La Vélosud le long du gave du Pau : de Lourdes à Nay à vélo

par | Mis à jour le 24/09/2025 | La Nouvelle-Aquitaine à vélo | 0 commentaires

Quand on pense à Lourdes, on imagine d’abord son sanctuaire, ses pèlerins et son atmosphère unique. Mais derrière cette image bien connue, la ville et sa région réservent une tout autre surprise : des itinéraires cyclables enchanteurs comme la Vélosud, entre la Bigorre et le Béarn et aux pieds des Pyrénées. C’est par là que nous avons choisi de nous évader, le temps de trois jours en famille, avec Léa confortablement installée dans sa remorque.

Pour rejoindre Lourdes, nous avons opté pour le train de nuit. Une petite aventure en soi, entre valises, vélos et enfant en bas âge, mais qui annonce déjà le ton du voyage : un rythme lent, ponctué d’imprévus et de belles découvertes. De la voie verte des Gaves jusqu’à Nay, en passant par les grottes de Bétharram et les bastides médiévales, l’itinéraire emprunte la Vélosud, une véloroute qui traverse le piémont pyrénéen sur plus de 650 km. Nous n’en avons parcouru qu’une petite portion, mais elle nous a donné un bel aperçu de ses paysages, entre gave translucide, villages de caractère et pauses gourmandes.

Jour 1 : Lourdes – Saint-Savin sur la voie verte des gaves

Après 3h30 de train jusqu’à Paris, nous embarquons dans le train de nuit pour Lourdes. Une destination que l’on associe facilement aux miracles, mais que nous avons choisi pour un tout autre sujet : sa nature et ses montagnes. Dix heures devant nous pour nous reposer… enfin, presque. Léa, deux ans, a trouvé qu’il était plus drôle de repousser l’heure du coucher et de lire Monsieur Bruit à tue-tête. Et je dois avouer que nous avons fait déménager nos colocataires de cabine pour la nuit. Mettre un enfant en bas âge en hauteur, sans filet de sécurité, cela nous semblait légèrement risqué.

Notre arrivée à Lourdes commence avec un double coup du sort : un train retardé de trois heures à cause d’un arbre sur les voies et, pour couronner le tout, un ciel chargé de pluie. L’heure de midi ayant sonné, nous nous dépêchons de récupérer nos vélos chez Bike & Py avec soulagement : du matériel de qualité, qui donne tout de suite confiance (nous n’avons pas osé traverser la France en train avec nos vélos pour 3 jours).

Direction la voie verte des Gaves, ancienne voie ferrée transformée en itinéraire cyclable. C’est un petit bonheur : profil doux, paysages de montagne à portée de roue et pas une goutte malgré les nuages menaçants. Nous suivons le gave de Pau, ce cours d’eau aux reflets translucides qui file au creux de la vallée.

La montée vers Saint-Savin nous ramène vite à la réalité du territoire : c’est une belle pente bien corsée qui nous y mène. Sans l’assistance et avec la remorque, j’aurais abandonné ! Mais en haut, le village récompense l’effort par son charme et sa position perchée.

Nous avions gardé le funiculaire du Pic du Jer pour la fin de journée, misant sur une amélioration de la météo. Le funiculaire en soit est une expérience. Son bâtiment au style Art Déco nous donne tout de suite une idée de son époque de construction. Avec un chantier débuté en 1899, il est l’un des plus anciens funiculaires de France ! À l’arrière, la vue sur la vallée est magique. Enfin, pas pour tout le monde, malgré le bruit de la machine, Léa dort profondément.

Une fois en haut, nous avons à peine le temps de faire quelques pas que c’est le déluge. La vue se bouche fortement. On y avait cru, on s’est plantés… Nous apercevons à peine les montagnes, mais on devine que la vue, par beau temps, doit être spectaculaire.

Cette première journée aura été marquée par quelques coups de malchance, mais rien qui gâche l’expérience. Au contraire, malgré la pluie, malgré la fatigue, on se réjouit déjà d’avoir choisi Lourdes pour commencer cette aventure à vélo.

