour être accessible à tous. Vous emprunterez majoritairement des voies vertes, des pistes cyclables sécurisées et des routes de campagne très calmes. C’est une balade idéale pour les enfants, à condition qu’ils maîtrisent la conduite à droite lors des passages partagés. Pour les plus petits, la remorque est vivement conseillée pour profiter des parcs en toute sécurité. 

Boucle sportive : 38 km entre ceinture fortifiée et littoral

38 km, 440m de D+, 440 m de D-

Dès que vous quittez le Fort Montbarey, le parcours change de dimension. Il s’adresse à un public habitué ou équipé de Vélos à Assistance Électrique (VAE). Bien que les routes restent peu fréquentées par les voitures, le relief brestois se réveille : les montées sont courtes mais souvent très raides (certaines portions dépassent les 10-12% de dénivelé). Un bon braquet et une gestion de l’effort sont essentiels pour boucler la boucle sans mettre pied à terre.

conseils pratiques

  • Parcours adapté aux VTC, VTT, gravel et VAE. Ok avec une remorque enfant ou un follow-me pour la version familiale. 
  • Dans le parc de Penfeld, un petit passage sur la rue de l’Anse Saupin et la sortie du parc demandent une vigilance accrue avec des enfants. 
  • Prévoyez un pique-nique : les lieux sont nombreux pour vous arrêter déjeuner dans des espaces magiques ou avec des vues à couper le souffle !

Les étapes clés du patrimoine militaire brestois

1. Les rives de la Penfeld

Votre périple débute dans le jardin du Château de Brest, là où bat le cœur maritime de la ville. Pour les curieux, le château de Brest accueille le Musée national de la Marine où l’on peut admirer de magnifiques figures de proue. Ainsi, vous pourrez admirer 17 siècles d’histoire. Non loin, vous pourrez en apprendre davantage sur l’occupation de Brest à l’Abri Sadi-Carnot. Ce dernier a été le théâtre d’une immense tragédie suite à un incendie suivi d’explosion qui tua plus de 375 brestois et plusieurs centaines d’allemands réfugiés dans l’abri pour se protéger des bombardements.

Après ces visites, on s’élance pour rejoindre la rive droite. Ici, deux options s’offrent à vous :

  • Le pont de Recouvrance
  • Le téléphérique

La plus classique consiste à traverser le pont de Recouvrance, le plus grand pont levant d’Europe lors de sa construction. 

Mais pour donner un peu de magie à votre départ, vous pouvez aussi opter pour une alternative avec le téléphérique. Les vélos y sont autorisés gratuitement (en dehors des heures de pointe). En quelques secondes, vous survolez l’Arsenal et ses navires de guerre, avec une vue plongeante sur le château, le goulet et jusqu’au Menez Hom. Une fois débarqué, explorez les Ateliers des Capucins. Cet ancien couvent, transformé en fonderie de la Marine à la Révolution, est devenu un lieu de vie exceptionnel. Ne manquez pas d’admirer le Canot de l’Empereur, un bijou de bois et d’or construit pour Napoléon Ier en 1810. 

Vue depuis le Téléphérique de Brest - Rade de Brest - Pont de Recouvrance

Quittez l’effervescence des Capucins pour plonger dans la vallée de la Penfeld par la Porte de l’arrière-garde. Vous pédalez ici sur une promenade aménagée, très prisée des joggeurs et des familles. C’est un moment de détente pure où la nature reprend ses droits. Pourtant, l’histoire n’est jamais loin : en ouvrant les yeux, vous apercevrez bunkers allemands datant de la Seconde Guerre Mondiale et portes dissimulées, vestiges du Mur de l’Atlantique. C’est l’endroit idéal pour une première pause pique-nique à l’ombre des grands arbres, près des jardins suspendus de Kervallon.

2. Sentinelles terrestres

À la sortie du parc, l’ambiance devient plus solennelle. Non loin, se trouve le Fort de Penfeld. Ce colosse de pierre pouvait abriter jusqu’à 3000 soldats ! Gravement endommagé par les bombardements alliés de 1944, il reste aujourd’hui généralement fermé au public. Sa stature imposante témoigne de la puissance défensive de l’époque Louis XVI. 

