Nous avons été adoptés par un chiot en Grèce !

par | Mis à jour le 19/07/2021 | Publié le 17/07/2021 | Nos réflexions sur le voyage | 9 commentaires

L’histoire est rigolote, mignonne, touchante même et c’est la raison pour laquelle j’avais envie de la partager avec vous aujourd’hui. Ça fait bien longtemps que je n’ai pas écrit d’anecdotes plus personnelles sur ce blog d’ailleurs, ça me manquait ! De plus, celle-là va bouleverser notre voyage à vélo vers l’Asie et même nos vies.

La semaine dernière, alors que nous nous lancions pour une nouvelle journée de vélo, nous avons aperçu un petit animal noir au loin puis une voiture essayer de l’écraser volontairement. On s’est d’abord dits que nous étions en train d’halluciner, mais la voiture l’a pourchassé jusqu’à l’entrée du champ, sur la voie opposée.

Une fois l’automobiliste éloigné, nous nous sommes approchés et une petite tête est sortie des buissons et nous a fait la fête : un petit chiot de moins de 3 mois, complètement paumé. On s’est alors demandés si l’automobiliste essayait de lui faire peur volontairement pour qu’il n’aille plus sur la route ou si ça le faisait marrer… Une chose est sûre : nous n’avions aucune envie de laisser ce chiot ici, seul, au bord d’une route, loin de toute habitation.

Le chiot avait peu de chance de survie

Soyons honnêtes. Depuis la semaine dernière, avant même que ce chiot ne débarque, j’avais envie d’écrire sur la mort. Évoluer lentement sur la route, c’est la rencontre avec la mort assurée. C’est écoeurant tant l’automobile est une arme de destruction massive. Du plus vite, plus fort, plus puissant et bien amorti : désormais, grâce aux SUV, on ne sent même pas que l’on transforme un chat en crêpe. Des images horribles. Voyager à vélo, c’est aussi être confronté à cette réalité brute, désolante et d’une violence inouïe.

Ce petit chiot à deux pas de l’autoroute (nous étions sur la route de service parallèle à l’autoroute) et complètement paumé n’avait aucune chance. Dans les kilomètres alentours, pas de maisons, pas de villages, juste des champs et les déchets qui jonchent le bord des voies. Comment est-il arrivé là ?

Comme vous avez pu le lire avec notre article tout récent sur les attaques de chien à vélo (c’est drôle de l’avoir écrit il y a quelques jours), nous avons beaucoup d’amour pour les chiens. Alors, nous avons essayé de réconforter ce chiot et de lui donner de l’eau. Puis, on a espéré qu’il nous suive pour le sortir un peu de là.

La priorité : réussir à l’embarquer sur le vélo

Nous nous sommes alors lancés sur nos vélos et il nous a tout de suite suivi. Vraiment suivi ! Pendant quelques petits kilomètres. Comme il s’agit d’un chiot, nous avons décidé de lui trouver une solution assez rapidement pour ne pas l’épuiser pour rien ou le mettre en danger. Ça tombe bien, les bords des routes sont jonchés de déchets…

Ni une ni deux, nous avons trouvé une première caisse, que l’on a fermé avec une jupe, offerte par les moines aux Météores ! Cette première solution nous a semblé cruelle, on a tout de suite compris qu’il avait trop chaud là-dessous. Par chance, nous avons trouvé une deuxième caisse non loin et des cordages, qui traînaient au bord des champs. L’opportunité de fermer l’ensemble tout en lui laissant de l’air !

À ce moment-là, il s’est tout de suite détendu. Habituellement, lorsqu’il nous arrive de tomber sur un chiot ou un chaton sur la route en pleine campagne, nous l’embarquons jusqu’à un village où l’on se dit qu’il a plus de chances de survie. Ce n’est pas parfait, mais souvent l’animal n’accepte pas du tout le mouvement du vélo. Ringo est spécial, Ringo est calme, n’hurle pas, ne pleure pas. Au contraire, il s’apaise.

Le coup de canne porté par un ancien du premier village rencontré nous convainc définitivement de procéder autrement cette fois : on l’embarque tant que nous ne lui trouverons pas une situation convenable.

Ringo - boite de transport
La boîte de transport de Ringo !