Bonne adresse :

L’hôtel Beauséjour à Lourdes, juste en face de la gare. Excellent restaurant, espace pour les vélos, piscine et chambres super confortables.

Jour 2 : De Lourdes à Lestelle-Bétharram via la Vélosud


Le lendemain matin, la pluie s’est calmée mais le ciel reste sombre. Ici, c’est un peu comme en Bretagne ou dans le Pays Basque finalement : on apprend vite à composer avec la météo. Avant de reprendre nos vélos, nous prenons le temps de flâner dans Lourdes. La ville est sympa entre le château fort perché sur son promontoire rocheux, les ruelles animées et surtout le sanctuaire où il est impossible de passer à côté du tourisme religieux, omniprésent.

Nous attaquons ensuite la Vélosud. La sortie de Lourdes se mérite avec une belle montée pour se mettre en jambe. Nous ne résistons pas à un détour par le lac glaciaire de Lourdes (je vous conseille d’opter pour le trottoir si vous avez des enfants car la route est très fréquentée). L’endroit est paisible, animé par quelques baigneurs et pêcheurs malgré le temps et offre – normalement – une vue splendide sur les montagnes. Manque de chance, aujourd’hui, elles restent dissimulées derrière les nuages.

Nous reprenons la route, cette fois sur de petites routes de campagne au charme bucolique. Avec la remorque, il faut parfois ralentir : ça secoue un peu sur le bitume irrégulier. Léa, elle, a trouvé de quoi s’occuper. Entre deux coups d’œil à travers la fenêtre, elle décore consciencieusement la remorque de stickers. Heureusement, ça se décolle sans effort…

Nous faisons ensuite halte a lieu à Saint-Pé-de-Bigorre. Le village séduit par sa jolie place, son église classée et… son restaurant italien tenu par de véritables Italiens. De quoi recharger les batteries avec une bonne pizza comme il se doit avant de repartir.

Quelques kilomètres plus loin, nous faisons étape aux grottes de Bétharram. C’est une visite à ne pas manquer : de vastes salles souterraines, plus de deux cents marches pour une descente vertigineuse dans un gouffre. Les photos parlent d’elles-même. La sortie en petit train est à la fois impressionnante et amusante. Elle marque les esprits ! Comptez environ 1h30 pour la visite une fois à l’intérieur (et un peu de patience avant d’y entrer), mais l’expérience vaut largement le détour.

Encore quelques coups de pédale et nous voilà à Lestelle-Bétharram, terme de notre étape. Ici, le sanctuaire Notre-Dame est impressionnant par son architecture baroque. Édifié à partir du XVIIe siècle, il est un lieu de pèlerinage déjà réputé au Moyen-Âge.

Bonne adresse :

Le Camping Le Saillet à Lestelle-Bétharram, à deux pas du sanctuaire et du petit centre-ville de la bourgade, sur les berges du gave du Pau, bon camping avec hébergements insolites, petite restauration, ambiance familiale.

Jour 3 : De Lestelle-Bétharram à Nay par la Vélosud

Pour cette troisième journée, le programme est plus tranquille. Nous suivons la Vélosud sur une petite dizaine de kilomètres seulement, au milieu des bois et de paysages champêtres. L’ambiance est douce, presque apaisante, parfaite pour une dernière étape avant le retour.

Notre point d’arrivée du jour : Nay, une ancienne bastide fondée au Moyen Âge. Ces villes étaient particulières pour l’époque : leurs habitants y jouissaient de davantage de libertés, ce qui encourageait l’installation d’artisans et de commerçants. Nay en a tiré sa prospérité, et son patrimoine en porte encore la trace.