De notre côté, on emprunte la piste cyclable qui longe le boulevard Tanguy Prigent, bien séparé de la circulation. À quelques tours de roue, le Fort du Questel vous attend (suivre les indications « centre équestre du Questel ». Un peu caché, il faudra remonter vers l’hôpital de la Cavale Blanche avant d’emprunter un sentier qui mène à l’ancienne redoute. À l’entrée du fort, vous trouverez des supports pour laisser votre vélo bien attaché.

Contrairement à son voisin, celui-ci est ouvert et libre d’accès, même à l’intérieur. Il offre une visite complète et insolite à travers ses longs couloirs sombres et ses grandes salles. Construit en 1783, il s’agit d’un ouvrage carré, fermé, conçu pour se défendre de tous les côtés. Prenez le temps de parcourir ses fossés et ses galeries voûtées (lampe frontale recommandée et vigilance accrue avec les enfants). Un véritable labyrinthe de pierres qui fascine petits et grands.

3. Mémoire et résistance au Fort Montbarey

De retour sur la piste cyclable qui longe le boulevard, une bonne montée en pente assez douce mène vers le Jardin des Bunkers, un espace récemment réhabilité qui permet d’observer trois types d’ouvrages bétonnés différents, témoignant de la logistique allemande durant l’Occupation. 

Puis, une belle déambulation à travers l’ère urbaine et des routes boisées vous mènent au Fort Montbarey. Ce site est essentiel : il abrite le Mémorial des Finistériens. À travers ses salles, on découvre le sacrifice des résistants et des alliés. Attention aux horaires : le mémorial est ouvert principalement le mercredi après-midi (14h-18h). On termine cette variante familiale au parc de l’Arc’hantel, idéal pour les enfants avant de revenir sur nos pas ou d’emprunter le tram pour retourner au point de départ.

C’est ici que la variante famille se termine. Pour celles et ceux qui continuent l’aventure par la variante sportive, le dénivelé sera désormais bien plus conséquent !

4. La barrière défensive du littoral 

Passé Montbarey, vous quittez définitivement l’urbanisme de la métropole pour une ambiance champêtre. La route devient plus ondulée, serpentant entre les bois et les champs vers Locmaria-Plouzané. Soyez vigilants : les côtes commencent à se faire sentir. Votre objectif est le fort de Toulbroc’h.

Datant de la fin du XIXème siècle, il surveillait l’entrée du goulet avec ses canons à longue portée. Pour l’approcher, il faut monter sur les hauteurs car une partie du fort appartient à la Marine Nationale. La partie libre d’accès, plus haut, se trouve à quelques centaines de mètres de la fin de la route et suit le Sentier des Douaniers. La vue sur la mer d’Iroise et la Pointe de Pen Hir y est sublime. Vous y découvrez l’ancien réduit de Toulbroc’h et sa batterie d’artillerie.

Après cette parenthèse, nous vous invitons à continuer vers l’un des joyaux du parcours : le Phare du Minou. Accompagné de son fort dont certaines galeries sont ouvertes, son bunker et son sémaphore donnant sur la mer, il forme un tableau breton parfait sur un paysage majestueux. Gardez l’œil ouvert sur les rochers en contrebas : les phoques gris y font régulièrement leur apparition pour se reposer ! 

5. La puissance de l’architecture Vauban 

Le parcours sportif continue de jouer avec vos mollets. Une série de « montagnes russes » vous conduit au Fort du Mengant. Propriété de la Marine Nationale, on ne l’admire que de l’extérieur en empruntant le sentier côtier (le célèbre GR34®). Posez votre monture à l’entrée du sentier car ce dernier est escarpé et inadapté à la pratique du vélo (marches). Construit par Vauban en 1694, cet ouvrage est unique : il possède une batterie haute perchée à 58 mètres d’altitude et une batterie basse, les pieds dans l’eau. 

Après être remonté sur les hauteurs, le fort du Dellec se trouve à nouveau… En contrebas ! Le détour en vaut la chandelle mais il a un coût : le retour sera difficile avec une montée d’un kilomètre et demi, courte mais sèche. Si vous ne sentez pas ce détour, continuez votre chemin. Sinon, pour vous motiver, sachez que c’est sans doute l’un des points les plus spectaculaires du trajet !