Affamé et déshydraté

Nous filons au plus vite vers une ville où l’on pourra trouver de quoi le nourrir. S’il est touffu avec ses poils de bébé, on ressent bien le vide dans son petit ventre. Puis, nous le faisons boire, dès que possible. Au premier arrêt, nous l’observons d’un peu plus près. Son poil est rempli de boules aux poils piquants et crochus qui doivent lui être désagréables. On note également quelques blessures, des tiques, des puces. Rien de bien inquiétant en soi, mais rien de réjouissant non plus.

À la première bouchée, on comprend tout de suite que Ringo n’a pas mangé à sa faim depuis un moment. C’est à peine s’il ne dévore pas le bol. On ne lui en donne pas de trop pour que son corps réapprenne à absorber de la nourriture tranquillement. Pauvre loulou !

Après 60km avec lui, nous trouvons un petit coin frais pour poser le bivouac au bord d’une rivière. On verra bien s’il reste à nos côtés, pas question dans tous les cas qu’il dorme avec nous. Notre tente est déjà juste pour nous deux !

Ok, il nous a adopté !

Au petit matin, Ringo n’est pas seulement là, mais il est installé à l’entrée de notre tente et monte la garde. C’est la grosse fiesta quand il nous voit sortir de là. C’est bon, nous sommes officiellement ses maîtres, même si nous ne l’avions pas forcément envisagé ainsi. Qu’importe ce que l’on fait, il est dans nos pattes.

Les jours suivants se déroulent de la sorte, avec de plus en plus de proximité et de confiance qui s’installe. Nous le nettoyons autant que faire se peut, lui coupons tous les poils où les petites boules sont trop accrochées et attendons avec impatience de pouvoir l’emmener chez un véto ou dans un refuge sérieux. En effet, nous n’avons pas d’accès à un vétérinaire tout de suite car nous sommes loin des villes et que nous sommes le week-end. Il faut donc pédaler 4 jours avec lui (le lundi matin inclus) pour pouvoir le faire examiner. Je me prends une bonne petite attaque de puces au passage !

Et nous l’adoptons en retour !

Ces jours se passent si bien et nous comblent tellement de bonheur que la pensée de l’amener dans un refuge s’éloigne de plus en plus. On s’est déjà attachés à celui qui vient de faire une irruption forcée dans nos vies nomades. C’est le destin, on s’était promis que si un jour un chien nous suivait sur la route, nous l’adopterions et qu’il s’appellerait Ringo. Ça fait 4 ans que l’on voudrait adopter, sans le vouloir (notre voyage d’abord, toutou après) et que tous les chiens qui nous plaisent dans la rue s’appellent Ringo en attendant que le nôtre entre dans nos vies. Mais peut-être que le voilà enfin notre Ringo !

Evidemment, on se pose de nombreuses questions : est-ce le moment ? Pour nous qui fuyons la canicule, cela veut dire qu’il va falloir rester. Rester là, dans ce pays aux températures caniculaires et assommantes qui nous poussent à bout. Car un chiot de 2 à 3 mois a besoin de vaccins, d’un passeport et d’une carriole pour voyager. Il va falloir s’organiser, attendre, voir. Et nous qui nous plaignons d’avoir trop de poids à porter avec ses futurs 30kg bien probables… On se rajoute tellement de kilos d’un coup ! Puis, nous qui cherchons le off road… Il va falloir adapter le voyage à ce nouveau compagnon et ça pique un petit peu le rêve ! Puis, ne serait-il pas mieux avec une famille aimante et des repères ? Il a une chance d’être adopté !

Ces doutes qui pèsent dans la balance ne la font pas pour autant basculer. On sait que Ringo est bien avec nous et que l’on est bien avec lui, c’est l’essentiel !

Une procédure d’adoption facile

On s’attendait à ce que ce soit compliqué. Après 4 jours à rouler avec nous, Ringo est enfin allé chez le véto qui a estimé son âge : moins de 3 mois, le loulou a encore ses dents de lait. De plus, on sent qu’il n’est pas tout à fait sevré ou à peine. On s’en doutait un peu vu qu’il ne tient pas encore tout à fait sur ses pattes.