Nous commençons la visite par la Maison Carrée, superbe demeure Renaissance située en plein centre. On y découvre l’histoire de la ville, enrichie par des expositions temporaires. Cette année, nous tombons sur une présentation des chapeaux de Jean Barthet, enfant du pays devenu modiste des stars internationales, de Brigitte Bardot à Jackie Kennedy. Une touche inattendue qui ajoute un peu de glamour à notre halte.

Le samedi (tout comme le mardi), impossible de passer à côté du marché de Nay. Sous les halles couvertes, les étals débordent de produits locaux. Nous en profitons pour faire quelques emplettes et déguster un plat sur place avant de reprendre la route.

À deux kilomètres de là, une dernière halte s’impose au lac de Baudreix. La base de loisirs est animée et offre une multitude d’activités : baignade surveillée, téléski nautique et même un water jump pour les amateurs de sensations fortes. Autant dire que les plus jeunes ne risquent pas de s’ennuyer.

Il est déjà temps de boucler notre boucle. Nous rangeons les vélos, replions la remorque et reprenons la direction de Lourdes pour attraper le train de nuit vers Paris. Trois jours seulement, mais une belle parenthèse nature et découverte, entre Béarn et Piémont Pyrénéen, qui nous aura donné envie de revenir explorer la Vélosud plus longuement.

La Velosud : Infos pratiques

Quel vélo pour parcourir Lourdes – Nay ?

Les routes sont bien asphaltées sur ce parcours, mais nous rencontrons pas mal de nids de poule et racines à quelques endroits. C’est pourquoi, je recommande de rester sur des gravels / vélos de voyage / VTC. Même si le vélo de route devrait passer sans problème !

Si vous débutez en voyage à vélo, je vous recommande de lire cet article sur le vélo de voyage.

Quelle difficulté sur la Velosud entre Lourdes et Nay ?

Le parcours est globalement assez facile à modéré. Les montées sont courtes et peu difficiles, même si elles sont tout de même fréquentes. L’environnement reste celui qu’il est : le pied des montagnes. Ce qui veut dire quelques grimpettes un peu corsées à l’occasion. Nous étions en vélo électrique pour cette fois, mais avec la remorque, nous les avons bien ressenties !

Où louer un vélo à Lourdes ?

L’entreprise Bike&Py propose de bons vélos, avec des vrais bons produits. Remorque Thule, vélos de grandes marques.

Rejoindre Lourdes en train

Lourdes est bien connectée en train. Si nous avons opté pour le train de nuit, c’est parce que nous partions de Brest et que la sensation du trajet aurait été trop long pour notre fille. Sinon, des TGV au départ de Paris relient la ville toute la journée en un peu moins de 5h et proposent des places vélo.

Pour le retour, des TER relient Nay et Lourdes.

La vélosud, un itinéraire familial?

L’itinéraire que nous avons parcouru n’est pas tout à fait adapté à un public familial. Cela se fait – avec des enfants habitués – mais il faut rester vigilant pour plusieurs raisons :

  • Les traversées des villes ne sont pas sécurisées (vigilance particulière à Lourdes et ses nombreux piétons).
  • Les routes sont majoritairement partagées sur la Vélosud, même si le trafic est très raisonnable.
  • Il y a plusieurs traversées de grandes départementales où ça roule vite.

Cela ne concerne pas la voie verte des gaves qui elle est tout à fait adaptée avec des petits bouts.

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Ce reportage a été réalisé en partenariat avec l’office de Tourisme de Lourdes et l’Office du Tourisme du Pays de Nay. Je reste libre de mon contenu et ai rédigé cet article de manière indépendante en relatant l’expérience telle que je l’ai vécue.

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Mila - rédactrice Un Monde à Vélo

À propos de l’autrice

Mila

En 2017, à l’occasion de son premier tour d’Europe à vélo, Mila commence à partager ses expériences de baroudeuse. Passionnée de photographie et engagée, elle lance le média Un Monde à Vélo. Son objectif : rassurer dans un discours ambiant du dépassement de soi et rendre la thématique du cyclotourisme accessible à tous et surtout à toutes. 

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