Le fort est aujourd’hui un parc magnifique, idéal pour une halte prolongée ou pique-niquer. La vue y est panoramique : vous faites face à la Pointe des Espagnols sur la presqu’île de Crozon, qui semble si proche qu’on croirait pouvoir l’atteindre à la nage. Le phare de Sainte-Anne du Portzic, que l’on peut admirer au loin, surveille le ballet incessant des bateaux entrant dans la rade.

6. base sous-marine allemande

La descente vers l’anse de Sainte-Anne-du-Portzic est une récompense bien méritée. Profitez du sable blanc pour rafraîchir vos jambes si le cœur vous en dit. Mais ne vous relâchez pas trop : la dernière grosse difficulté arrive. Il faut remonter la côte abrupte qui vous permettra d’atteindre ensuite le village de la Maison Blanche. Cette petite anse est connue pour ses cabanes de pêcheurs colorées et ses pontons de bois : un véritable havre de paix hors du temps. 

Attention : la montée à la sortie de Saint-Anne-du-Portzic est très difficile avec une pente raide de 1,5 km qui dépasse plus de 15% à certains endroits, sur une route au trafic modérément important ! Si ce défi vous semble trop difficile (surtout après le Dellec), vous pouvez remonter vers la véloroute Littorale V45 qui passe davantage dans les terres avec un dénivelé plus doux.

En fond de tableau de toile de la Maison Blanche, l’imposante base sous-marine allemande contraste avec l’ambiance paisible. Ce bloc de béton de 300 mètres de long, construit pendant l’Occupation pour abriter les sous-marins allemands (U-Boats), est un vestige indestructible de la guerre. Les derniers kilomètres à vélo longent les murs de la base navale de Brest (qui peut se visiter sur réservation), vous ramenant doucement vers le quartier de Recouvrance et votre point de départ.

Les points forts de cet itinéraire autour de Brest : 

  • Du vélotourisme à Brest à la découverte d’un patrimoine secret et méconnu.
  • De nombreuses haltes pour détendre les muscles et/ou pique-niquer. 
  • Une aventure familiale ou sportive 
  • Découvrir Brest autrement, avec un regard neuf sur sa ceinture de fer

Bonnes adresses : 

Jardin de Gwenn - Brest - Rade de Brest à Vélo
  • Le Jardin de Gwenn, Brest : en centre-ville de Brest, à quelques tours de roue du téléphérique, ce restaurant est une adresse qui propose des produits frais dans un décor unique. Il propose également des box généreuses à emporter ! 14 Rue Louis Pasteur, 29200 Brest – 0615071290
  • Gourmand, mais pas que, Plouzané : non loin de la plage de Saint-Anne du Portzic, au coeur du Technopole, une adresse avec un excellent rapport qualité / prix, des plats variés et faits maison. 355 Av. Alexis de Rochon, 29280 Plouzané – 0970711214
  • Le camping du Goulet, Brest : entre Sainte-Anne du Portzic et la Maison Blanche, ce camping Accueil Vélo dispose d’hébergements insolites dédiés aux itinérants et randonneurs.  285 Chem. de Lanhouarnec, 29200 Brest – 0298458684
  • La Maison Blanche bistrot de la rade, Brest : une halte paisible à côté du village de la Maison Blanche où déjeuner à bon rapport qualité/prix. 2840 Rte de Sainte-Anne du Portzic, 29200 Brest – 02 98 28 46 54
BREST-EN-VUE-LOGO

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une collaboration avec Brest en vue. Le parcours a été réalisé par mes soins après repérage des points d’intérêts puis l’avoir testé, peaufiné et validé avec Denni. Je reste libre de mon contenu.

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Mila - rédactrice Un Monde à Vélo

À propos de l’auteure

Mila

En 2017, à l’occasion de son premier tour d’Europe à vélo, Mila commence à partager ses expériences de baroudeuse. Passionnée de photographie et engagée, elle lance le média Un Monde à Vélo. Son objectif : rassurer dans un discours ambiant du dépassement de soi et rendre la thématique du cyclotourisme accessible à tous et surtout à toutes. 

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