Le vétérinaire était heureux et conscient de la situation de son pays. Il nous a conseillé d’attendre pour les vaccins, puis a réfléchi, les a faits quand même, n’a pas fait celui de la rage au cas-où puis nous a indiqué qu’il le ferait lors des rappels des premiers vaccins et modifierait les dates pour que l’on ne soit pas bloqués encore plus longtemps dans le pays. En effet, il faut attendre 20 à 30 jours entre le premier vaccin et le rappel. Puis 21 jours après avoir fait celui de la rage pour sortir de la Grèce. Il faut que le chiot ait 3 mois minimum pour la rage. Pour que l’on ne soit pas bloqués 2 mois, c’était donc chouette de trouver un vétérinaire arrangeant.

Ringo s’est aussi fait déparasiter, injecter un peu de vitamines et tout était bon. Le loulou est en pleine forme et on sent déjà, après 4 jours avec nous, qu’il reprend du poil de la bête. On en a eu pour 30€ pour cette première visite. On attend de voir le prix des rappels avec le passeport et la puce électronique, mais ça ne devrait pas dépasser 100€ au total. Incroyable ! Maintenant, il ne nous reste plus qu’à attendre 3 semaines dans la région de Thessalonique sous une chaleur cuisante et à trouver une carriole !

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Comment adopter un chien en Grèce ? 

  • Il faut que le chien ait plus de 3 mois pour qu’il puisse se faire vacciner contre la rage, vaccin important pour sortir du territoire.
  • Il suffit de se présenter chez un vétérinaire qui lui administrera une première dose de vaccins.
  • Il faut attendre minimum 21 jours pour effectuer le rappel des vaccins et pour que le vaccin contre la rage soit effectif.
  • On lui met une puce électronique pour que le chien puisse être identifié en cas de besoin
  • Enfin, on lui crée un passeport.

Désormais, le chien peut passer les frontières. C’est finalement assez simple, mais la procédure prend un peu de temps !

Si vous souhaitez nous aider – avec 1 ou 2€ – dans notre adoption (notamment à financer la carriole qui n’était pas prévue au budget), nous avons créé une cagnotte Leetchi ! Merci à vous pour le soutien 😀

Et vous, qu’auriez-vous fait si ça vous était arrivé ?

9 Commentaires

  1. Clémentine

    J’ai adoré vous suivre sur Insta durant cette période, c’était tellement touchant de vous voir adopter cette petite boule d’amour.
    Bienvenue à Ringo du coup, j’ai hâte de suivre la suite vos aventures avec lui 🙂

    Réponse
    • Mila

      Merci beaucoup pour cet adorable message Clémentine, ça nous fait super plaisir !
      Il complique un tout petit peu la tâche dans le voyage, mais c’est un bonheur au quotidien.

      Réponse
    • Mila

      Ah super, merci pour l’info, nous n’avions pas entendu parler d’eux 🙂 Impressionnants !

      Réponse
  2. Marie

    Quelle belle histoire ! Ça fait chaud au coeur de voir des personnes qui aiment et respectent ces petites boules de poils qui ne demandent que de l’amour. Surtout en cette période estivale où beaucoup d’animaux de compagnie sont abandonnés…

    On espère que vous faites bonne route avec votre Ringo, longue vie à votre « nouvelle vie à 3 » et bon voyage ☀️

    Réponse
    • Mila

      Merci beaucoup Marie. C’est vrai, difficile de le laisser là le pauvre, il était vraiment en moyen état. Mais il est robuste alors c’est chouette, il a doublé depuis que nous l’avons adopté ! Il pèse désormais 10kg et ça ne fait qu’un mois qu’il est avec nous !

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  3. gobois64

    Bonjour Mila !
    vous êtes trop « choux », trop touchants tous les deux ! Ringo sera heureux avec vous à n’en pas douter.
    Bientôt Mila je t’enverrai un MP.
    Bon séjour en Grèce et de ce pas je vais sur Leetchi !

    Réponse
    • Mila

      Salut Gérard,

      Comme ça nous fait plaisir de te revoir ici ! Nous espérons sincèrement de tout coeur que tout va bien !
      J’espère bien que Ringo sera heureux avec nous, nous sommes complètement gaga de lui 🙂
      Merci pour ton soutien en tout cas qui nous a beaucoup touchés. Nous attendons de tes nouvelles avec impatience.
      Très bonne journée et à bientôt,
      Mila

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  4. Marine & N'Lou

    Bienvenue à votre petit Ringo ! N’Lou qui a fortement apprécié le voyage à vélo à nos côtés ne peut que valider cette adoption ! Plein de belles aventures à vous 3 ! Des caresses à votre petite boule de poils tout mignonne !

    Réponse

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